Interview de Victor Prüm pour un format court mené par Emmanuel Hiriart
{Format court} Au delà des détournements d’avions que représente Leila Khaled dans la lutte palestinienne?
Dans ce format court de Fragments de Palestine (diffusé désormais les jeudis) nous revenons sur le parcours de Leila Khaled la militante du Front Populaire de Libération de la Palestine (FPLP) à travers l’évocation du livre écrit avec Georges Hajjar dans les années 1970 et qui fut traduit et publié en français par Galllimard à l’époque dans un encadrement éditorial assez particulier.
Je reçois Victor Prüm des éditions « Les filles de la Commune » afin de parler du parcours et de l’engagement politique et militaire de cette femme, qui fut surtout connue pour avoir dirigé des commandos qui détournaient de nombreux avions afin de faire connaitre la lutte palestinienne.
Cette parution est également une occasion de percevoir la profondeur de ce texte qui n’était plus disponible en français.
Les éditions filles de la Commune publient des textes inédits ou devenus introuvables, révolutionnaires, en donnant la parole en priorité aux acteurs et actrices actuels de la lutte armée contre l’impérialisme et pour la liberation nationale, et le communisme. D’ Inde, du Pérou, du Brésil, et de Palestine, ce sont les héros des masses opprimés qui ont ici la parole, et pas des observateurs extérieurs.
La particularité de cette ligne éditoriale est à trouver dans les annotations et l’introduction de chacun des livres et brochures de manière à ce qu’elles puissent toutes être des premières lectures politiques sans aucune difficulté pour le lecteur.
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Palestinian folk tune

Transcription provisoire de l’épisode
Bonjour à toutes et à tous, et bienvenue dans le format court de Fragments de Palestine.
Je suis Emmanuel Hiriart, et si je vous propose tous les lundis plutôt un entretien long
sur des aspects historiques ou politiques de la Palestine, ce format court du jeudi
donc s’arrêtera plutôt sur des militants, des figures intellectuelles, mais également
sur des parutions de livres ou des sorties de films, notamment documentaires, qui traitent
de la Palestine. Et c’est donc aujourd’hui pour parler d’un livre et de Leila Khaled,
la militante du Front Populaire de Libération de la Palestine, surtout connu pour avoir
détourné des avions dans les années 70, qui popularisera la lutte palestinienne par ce biais.
Je reçois donc aujourd’hui Victor Prüm, éditeur d’un ouvrage écrit par Georges Hajar,
avec Leila Khaled, que les éditions Les Filles de la Commune ont décidé de republier
Après un premier essai par Gallimard dans les années 1973, sur lequel nous reviendrons
dans l’interview. Aujourd’hui c’est donc au sein de ce format court que l’on pourrait
appeler le book club, club de lecture, que j’intéresse donc Victor en tant qu’éditeur
des Filles de la Commune, pour parler donc à la fois de Leila Khaled et de l’histoire
de ce livre et de sa reparution en français. Bonne écoute.
Victor Prüm, bonjour.
Bonjour.
Alors vous travaillez dans les éditions Les Filles de la Commune, et vous êtes
aujourd’hui ici à ce micro pour parler d’un livre écrit par Georges Hajar sur Leila Khaled
que vous avez décidé de rééditer au sein de votre catalogue qui comporte d’autres
œuvres sur la Palestine dont on évoquera peut-être certains titres ou pour lesquels
vous serez peut-être amené à revenir dans ce podcast. Mais pour qu’on comprenne
un peu à la fois l’histoire de Leila Khaled, à la fois l’histoire de ce
livre et donc à la fois l’histoire de votre maison d’édition, est-ce que
vous êtes ici à cette maison d’édition Les Filles de la Commune ?
Oui, déjà merci beaucoup pour l’invitation. Alors l’histoire de notre maison d’édition,
elle est très récente puisqu’on s’est créé courant 2024 avec deux particularités
qui font notre ligne éditoriale. C’est de nous intéresser au mouvement révolutionnaire
qui est le plus proche de l’expérience concrète, c’est-à-dire qui est relié,
qui vient directement de la parole de révolutionnaires eux-mêmes et plutôt
qu’un regard extérieur. C’est important pour nous que ce soit une parole
qui vient de le mouvement révolutionnaire eux-mêmes, les plus actuelles. Et en lien
direct avec ça, c’est de rendre ces textes accessibles, c’est-à-dire faire
un travail, tout le travail éditorial et c’est mon travail en tant qu’assistant
d’édition, de rendre le contenu accessible à tout public, c’est-à-dire qu’il n’y a pas
besoin d’avoir un quelconque bagage pour accéder aux livres qui parfois
ont un vocabulaire qui est très technique, ce qui pourrait sembler être un jargon
politique, on rend tout accessible avec des définitions très simples, avec un
travail de préface et d’introduction aux textes qui permet de comprendre pourquoi
on l’édite, quel est son intérêt et de le rendre accessible à tout public.
