Entretien avec Imen Habib mené par Emmanuel Hiriart
Cette semaine le podcast s’interroge sur la lutte menée contre Israël par la campagne BDS en rencontrant Imen Habib animatrice de la Campagne en France.
Elle a participé au lancement de la Campagne BDS France en 2009, qui regroupe aujourd’hui plus de 50 associations, organisations syndicales et politiques pour relayer les campagnes de boycott, désinvestissement à l’appel de la societé civile palestinienne.
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Palestinian folk tune
Bonjour à toutes et à tous et bienvenue dans Fragments de Palestine.
Je suis Emmanuel Hiriart et je vous propose toutes les semaines un grand entretien sur
une question historique, politique, géographique, militaire, diplomatique, culturelle ou juridique
ou bien, qu’elle concerne, un dirigeant, un militant, une figure intellectuelle ou
militaire de la Palestine.
Si vous l’aurez compris, une manière de comprendre un peu mieux de notre point de vue
la Palestine et les Palestiniens dans un moment assez cruel pour le pays et la population.
Si nos podcasts sont gratuits, ce n’est pas sans coût pour notre association à but
non lucratif.
Et je vous incite donc à nous soutenir en réalisant un don sur HelloAsso dont le
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de nos archives.
Fragments de Palestine.fr, par avance, merci.
Aujourd’hui, nous vous proposons un format pour l’instant sans nom qui s’intéressera
à la solidarité avec la Palestine, mais non pas d’un point de vue historique
comme nous avons pu le faire précédemment, mais d’un point de vue militant ou juridique,
plus actuel, plus politique, entre mobilisation, procès baillon, contre-attaque
de l’État israélien.
Notre premier épisode du genre s’attachera donc à comprendre et à décrire l’évolution
de BDS, l’organisation dont l’acronyme veut dire « Boycott, désinvestissement et sanction »,
à travers notamment sa section française créée en 2009.
Je reçois donc Imen Habib, animatrice de la campagne BDS France, qui regroupe,
rappelons-le, plus de 50 associations, organisations syndicales et politiques à
l’appel de la Société civile palestinienne.
Bonne écoute.
Imen Habib, bonjour.
Bonjour, Emmanuel.
Je vous reçois donc aujourd’hui, parce que vous êtes la représentante de BDS France,
que veut dire BDS ?
Alors BDS, c’est l’acronyme de « Boycott, désinvestissement et sanction ».
C’est une campagne qui a été lancée en 2005 à l’appel de 170 associations
de la Société civile palestinienne, qui s’inspire dans son appel fondateur
de la lutte contre l’apartheid dans l’Afrique du Sud, donc la référence
à la lutte victorieuse contre l’apartheid dans l’Afrique du Sud, elle est très
importante dans cette campagne, parce que c’est aussi les mêmes outils,
finalement des boycotts, bien sûr, des produits.
C’est le B de BDS, c’est le boycott qu’on connaît peut-être le plus,
mais il y a aussi le désinvestissement, c’est peut-être le moins connu.
C’est demander aux entreprises, et en l’occurrence en France pour notre part,
de désinvestir d’entreprises qui participent à la colonisation,
à l’apartheid ou maintenant, malheureusement, au génocide à Gaza.
Et le S de BDS, donc c’est sanction, évidemment, pour que des sanctions
internationales arrivent, et parce que si on a lancé cette campagne,
on le dit dans notre appel fondateur, c’est parce que les États ne prennent
pas leurs responsabilités, en fait.
Sinon, on ne serait pas en train de demander des sanctions,
puisqu’Israël devrait être sanctionné du point de vue du droit international
et reste un État aujourd’hui complètement impuni.
Alors, on reviendra plus tard dans l’interview sur,
notamment, la question du boycott.
On pourra échanger un peu sur quelles entreprises,
parce qu’elles sont nombreuses et c’est souvent compliqué.