Alors je disais, dans votre catalogue, vous avez donc en parallèle d’autres
témoignages ou en tout cas récits de révolutionnaires, vous avez d’autres
livres qui concernent directement la Palestine et vous avez choisi donc de
rééditer une biographie de Leïla Khaled. On va aborder un tout petit peu
après donc pour expliquer qui est Leïla Khaled, mais dans un premier temps,
ce livre-là, il a eu une histoire déjà en France, il a déjà été
édité il y a une cinquantaine d’années en français, je précise, parce
que bien sûr il est écrit en arabe à l’origine. Comment est-ce que vous
avez décidé de le rééditer aujourd’hui ? D’une part, pour le choix
d’avoir un catalogue sur la Palestine, c’est en lien direct avec notre
ligne éditoriale, puisque la résistance palestinienne lutte depuis plus
d’un siècle contre la colonisation, donc un processus qui a commencé bien
avant 1948, et il est important de donner en particulier à notre époque,
dans le contexte du génocide qui est en cours depuis 2023, de mettre en
avant de la littérature des Palestiniens eux-mêmes. Et ce livre-là,
en particulier, puisqu’il a été édité une seule fois en France,
c’était en 1973 par Gallimard, dans un texte assez particulier puisque c’est
deux ans après les événements qui sont beaucoup abordés dans le livre,
c’est-à-dire les détournements d’avions, le monde entier ne parle que
de ça. Gallimard décide de l’éditer une seule fois et fait préfacer
le livre par un ancien officier britannique colonial qui était en poste,
qui était le dirigeant de la Légion arabe sous le mandat britannique.
Donc, c’est-à-dire que la parole des résistances palestiniennes devait
être encadrée et vérifiée par l’appareil militaire colonial britannique,
de son manière assez étrange de présenter ce livre.
J’imagine que la préface n’est pas bienveillante en réalité.
J’imagine qu’elle est d’un point de vue très paternaliste.
En fait, c’est ça, c’est paternaliste dans le sens, c’est bien,
c’est un peu une brave fille, ils sont bien gentils palestiniens.
Ce n’est pas un dénigrement, ce n’est pas une attaque,
mais c’est quand même un cadre assez étrange,
pas le plus pertinent du tout pour parler de Leila Khaled.
Alors, vous, vous avez fait un choix inverse, c’est-à-dire que vous avez
changé cette préface, vous dites que vous avez fait tout un travail
éditorial pour rendre accessible, ce qui est essentiel aujourd’hui.
Et donc, vous avez choisi également, en parallèle de ce
travail éditorial, de faire une préface, j’ai envie de dire,
à l’opposé de ce qui pouvait être celle de Gallimard en 73,
parce que vous, vous avez décidé de mettre une préface de
Maryam Abu Daqqa, une dirigeante du Front populaire,
organisation à laquelle appartient Leila Khaled.
Oui, c’est ça, mais c’est exactement comme vous venez de le présenter,
on voulait que ce soit vraiment la parole du Front Populaire,
puisque Leila Khaled est membre du Front populaire
de libération de la Palestine, elle était au moment des actions.
C’est un livre qui sert à expliquer le but du Front populaire,
de l’Hubert Jean à la Palestine.
Donc, c’était naturel de demander aux premiers intéressés
en fait de s’exprimer sur ce livre là et de présenter ce livre là.
Alors, on en vient donc à l’objet et au sujet principal du livre.
En quelques mots, on est ici dans un format court,
on n’aura pas le temps et on reverra de toute façon les auditeurs
à la lecture de votre livre.
Qui est Leila Khaled ?
En préparant cette émission, vous m’avez dit c’est important
parce qu’elle fait partie de cette première génération
qui va devoir partir en exil.
Quel est le parcours de cette jeune Palestinienne
qui va effectivement être obligée de se mettre sur les routes de l’exil,
mais qui naît en Palestine, à l’époque encore sous mandat britannique ?
Et quelle est sa vie qui l’amène à devenir celle,
je fais un léger spoil pour des gens qui connaîtraient pas du tout Leila Khaled,
elle va devenir l’héroïne des détournements d’avions des années 70.
Je caricature, je résume, mais c’est ça.
Elle est la figure féminine révolutionnaire des détournements d’avions
des années 70 d’une pratique qui a disparu totalement
mais qui était d’actualité pour les mouvements de libération de la Palestine à l’époque
pour faire parler de la Palestine et pour obtenir des libérations de prisonniers déjà à l’époque.
Et donc, peut-on évoquer le parcours de Leila Khaled ?
Déjà, elle est née en 1944, donc elle a quatre ans quand elle est témoin des premiers massacres,
c’est une scène qui va la marquer durablement,
de massacres quand l’armée israélienne qui vient de se constituer envahit Haifa, sa ville natale,
et que sa famille doit fuir de peur des massacres.
Donc elle a quatre ans et elle connaît l’exil,
sa famille s’installe au Liban dans des conditions qui sont plutôt confortables
puisqu’elle va découvrir, elle est dans une maison,
et elle va découvrir que la plupart des réfugiés palestiniens vivent dans des tentes.
Elle va la découvrir au contact de ses camarades de classe à l’école
et ce qui va aussi la décider à prendre la cause des plus opprimés.
Elle aurait pu faire une carrière, on verra plus tard, elle devient professeur,
mais elle décide de vouer sa vie non seulement à la libération de la Palestine
mais avec un aspect social, c’est-à-dire qu’elle veut non seulement la libération de la Palestine
mais elle veut aussi un État qui soit socialiste et qui supprime la cause de la misère.
C’est le cas, elle partage un peu le CV de bon nombre de dirigeants,
à la fois du Fatah et du Front Populaire,
c’est-à-dire des gens qui vont devenir de bons étudiants à l’université,
qui vont parfois se rencontrer sur les bancs de l’Université Américaine de Beyrouth,
c’est le cas pour elle, c’est le cas d’elle va rencontrer George Abash,
qu’on va évoquer par la suite.
Elle va militer dans un premier temps,
mais comme beaucoup de ses cadres et du Fatah et du FPLP,
enfin on va dire de l’OLP de l’époque,
enfin qui n’est pas encore en fondation,
elle va finir par devenir professeur,
et donc dans le Golfe, elle au Koweït comme beaucoup d’autres,
et effectivement il y a ce choix de quitter cette vie,
et je le précise pour une femme, c’est peut-être pas anodin aussi à cette époque-là,
de faire un choix, de rentrer dans un mouvement armé révolutionnaire,
parce qu’elle a commencé à militer,
on va peut-être le préciser au sein du mouvement national palestinien de George Abash,
mais elle aurait très bien pu faire une carrière,
y compris peut-être d’intellectuel ou de dirigeante politique ou d’écrivain,
mais elle va faire le choix donc de s’éduquer,
donc elle va faire un parcours scolaire au sein des écoles religieuses,
au sein du Liban, et puis au sein de l’université américaine on l’a dit,
et donc elle part au Koweït,
mais elle fait ce choix de revenir alors qu’elle a donc une vie,
une carrière, une émancipation aussi pour elle,
et ce choix pour vous, il est important, vous me disiez en préparant,
elle va se faire sa place d’elle-même dans ce milieu
à la fois national palestinien et révolutionnaire,
et c’est en ça que sa vie, en dehors des simples détournements
qui pourraient la caricaturer, est aussi riche d’enseignement pour nous aujourd’hui.
Elle est très jeune quand elle s’engage dans le mouvement nationaliste arabe,
elle a 15 ans et c’est elle qui insiste,
puisque sa famille voulait plutôt la dissuader,
elle a un frère qui est membre, le membre de sa famille aussi,
c’est elle qui insiste fortement pour militer,
donc elle a une conscience politique très tôt,
à 15 ans, ce n’est pas anodin de chercher à prendre sa place dans une organisation
quand toute sa famille dit on verra plus tard ou essaie de la dissuader.
Et le contexte particulier de cette université américaine de Beyrouth,
c’est effectivement, c’est là que des intellectuels de tous les pays arabes se rencontrent,
partagent, puisque les universités sont des lieux d’échanges intellectuels
qui sont très importants,
et échangent sur les réalités qui sont toutes semblables des pays arabes
et qui ont subi tour à tour la colonisation des régimes monarchiques,
imposer l’extérieur, etc.
Et donc il y a une conscience qui se forge,
c’est la naissance même du panarabisme
qui devient vraiment, qui se constitue à travers le pro nationaliste arabe
à ce moment-là, donc au tout début des années 50.
Et Georges Abash, qui en est le dirigeant,
sera aussi un des fondateurs,
le premier dirigeant du Front Populaire de Libération de la Palestine.
Donc il a allé, de sa part,
vers le marxisme, très rapidement,
en voyant l’impasse que pouvait représenter le panarabisme,
surtout comment il s’est concrétisé avec Nasser,
mais on ne va pas faire trop d’appartés là-dessus,
mais c’est des choses qui sont beaucoup abordées dans le livre,
donc il en a parlé énormément,
de la vie politique, du contexte politique de son époque,
au niveau international, c’est quelqu’un de curieux,
quelqu’un qui s’intéresse à l’actualité,
qui s’intéresse à ce qui se passe dans le monde,
qui lit énormément la littérature, de l’histoire,
c’est quelqu’un qui cherche à s’instruire effectivement.
Et quand elle part enseigner au couette,
c’est dans un contexte qui est assez particulier,
puisqu’elle le dit très clairement,
elle ne veut pas être soumise à un mari.
Elle a 19 ans, elle part enseigner,
donc c’est quelque chose qui la démarre,
qu’on va dire, pour son époque.