Il faut souvent aller faire référence à votre site pour savoir,
parce qu’aujourd’hui, le capitalisme mondial ne permet pas non plus
d’avoir une compréhension directe des groupes, des sous-groupes,
des holdings, etc., etc., et de qui intervient.
Mais vous faites un travail très précis de ciblage des entreprises
qui interviennent, notamment dans des colonies, etc.
On reviendra dessus.
Mais vous faisiez référence à votre filiation, finalement,
avec le boycott de l’apartheid de l’Afrique du Régime,
d’Afrique du Sud, jusque dans les années 90.
Moi, j’ai grandi adolescent avec ce boycott et ses actions.
Je me souviens de mes parents ou de mes oncles et tout ça
qui boycottaient ou qui sabotaient, on peut le dire aujourd’hui,
il y a prescription, des produits dans des supermarchés
parce qu’ils étaient liés à l’industrie d’Afrique du Sud.
Vous, vous êtes apparu, donc, finalement,
longtemps après la fin de la chute du régime d’apartheid d’Afrique du Sud.
Vous naissez dans comment apparaît BDS,
dans quelles conditions, dans quel contexte, en fait ?
Alors, le lancement de la campagne BDS en 2005,
il est dans le contexte de la Cour internationale de justice
qui demande un an avant, donc en 2004,
le démantèlement du mur de l’apartheid,
qui a été longtemps présenté comme un mur de sécurité.
Et en fait, moi, j’ai fait partie d’une mission civile
en fait à Billin, dans le village si Jordan est occupé,
où j’ai fait partie de ceux qui ont pouvoir de leurs yeux,
en fait, à quel point ce mur était tout sauf un mur de sécurité,
mais un mur d’annexion où il s’agissait,
et on parlait avec des agriculteurs sur place,
et on voyait en fait, c’était les terres les plus fertiles,
finalement, des Palestiniens et des Palestiniens qui étaient confisqués.
Donc, je veux dire, on avait déjà des prémices de ce qui allait se passer,
déjà avec cet avis, donc, comme je vous disais, en 2004.
Et l’appel BDS, il a été lancé à une date symbolique,
anniversaire, en fait, de ces un an d’avis de la Cour internationale de justice.
Donc, cet appel BDS en 2005 en Palestine,
ensuite, il s’est développé dans plusieurs pays.
Il y a eu, avant 2009, des actions ici ou là en France,
qui n’étaient pas forcément coordonnées sous la bannière BDS,
mais c’est des actions de boycott d’Israël.
Donc, il y a eu des actions qui ont été faites.
Et puis, en 2009, il y a eu le massacre Plomb durci à Gaza,
le massacre d’Israël.
Un des nombreux massacres d’Israël,
parce que ce qu’on oublie souvent de rappeler dans l’actualité
ou dans les grands médias,
c’est qu’en fait, il y a eu plusieurs guerres,
plusieurs massacres israéliens à Gaza depuis 20 ans.
Il y en a eu au moins 15.
Donc, voilà, ça faisait partie d’un des massacres en 2009.
Et à ce moment-là, il y a eu comme une sorte de déclic,
en fait, où on s’est dit que c’était important de coordonner
une campagne structurée,
uniquement structurée autour de cette campagne BDS
et uniquement une campagne, en fait,
qui n’a pas d’autre vocation que de faire du BDS,
de rassembler des organes pour faire du BDS ensemble.
C’est une campagne qui regroupe aujourd’hui, à laquelle j’appartiens,
qui regroupe une cinquantaine d’organisations
et de groupes locaux un peu partout en France.
Donc des organisations nationales, bien sûr,
des partis politiques, des organisations comme ATAC,
Artisans du Monde, Le Man
et des partis politiques comme la LFI,
les écologistes, Génération, le NPA.
Voilà, il y a pratiquement tous les partis politiques de gauche.
Il y a aussi Alternatives, l’UCL et d’autres groupes.
Et puis, il y a des comités locaux,
des comités locaux un peu dans plusieurs villes de France.