Et elle part dans un moment qui doit être délicat,
puisqu’on voit une biographie, on voit des données, des informations,
mais il y a le vécu humain réel, son vécu humain, son quotidien,
c’est l’exil, c’est les difficultés bureaucratiques,
administratives qui sont liées au fait de ne pas avoir les papiers,
de pouvoir circuler, etc.
C’est avoir une famille qui est dispatchée sur plusieurs pays.
Il y a notamment un passage où elle explique
qu’ils ont de la famille à Jérusalem
et que quand sa mère peut s’y rendre,
elle dit que c’est un enfer de barbelé,
qu’elle se fait agresser par un soldat israélien
et qu’au final, son père meurt sans avoir revu ni sa mère ni ses soeurs pendant 18 ans.
Donc il y a ce proie de l’exil.
Elle est jeune, elle a 19 ans,
c’est quelqu’un d’impétueux dans son caractère.
Et au Koweit, elle va être confrontée
à le fait que dans ce pays, l’organisation,
toute organisation palestinienne, que ce soit une organisation politique, culturelle ou autre, est interdite.
Donc très tôt, elle va être confrontée au fait que même en exil,
même dans un autre pays pour chercher du travail,
elle se rend compte de l’attitude
que peuvent avoir certains régimes vis-à-vis du sort des Palestiniens.
L’ensemble des Palestiniens qui sont là au Koweit dans le Golfe milite clandestinement.
Ils font des partis palestiniens en exil
ou des sections de partis ou de mouvements qui existent déjà,
mais clandestinement, ce qui n’est pas rien,
ce qu’on peut déjà comprendre,
qui ont une chape de plomb.
Alors là, pour le coup, arabe au-dessus de la tête.
Pour elle, qui vient de Haifa mais qui a grandi au Liban, c’est pareil.
Elle a un statut de réfugié.
En tout cas, elle n’a pas de citoyenneté,
pas de passeport, des documents de voyage.
Vous racontez donc très bien cette anecdote de Jérusalem,
qui est encore sous domination jordanienne à l’époque,
mais pour laquelle c’est compliqué de voyager de l’un à l’autre.
Elle va faire le choix de quitter le Koweit pour rejoindre la Jordanie.
La Jordanie qui, à cette époque-là, est,
si Beirut est le centre intellectuel de la production,
c’est en Jordanie que se basent les organisations
qui ont, elles, décidé de reconquérir la Palestine par les armes, finalement.
Oui, alors la clandestinité, elle se forge.
Elle a été étudiante à l’université américaine de Beirut.
Très tôt, elle apprend l’activisme, elle apprend à lutter politiquement,
en plus dans un cadre qui est très stimulant intellectuellement,
comme on l’a vu, mais elle apprend aussi la répression syndicale.
Et quand elle part enseigner, elle est confrontée effectivement
à la même répression et au fait de devoir s’organiser clandestinement.
Le MNA a des branches dans plusieurs pays
qui, effectivement, ont des pratiques clandestines
pour éviter la répression, pour poursuivre leurs activités.
Donc elle se forge dans tout ça, elle reste enseignée
pendant six années au Kuwait.
Donc c’est des années dans lesquelles elle s’habitue à la vie clandestine,
à avoir en tout cas certaines activités clandestines.
Et ensuite quand elle décide de se rapprocher de la Palestine,
c’est pour passer à la lutte armée, c’est ce qu’elle veut.
C’est juste avant la guerre des six jours.
Non, elle revient juste après, en fait.
Après, elle revient en 1969, je crois.
Oui, oui, c’est ça.
Donc ça fait deux ans qu’il y a une intensification
de toutes les activités de Géria.
Gaza est occupée.
C’est un moment qu’il faut s’imaginer qu’à ce moment-là,
Israël a envahi le Sinaï Gaza, la Cisjordanie,
donc la Jordanie, c’était qu’apparaît une vingtaine d’années plus tôt à peu près.
Le plateau du Golan syrien s’est à cette époque-là aussi, c’est en 1967.
Donc il y a un contexte dans lequel les États arabes qui s’opposaient à Israël ont failli,
mais loin d’être un signe de découragement ou de quoi que ce soit,
pour la résistance et pour toutes les factions de la résistance,
c’est au contraire le signe qu’il n’y a plus que, si les États ont failli,
si les régimes Ammine ou Amtir-Constance ont failli,
il n’y a plus que le peuple qui puisse par lui-même prendre les armes,
s’armer, résoudre ses propres problèmes.
Et c’est avec cette élan-là, cette énergie-là,
que Leila Khaled se rejoint les groupes de koa.
Alors, on comprend dans quelles circonstances, dans quelles conditions elle le fait.
Une jeune femme qui milite déjà, vous l’avez dit, depuis ses quinze ans,
et qui a une formation intellectuelle très forte,
mais comment est-ce qu’elle va passer à la pratique des armes,
et non seulement passer à la pratique des armes,
mais pas passer à la pratique des armes pour, et ce n’est pas dégradant de ma part,
mais pas pour devenir une simple fédayine.
Elle va devenir une sorte de membre de commando.
On parle de gens qui ont une détermination, une pratique des armes très forte,
qui savent qu’ils vont soit laisser leur vie très rapidement,
soit qu’ils se destinent à vivre incarcérés,
parce que l’action est quasiment une action sur laquelle il y a peu de chances de revenir.
Est-ce que c’est une transformation, une simple évolution ?
Ça reflète Leila Khaled de ses quinze ans, de ses vingt ans, finalement.
Comment elle va marquer le mouvement dans lequel elle milite, le FPLP,
pour qu’elle devienne cette femme qui prend les armes
et qui dirige ou codirige des commandos, peu importe.
On ne va pas commencer à faire des hiérarchies dans les actions,
mais ça reste impressionnant.
En fait, elle prend sa place réellement dans ce mouvement
où elle aurait pu être mise de côté par un peu aussi de paternalisme
de la part des organisations qui ne sont pas dénuées jusqu’à aujourd’hui de machisme,
en lui disant, écoute, tu es une jolie fille,
OK, pratique les armes dans le camp d’entraînement,
mais pour autant, on va quand même envoyer des hommes détourner des avions.
Il peut y avoir un contact de faire passer une femme plus facilement,
mais n’empêche qu’elle arrive à s’imposer comme une militante de ce commando.
Parce que c’est une patriote convaincue depuis son plus jeune âge,
depuis son enfance.
Elle a grandi dans une famille qui en plus était déjà engagée politiquement,
notamment du MNA.
Elle est habituée à être dans un milieu qui favorise son fort engagement politique,
une forte conscience politique,
mais elle a en plus une volonté, elle, de prendre les armes.
Elle ne va pas s’arrêter simplement à des activités annexes.
Elle veut être en première ligne de certaines manières.
Et elle prend cette place.
Donc c’est vrai que pour une femme, c’est loin d’être anodin.
Elle doit affronter tous les préjugés, ça, elle en parle dans son livre.
Donc elle vient d’une famille éduquée, elle décide de prendre les armes.
Quel est le chemin qui est finalement assez rapide entre le moment
où elle décide de rebasculer en Jordanie ou l’épicentre de ces mouvements armés
et le mois d’avril où elle va être membre de ce commando
qui va détourner un avion entre Los Angeles et Tel Aviv ?
Ce qui se passe, c’est qu’il y a déjà tout un contexte, toute une situation mondiale
qui est celle des révoltes et des mouvements de libération nationaux
qui sont de plus en plus forts.
C’est-à-dire que les événements qui se passent en Palestine,
la résistance palestinienne n’est pas isolée, coupée du reste du monde.
Il y a le Vietnam qui repousse deux des plus puissantes armées du monde,
les États-Unis et la France.
Il y a l’Algérie qui conquiert son indépendance.
Donc il y a un contexte international où les mouvements armés,
les mouvements de libération qui s’opposent soit à la colonisation
ou soit à l’impérialisme sont très forts.
Et tout ce contexte-là appuie, on va dire, la résistance palestinienne.
Il favorise le passage à l’offensive de la résistance palestinienne.
Il y a donc le contexte du lendemain de l’expansion territoriale d’Israël
qui, loin de paralyser la résistance,
ne fait que décupler la rage, la volonté des Palestiniens
de se libérer de l’occupation.
Et donc cette décision de détourner les avions,
elle se fait dans un moment où le but c’est de ramener
la résistance palestinienne et la question palestinienne
sur le devant de la scène internationale.
Ce qui pourrait plus être relégué à une affaire strictement arabe
du point de vue américain, du point de vue occidental,
devient une affaire internationale.
Et ce sera un succès de ce point de vue-là puisque
non seulement ça oblige une maison d’édition française,
pas du tout révolutionnaire, à publier cette biographie,
mais ça oblige toute la presse internationale
à faire les gros titres sur l’ailar à l’aide,
sur les détournements d’avions.
Et ce sont des détournements d’avions,
qui sont appelés des actes terroristes,
qui ne font pas de victimes.
Donc ce ne s’agit pas d’actes de barbarie ou quoi.
Il s’agit vraiment de se servir de ces actions comme une tribune
et de rappeler au monde entier le sort de la Palestine.
Et ça oblige d’ailleurs, et d’une manière très très similaire
à l’œuvre conceive de la résistance palestinienne en 2023,
ça oblige tout le monde à se positionner,
soit en faveur de la libération de la Palestine,
soit à se révéler comme des conciliateurs de l’occupation et de la colonisation.
Et c’est exactement ce qui s’est passé aussi à cette époque-là,
avec un contexte de répression politique moindre,
jusqu’à une édition un peu biographique,
alors qu’aujourd’hui la répression et les atteintes au droit démocratique
pour les défenseurs de la Palestine sont beaucoup plus forts.
Mais à l’époque, ça permet vraiment de faire une démarquation
et de mettre en avant la combativité de la résistance
et de rappeler tous les crimes qui sont commis,
puisque pendant que les détournements d’avions sont faits,
Gaza qui est occupée connaît des massacres.