Et on mène cette campagne donc pour essayer de réfléchir un petit peu
et de travailler ensemble à des mobilisations qui concernent la France,
puisque la campagne BDS existe aujourd’hui dans tous les continents.
Il y a des campagnes dans différents pays aujourd’hui,
en Europe notamment.
Et nous, on est la branche française du mouvement BDS.
Est-ce que, je reviens sur ce que vous disiez sur 2009,
je fais une toute petite parenthèse et je vais vous poser une question
pour remettre du contexte.
Vous parlez de mission civile, donc vous apparteniez,
en tout cas, vous étiez parmi celles et ceux qui partaient en mission civile,
donc au sein des campagnes civiles internationales
pour la protection du peuple palestinien.
Et vous parlez également des massacres de 2009.
Je précise qu’à ce propos-là,
pour qu’on prenne conscience du niveau de massacre,
il faut absolument regarder deux films de Samir Abdallah,
l’un qui s’appelle Gazastrophe , qui a eu un grand succès,
qui a fait, à l’époque, on était un peu à l’aube de YouTube,
donc ce n’est pas vraiment sur Internet,
mais il est tourné beaucoup dans des festivals,
il a rencontré un public assez large, y compris en salles à l’époque,
et également Gaza On Air, qui est moins connu,
mais qui est absolument terrifiant à regarder.
Est-ce que tous ces gens, toutes ces organisations,
tous ces militants, vous-mêmes,
c’est à travers ces missions civiles que, finalement,
vous prenez conscience et vous finissez par vous regrouper ?
On a fait un épisode avec Thomas Sommer-Houdeville
sur ces campagnes civiles où justement on essayait de comprendre
comment des gens qui arrivaient d’un milieu totalement différent,
qui n’auraient pu ne pas se parler parce que certains étaient syndicalistes,
d’autres étaient militants politiques dans des organisations,
y compris, entre guillemets, hyper spécifiques, etc.
Est-ce que c’est à ce moment-là, finalement, le début de la seconde intiifada
et tout ce qui va amener à ces projets qui vont venir des campagnes civiles
que finalement BDS France se monte, c’est ça ?
Je pense qu’on peut dire ça.
Effectivement, ça rentre, comme vous le disiez, dans cette période-là,
où en fait, la richesse de ces missions civiles,
c’est qu’elles ont fait partir de beaucoup de personnes en France,
des syndicalistes, des gens qui n’étaient pas politisés.
Moi, je dois être honnête,
c’est ces missions civiles, c’est cette chance d’avoir fait cette mission civile
qui m’a politisée, en fait.
Parce qu’au début, quand j’ai écrit aux missions civiles,
je me suis dit, bien sûr, j’étais solidaire du peuple palestinien,
mais je n’étais pas encore militante.
Et je me suis dit, ça va me permettre, en tout cas,
de voir de mes propres yeux la situation sur place.
J’avais vraiment eu envie de comprendre la situation.
Et à mon retour, évidemment, je suis devenue militante
parce que je pense qu’on n’en revient pas indemne.
Personne ne revient indemne d’un voyage en Cisjordanie,
d’un séjour en Cisjordanie ou à Gaza.
Moi, je n’ai pas pu aller à Gaza,
mais en Cisjordanie, j’ai été littéralement traumatisée.
J’ai mis plusieurs mois à pouvoir témoigner de ce que j’avais vu.
En fait, ça a été pour moi un choc.
Parce que je me suis dit, sur place,
comment se fait-il que je vois tout ça
alors que les grands médias n’en parlent pas ?
Quand on n’est pas politisé et qu’on voit la situation sur place,
le premier truc qui ressort, c’est comment il y a un décalage total
entre la réalité et la manière avec laquelle les grands médias,
nos médias, ce qu’on peut percevoir en France,
traitent cette actualité ou cette situation.
Et voilà, alors malheureusement,
au vu de la situation du nettoyage ethnique en Cisjordanie
et du génocide à Gaza, les médias ont changé
aussi leur manière de donner l’information
puisqu’ils ne peuvent pas nier un génocide,
même s’ils continuent à nier l’utilisation du mot génocide
dans la plupart des grands médias.
Mais je veux dire, il y a des choses accablantes aujourd’hui
qui sont sous les yeux du monde entier, finalement.
Mais c’est vrai qu’à l’époque,
je pense que ça a largement contribué à une politisation,
à une sensibilisation de militants et des militantes
solidaires du peuple palestinien.
Et vraiment, ça, c’est tout à l’honneur,
c’est vraiment de ces missions civiles qui ont existé
et qui malheureusement aujourd’hui n’existent plus.
Mais je viens de voir justement il y a quelques jours
que la FPS relayait un appel pour la cueillette des olives.
Donc c’est sur le site de la FPS.
Alors ils préviennent, voilà, ils préviennent quand même
qu’ils ne sont pas responsables de la sécurité des gens
qui vont dans la mission, bien sûr.
Mais pour ceux et celles qui ont encore envie,
ou en tout cas qui ont envie de participer à ces missions,
sachez qu’en ce moment, il y en a une à l’appel de la FPS.
Je l’ai vu il y a deux jours à peu près.
Donc c’est vraiment aussi important de savoir que
ça fait partie, les agriculteurs palestiniens ont lancé
cet appel-là pour les protéger aussi.
Moi, je me souviens que dans la mission à laquelle
j’avais participé, on avait été dans un champ
d’un fermier palestinien et il nous a dit
en fait quand vous êtes là,
ça me permet de cultiver ma terre en fait
et ça me protège parce qu’on avait vu tout en haut,
il y avait des miradors et il y avait l’armée israélienne
qui a un soldat qui nous surveillait
et qui se font tirer dessus tout simplement en fait.
Donc la présence internationale,
même si elle est difficile en ce moment,
elle a toujours été très utile pour le peuple palestinien.
Et vraiment, oui, c’était riche, c’était fort.
C’est à ce moment-là qu’a été lancé effectivement,
on va dire quelques années après
parce que les missions civiles existent depuis 2002.
La campagne BDS est créée en 2009.
Mais on va dire que c’est vraiment des gens
qui ont appartenu aux missions civiles
et pas seulement à Génération Palestine à l’époque,
à d’autres groupes qui ont lancé la campagne BDS France.
Et d’ailleurs, je fais un parallèle
pour revenir à votre explication de la filiation
parce que moi, j’ai eu la chance de côtoyer
des militants d’Afrique du Sud
au Liban ou en Palestine
et qui faisaient le constat suivant en disant
en fait, ce n’est pas de l’apartheid, c’est pire.
Nous, on n’avait pas des routes séparées.
Enfin, c’était déjà en 2003, 2004, 2005,
les militants d’Afrique du Sud eux-mêmes
qui avaient vécu l’apartheid jusque dans les années 90
étaient stupéfaits du niveau de vie
et d’occupation des Palestiniens,
que ça soit en Cisjordanie ou à Gaza,
qui étaient deux régimes déjà différents
en l’esprit de toujours fragmenter la Palestine
et le sort des Palestiniens.
Mais je me souviens de militants
qui étaient plus âgés que moi,
qui avaient vraiment connu l’apartheid,
qui avaient grandi et lutté
contre le régime d’apartheid
sur le milieu et la fin de sa vie
et qui étaient vraiment stupéfaits,
qui comme nous ne se rendaient pas compte.
Il fallait être sur place
pour se rendre compte de la réalité,
de ce que c’est.
Nous, on essayait d’exprimer en disant
que c’est un sociocyte.
C’est-à-dire que ça empêchait
toute forme de développement de vie.
En réalité, on ne pouvait pas faire ses études,
on ne pouvait pas cultiver, ramasser ses olives,
aller et venir, enterrer ses morts,
se marier normalement,
finir une scolarité, etc.