Ce n’est pas la première fois dans l’histoire de Gaza
qu’il y a des massacres d’occupation militaire israélienne.
Voilà, il y a tout ce contexte-là autour,
ce qui l’incite à agir, elle veut prendre sa place,
elle sait sa place d’être une résistante palestinienne
et de se battre pour la libération de son pays.
Je précise parce que certains auditeurs pourraient penser,
quand on dit détournement d’avions,
penser forcément au 11 septembre,
parce qu’en finalement il y a eu aussi depuis plus du tout de détournement
et puis il y a eu une grande période sans détournement.
Cela, en fait, et vous le disiez, oblige les gens à se positionner.
Ils détournent des avions qui vont ou pas d’ailleurs en Israël
et ils les détournent pour les amener dans des pays arabes,
à Damas ou au Caire, il peut y avoir la Libye,
il y a des tas de pays qui vont accueillir, entre guillemets,
Algiers va être aussi dans ces zones où vont atterrir les avions
et en fait les passagers sont évacués des avions et les avions sont détruits.
C’est ça le mode opératoire pour faire simple de cette époque-là
et on demande parfois, en dehors du fait de parler de la Palestine,
on demande aussi la libération,
c’est ce qui aura lieu notamment quand elle-même va se faire arrêter,
on demande la libération de militants de son organisation
en échange de la libération des otages qu’on a pris dans l’avion.
Je résume, je caricature un peu,
mais c’est ça qui est évoqué dans le parcours de Leïla Khaled finalement.
Oui, la question des prisonniers palestiniens
était déjà une question de très grande importance à cette époque-là
et le but de ces détournements, qui sont très tranquilles pour les victimes,
c’est comme des longues correspondances au final dans un aéroport prévu,
mais on est loin d’actes facilement condamnables ou contre lesquels s’insurgent,
pourtant ça n’a pas empêché de le faire à l’époque,
y compris dans la gauche, etc.
Ces opérations sont pour but d’appeler sur le sort de la Palestine
et sur le sort des combattants de la Palestine qui sont emprisonnés,
puisque tout ce qu’une personne qui s’intéresse de près à la situation de la Palestine,
tout ce qu’elle a pu entendre ces trois dernières années,
c’est une répétition, tout ce qu’on peut dire sur la situation du contexte de l’époque
sont en tous points similaires aux exactions et aux méthodes d’Israël d’aujourd’hui,
sur les enfermements arbitraires et massifs,
sur les tortures, sur le non-respect des droits humains les plus fondamentaux.
C’est pour ça que ces opérations sont menées là,
il s’agit de faire libérer des combattants de la Palestine,
il s’agit d’appeler le monde entier à se positionner,
y compris les pays arabes, finalement.
Oui, oui, oui.
À cette époque-là, on n’est pas dans un contexte de normalisation, ça n’existe pas.
Il y a y compris des géants comme l’Egypte qui ont été en guerre,
l’Egypte trois fois, si je ne me trompe pas,
au moment de ces détournements avec Israël,
et y compris la Jordanie qui était très ambivalente,
qui s’est emparée allègrement de toute la 6e Jordanie
et qui a pris le nom de Jordanie actuelle à ce moment-là d’ailleurs,
accueille des bases de Feddayine dans le pays.
Même les plus ambivalents des régimes composent avec la résistance palestinienne,
voir la soutienne et l’arme comme ça a été le cas de Nasser pendant un temps.
Donc il n’y a pas de contexte où certains États normalisent ou quoi.
Il y a un échec et un manque de volonté politique, en tout cas,
de s’opposer à la colonisation.
C’est ce qui renforce, comme je l’ai dit précédemment,
la volonté des Feddayines de prendre les choses en main par eux-mêmes.
Le peuple s’arme par lui-même et résolve ses problèmes sans compter
sur un quelconque État voisin ou une autre entité extérieure.
Pour autant, le point d’orgue de ce détournement d’avion,
ça va être le 6 septembre 1970, quand ils vont détourner plein d’avions en même temps.
C’est ce qu’on appelle le Dawson Field Hijacking.
Elle va réussir à monter dans un avion, mais les compagnies aériennes,
les États commencent à se former pour essayer d’empêcher ces actions-là.
Et son détournement va être un échec.
En fait, le pilote va plonger, il me semble,
au moment où il va comprendre que des gens veulent rentrer dans la cabine.
À l’époque, les cabines ne sont pas encore forcément fermées à clé,
mais elles ne sont pas blindées comme aujourd’hui après le poste 11 septembre.
Et ça donne le temps à des officiers de sécurité dans l’avion d’intervenir
et donc de maîtriser elle et son complice.
Je l’appelle comme ça parce que le terme ne vient pas, mais son camarade.
Et donc elle va être incarcérée un temps en Angleterre, il me semble,
et elle va en tirer d’ailleurs pas mal de conclusions
sur son amour pour l’Angleterre.
Je me souviens avoir échangé avec elle là-dessus
quand j’avais eu l’occasion de la rencontrer.
Mais ça va mettre aussi, alors pas forcément cette action-là,
mais ça va mettre fin à cette pratique du détournement.
En fait, le moyen ne devient plus si pratique que ça pour les organisations
palestiniennes qui en sont empêchées.
Ça devient plus compliqué.
Le FPLP va se transformer aussi.
Mais Leila Khaled va rester, elle, une voix pertinente.
Je veux dire, elle continue à s’exprimer dans les médias,
elle produit des textes, elle reste quelqu’un d’important,
y compris au fur et à mesure de la transformation de l’OLP
vers les accords d’Oslo, etc.
Qu’est-ce qu’on peut raconter à travers Leila Khaled
de cette branche de résistants palestiniens
qui sont restés droits dans leur botte
sur à la fois une modalité d’action qu’elle ne rejette pas
et sur une ligne très claire politique et militaire.
Qu’est-ce que ça raconte face à ces différents échecs ?
Les États arabes, c’est un échec.
Une autre action dans les avions,
finalement, ça fait parler de la Palestine,
mais ça finit par être un échec parce que l’ennemi se prépare aussi.
À travers ce livre, à travers Leila Khaled,
qu’est-ce qu’on comprend de ce parcours,
de ceux qui n’ont pas voulu abandonner la résistance palestinienne ?
Pour les socials, je pense qu’elle rappelle
qu’il y aura toujours une résistance palestinienne
tant qu’il y aura une occupation.
Et que ces actes-là, les détournements d’avions,
pour être une tentative des espères ou je ne sais pas quoi,
ont préhaussé la volonté de la résistance.
Alors il y a le contexte très particulier qui a suivi immédiatement
avec le roi de Jordanie qui attaque les bases des Feddayines
en Jordanie qui doivent partir au Liban.
Il y a des difficultés de réorganisation.
Mais y compris, même si cette tactique de détournement
a été mise de côté, il n’a jamais été question,
ni pour le Front, ni pour d’autres composantes de la résistance,
de lâcher les armes.
Leila Khaled continue de défendre la légitimité de la lutte armée
qui est un droit qui garantit normalement,
y compris par l’ONU, par le droit international,
de résister à l’occupation.
Donc on criminalise le fait de défendre des droits,
des d’accords internationaux, ce que fait l’État français
et la répression de plus de 1000 personnes
qui sont réprimées pour dire ce genre de choses,
finalement rien de plus.
Leila Khaled, y compris dans des interviews récentes
en 2023 ou 2024, continue de dire la légitimité
de la lutte armée puisque c’est un pays qui est occupé.
C’est un pays qui est occupé, qui subit un régime d’apartheid,
l’oppression qui pèse sur les Palestiniens.
Mais c’est ni arrêté, ni diminué.
Au contraire, elle s’intensifie et elle gagne en intensité
d’année en année.
On le voit avec les attaques de colos en Cisjordanie
depuis les dernières années qui deviennent très nombreuses.
Donc ce que montrent ces actions ou la conséquence
de ces actions, c’est qu’il y aura toujours
une nouvelle génération de résistance
qui reprendra les devants, qui voudra aller de l’avant,
y compris par les moyens spectaculaires,
rappeler la réalité que le peuple palestinien
ne se laisse pas faire,
ne se laisse pas occuper comme ça impunément.
Je pense qu’il ne faut pas situer ces actes
comme quelque chose de très localisé dans le temps,
très tactique, mais il faut les voir sur des temps plus longs
et l’impact qu’ils ont sur des temps plus longs.
Souvent des analyses qui se cantonnent
à prendre des choses isolées et à les sortir
dans un contexte général.
Et je pense que quel que soit le contexte au niveau tactique
de ces détournements et des conséquences,
ils ont quand même eu un rôle positif
puisqu’ils ont forcé le monde entier à tourner les yeux,
à se positionner, il y a eu des mouvements de solidarité
très importants, des campagnes internationales très importantes
à soutenir la résistance.
Oui, il ne faut pas la cantonner non plus elle
à ce rôle qui a été un peu fait par l’Occident,
une femme jeune, jolie qui détourne des avions,
cette caricature, on n’est pas là.
C’est en la rencontrant elle et en discutant d’ailleurs
dans la même journée avec Anis Naccach à Beyrouth
en tournant des années 2010 que j’ai vraiment compris
à quel point c’est la force dominante,
la force oppressante qui détermine
l’action violente de l’autre.
Parce que tous dans leur carrière militante et militaire
me faisaient part de ça, c’est-à-dire qu’il fallait
qu’on s’adapte à la répression,
qu’on s’adapte aux échecs, qu’on s’adapte
au nombre de prisonniers qu’il y avait, etc.