Par rapport à ce que vous dites,
ça me fait penser à une tribune de Desmond Tutu,
qui était archevêque,
qui a participé à la réconciliation
en Afrique du Sud.
C’était déjà publié en 2002,
qui disait ce que j’ai vu,
c’est pire que l’apartheid.
Donc il savait bien de quoi il parlait,
Desmond Tutu,
ce que j’ai vu dans mon séjour en Cisjordanie.
Et je crois que, comme vous le dites,
c’est un choc, en fait,
vraiment de voir, en fait,
il y a ce décalage, la violence,
cette injustice,
il y a tout qui s’entremêle, finalement.
Et par rapport à ça,
je n’ai pas pu m’empêcher de me faire cette remarque
tout au long de ces années,
de me dire, on savait déjà, en fait.
On savait déjà, à Desmond Tutu,
il a écrit cette tribune en 2002.
Donc, en fait, nous, on a eu,
vous savez, quand on a lancé la campagne en 2009,
on a littéralement des gens,
et je parle dans le mouvement de solidarité,
qui nous ont regardés avec des gros yeux
quand on utilisait le mot apartheid,
quand on utilisait le mot boycott.
Et ça, c’est tragique parce qu’en fait,
on a mis du temps.
Alors, bien sûr, il n’est jamais trop tard,
mais ce mouvement de solidarité avec la Palestine,
en France en tout cas,
il a été trop longtemps dans ce statico
par rapport aux accords d’Oslo, notamment,
dans cette absence.
Je pense, de mon point de vue,
d’écouter la réalité que documentaient eux-mêmes
les Palestiniens et les Palestiniennes,
de ce qu’ils ressentaient sur place,
de ce qu’ils vivaient sur place.
Et tous les experts, déjà, à l’époque,
tous les gens qui allaient sur place,
ils voyaient l’apartheid, il suffisait d’aller voir.
Et je pense que ce mécanisme de reconnaissance,
d’apartheid, il a mis beaucoup, beaucoup, beaucoup de temps.
Alors, maintenant, il y a des grands rapports
d’Amnesty International, de Human rights Watch, qui documentent ça.
Mais la leçon de tout ça, c’est toujours d’écouter
et, on va dire, de donner de la place
et plus de place aux peuples colonisés,
où qu’ils soient d’ailleurs,
dans leurs récits, dans leurs témoignages,
parce qu’on n’en serait pas là aujourd’hui
si on aurait plus écouté les Palestiniens
et les Palestiniennes, en fait,
et les ONG aussi, comme Al-Haq,
comme d’autres ONG, qui documentent,
qui ont documenté depuis longtemps,
parce qu’eux, ils savent mieux que quiconque,
finalement, ce qu’ils sont en train de subir
et ce qu’il est en train d’arriver.
Il y avait aussi des anticolonialistes israéliens
qui témoignaient de cette réalité-là.
Et pendant que nous, on refusait à l’époque,
je dis bien à l’époque, parce que maintenant,
il y a une espèce de consensus,
en tout cas, même s’il reste des voies divergentes.
Mais à l’époque, nous, on était perçus
comme des personnes, comment dire,
qui étaient finalement un peu radicales,
alors que depuis le début,
il n’y a eu aucun changement depuis le début.
Les seuls trois critères de la campagne BDS,
c’est des demandes de respect du droit international,
des demandes des résolutions des Nations unies.
Je les rappelle quand même,
le premier des objectifs de la campagne BDS
c’est la fin de l’occupation
et de la colonisation des territoires palestiniens.
Le deuxième objectif, c’est l’égalité
pour les Palestiniens d’Israël,
qui représente à peu près 20 %
de la population en Israël aujourd’hui.
Et le troisième objectif,
c’est le droit au retour des réfugiés palestiniens.
Le droit au retour, c’est la résolution 194 des Nations unies.
Donc, il n’y a jamais eu rien d’extraordinaire, finalement.
C’est des demandes minimales, finalement.