Et les deux à des moments différents d’une conversation
qui n’était pas la même, mais au sein de la même journée, du même week-end,
j’ai vraiment compris à quel point ils se disaient
ok c’est pas grave, on change de tactique,
on avance, on change de stratégie, on avance,
on trouve des liens et c’est sûrement
ce qui résume le plus à mon sens Laila Khaled,
c’est-à-dire cette façon de voir la Palestine
et de voir le but et de chercher des moyens
d’y arriver. C’est peut-être, je vais vous laisser
le mot de la fin, mais c’est peut-être à mon sens
ce qui la détermine plus que ce qu’elle aura marqué
dans l’histoire, les détournements d’avions,
mais plutôt cette force d’aller chercher des moyens
collectifs, de continuer la lutte
ou dans bien des cas, je dirais,
des organisations occidentales auraient baissé les bras.
Le peu de moyens qu’ils avaient à l’époque
et la façon dont ils étaient souvent trahis
en plus par les gens qui les finançaient à un moment, etc.
C’est des histoires assez sordides finalement,
ils perdent des camarades, ils n’arrivent pas…
Ça marque une génération. Et eux,
répètent, non, non, mais il fallait
de toute façon qu’on relève la tête, qu’on continue,
qu’on trouve d’autres moyens. On ne pouvait pas abandonner
la Palestine et les Palestiniens à leur sort
et il fallait qu’on trouve des moyens de lutte.
Est-ce que ça résume bien le livre aussi
et l’intention, selon vous, de Leïla Khaled ?
Oui, tout à fait. Et c’est important de préciser
que ce livre, cette biographie, elle est
faite coécrite avec elle,
mais il s’agit avant tout d’expliquer c’est quoi le but
du Front Populaire de Libération de la Palestine.
Et ce qu’elle dit, dit quelque chose sur le front,
mais dit quelque chose de plus large sur la résistance palestinienne
comme on l’a vu il y a quelques minutes.
J’ai une anecdote qui est une scène très courte
mais qui évoque pas mal de choses intéressantes
sur notre époque, mon avis, c’est que quand elle est
étudiante à Beyrouth, elle rencontre une étudiante
américaine qui vient à l’université américaine
de Beyrouth et qui est
convaincue du bien fondé de la politique étrangère
des États-Unis. Elle est convaincue que son pays
est un bon pays, que c’est un pays démocratique,
qu’il agit pour le bien et que, heureusement,
que ces armées sont là pour éviter des débordements, etc.
Et elle a beau, cette américaine, être confrontée à une
palestinienne en exil, elle n’en démort pas.
Et cette anecdote, elle est, à mon avis, très intéressante
surtout pour un public qui vient de pays
impérialiste puisque c’était dans les années
50. Et aujourd’hui,
y compris aux États-Unis, ce point de vue-là,
cette illusion que les États-Unis sont un bon pays,
que les régimes, que les États impérialistes
ont une politique étrangère juste,
bien fondé, etc. Cette illusion-là n’existe
quasiment plus aujourd’hui. Et il y a une conscience
dans les masses, dans le monde entier,
sur le rôle de l’impérialisme. Et ce que tout le livre
met en avant, c’est la justesse de
la lutte contre l’impérialisme.
Et cette question aujourd’hui résonne d’autant plus fort
que la résistance palestinienne, elle joue un rôle dans l’éveil
des consciences non internationales.
Eh bien Victor Prüm, merci beaucoup. Merci d’avoir
évoqué l’histoire de ce livre et l’histoire
partielle faute de temps de Leila Khaled
et son importance dans l’histoire non seulement
de la résistance palestinienne, mais également
dans une histoire plus mondiale, plus internationaliste.
Le livre est à
retrouver en librairie le lien
pour pouvoir éventuellement le commander
ou contacter les filles
de la commune, se trouve en description
de cet épisode. Merci encore
et sûrement à bientôt pour d’autres épisodes
parce que votre catalogue s’enrichit, j’ai l’impression,
d’autres ouvrages. Est-ce que c’est le cas
d’autres ouvrages sur la Palestine qui vont arriver
en 2027 par exemple, si je me propulse
Dans notre catalogue sur la Palestine, on s’intéresse
de près aux écrits de Ghassan Qanafani, donc on a d’autres textes
qui, je ne peux pas vous dire si ça en sera en 2027,
mais on a d’autres textes très certainement
de résistants palestiniens qui vont être publiés.
C’est aussi l’occasion de peut-être annoncer qu’il y aura
un cycle dédié à cet auteur majeur
de la Palestine, Ghassan Qanafani, qui sera
à retrouver au sein de votre maison d’édition.
Merci encore.
Merci beaucoup pour votre invitation, c’était un grand plaisir.
Merci d’avoir écouté cet épisode, nous espérons que ce format court
vous a convaincu, c’est pour nous une occasion de revenir
sur des articles, des publications, des livres ou des documentaires,
voire des interventions de personnalités politiques
ou intellectuelles palestiniennes dans le débat public.
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