Cette demande d’égalité, je veux dire,
on vit sous les devises
liberté, égalité, fraternité en France.
Les Palestiniens et les Palestiniennes,
ils le demandent sur place, en fait.
Et l’appel BDS ne fait que demander ça.
Et donc, même à l’époque,
voilà, c’est un peu triste de se dire
que ça a mis du temps
à se déconstruire,
à finalement comprendre réellement
ce que nous, on disait depuis le départ.
C’est-à-dire que le problème,
ce n’est pas seulement les colonies,
c’est le régime.
C’est le régime, en fait,
de la même manière qu’à l’époque
de l’Afrique du Sud,
on ne demandait pas la destruction
de l’Afrique du Sud,
on demandait la destruction,
la fin des bancs tout-stants
de l’Apartheid en Afrique du Sud.
Et aujourd’hui, ce qu’on veut démenteler,
c’est le régime d’Apartheid,
c’est le régime ségrégationniste,
discriminatoire à l’encontre
de la population palestinienne.
Et si Israël ou Palestine
ont demain respecté les Palestiniens
le droit au retour,
l’égalité pour les Palestiniens,
les droits fondamentaux du peuple palestinien,
on ne mènerait plus cette campagne BDS,
mais elle existe aujourd’hui
parce qu’Israël est un régime d’Apartheid,
comme l’était l’Afrique du Sud de l’Apartheid.
Et donc, c’est important de souligner aussi
que le problème,
c’est pas que l’état d’Israël a mal évolué,
bien sûr qu’il a mal évolué,
mais je veux dire,
le génocide qu’on voit aujourd’hui,
il était inscrit dans l’Anakba de 1948.
Et il y a une continuité dans l’histoire.
Et c’est ça aujourd’hui aussi
qu’il faut déconstruire,
c’est-à-dire de dire que
c’est une erreur finalement
dans ce génocide.
Non, malheureusement,
les alertes, les alertes rouges,
elles étaient là depuis des décennies.
L’Anakba en était la première,
peut-être, de ces alertes.
Et en fait, ça a juste perduré dans le temps.
La colonisation a continué à s’accentuer
sans qu’il y ait aucune réponse internationale.
On en parlera,
on parlera du rôle de l’Union européenne tout à l’heure,
mais on en est aujourd’hui
au 18e train de sanction contre la Russie.
Donc, il y a eu une impunité
qui a permis ce génocide.
Et donc, nous,
on a fait partie de ces gens
qui avons alerté,
voilà, alerté il y a plus de 17 ans maintenant
de ce qu’était la vraie nature
de l’État d’Israël
et que ce n’était pas juste
un problème structurel des colonies, en fait.
Et alors, vous évoquiez le fait
qu’on vous regardait de travers,
on vous suspectait,
disons les termes, peut-être,
comme aujourd’hui de projet antisémite,
etc., j’imagine.
Pourtant, vous le faisiez
non seulement en fonction du droit,
mais dans un cadre légal, en fait.
Tout à fait.
Tout à fait.
Depuis le début, la campagne BDS,
elle s’inscrit vraiment
dans un cadre légal,
absolument légal, en fait.
Comme je le rappelais tout à l’heure,
les trois et seules revendications
de la campagne BDS,
c’est des résolutions des Nations unies.
Donc, il n’y avait rien
depuis le départ de choquant.
Au contraire,
au contraire,
c’était vraiment une campagne
non violente, du coup,
qui demande aux sociétés civiles
de prendre leurs responsabilités
face à ce qui était déjà
avant le génocide,
un apartheid,
un nettoyage ethnique
des Palestiniens en Cisjordanie,
un apartheid et un blocus
criminel dans la bande de Gaza.
Il faut quand même le rappeler qu’en fait,
qu’à Gaza,
90% de l’eau n’était pas potable
à Gaza avant le génocide,
qu’il y avait un blocus
qui empêchait
les malades du cancer
de se soigner à l’étranger
dans la bande de Gaza.
Donc voilà,
Gaza n’a jamais été protégée.
Au contraire,
ils ont été soumis
à un blocus criminel inhumain,
mais ça ne faisait pas
la une des médias.
C’est ça, la réalité.
Et vous utilisiez pour ça
des actions non violentes
qui ont été également menées
en Palestine.
On y reviendra.
Et pour autant,
je voudrais vous faire revenir
à la fois sur les actions
que vous meniez
et à la fois sur la criminalisation
de cette non-violence.
Parce que finalement,
je fais un petit
petite divulgation
de la suite de notre histoire,
mais vous avez été,
en tant que militant à BDS,
rapidement criminalisée,
y compris par l’État français.
Absolument, absolument.
Alors nous,
je pense qu’on a été
un peu le laboratoire
de la répression à l’époque.
En 2009,
quand on lance la campagne,
immédiatement,
mais je dis bien,
immédiatement,
on a fait en région parisienne
des premières grandes actions
avec des camarades.
Et en fait,
immédiatement,
on a eu des déclarations.
Alors à l’époque,
c’était Michel Alliot Marie
qui a lancé dans les mois
qui ont suivi
le lancement de la campagne,
une circulaire
demandant au procureur
de poursuivre
tous les militants
et les militantes
qui appelaient au boycott
d’Israël.
Cette circulaire,
elle était tellement
choquante, en fait,
et on avait tellement
l’impression depuis le départ
pour notre part
qu’on était face
à une instrumentalisation
de la justice qu’elle citait.
Elle citait pas, par exemple,
la Chine ou la Russie.
Elle citait dans les mots
l’État d’Israël,
dans la circulaire juridique,
je veux dire.
Donc il y avait vraiment
une instrumentalisation
de la justice
et dans une tentative
de criminalisation
finalement de la pensée politique
ou de l’opinion politique.
En fait, on était bien
dans une chasse aux sorcières
contre des militants
qui avaient une opinion
vis-à-vis de l’État d’Israël
et qui la mettaient
en application,
qui demandaient le boycott
et des investissements et sanctions.
Donc cette circulaire,
elle a été lancée.
Et malgré tout,
il y a eu,
pendant entre 2010 et 2020,
il y a eu plusieurs procès.
Et malgré tout,
on avait quand même des procureurs
qui faisaient,
qui relaxaient les militants
et les militantes.
Donc en fait,
même la justice dans sa,
on va dire dans les procès
qui ont eu,
dans la plupart des procès,
il y a eu des relaxes.
C’est important à souligner
qu’en fait,
malgré tout l’acharnement
judiciaire et malgré cette circulaire,
il y avait des procureurs
qui ont fait relax
des militants et des militantes.
Mais ce qui est intéressant
à souligner
et vraiment ce qui restera
dans l’histoire,
mais finalement,
il y a encore une continuité,
c’est que c’était le parquet lui-même,
alors que c’était les procès
venaient d’officines pro-israéliennes,
comme le BNCVA à l’époque,
la Chambre de commerce France-Israël
et d’autres groupes pro-israélien.
Donc on parle là
d’organisations franco-israéliennes
sur le sol français
qui portaient plainte contre vous.
Quels étaient les chefs d’accusation ?
Alors, il y en avait deux.
Le premier, c’était incitation
à la haine raciale.
Et le deuxième,
comme le premier n’a pas pris,
n’a jamais pris,
l’incitation à la haine raciale,
ça n’a jamais marché en termes…
Enfin, tous les juges ont pu voir
qu’en fait,
on était des militants antiracistes,
finalement, qui luttons
contre toute forme de racisme,
dont l’antisémitisme,
dont l’antisémitisme.
Et donc, ce qui est intéressant à rappeler,
c’est que c’est le parquet
qui faisait systématiquement appel
des décisions de relax.
Donc, il y avait une pression
très forte sur la justice,
déjà à l’époque.
Et puis, donc, il y a eu un cas,
c’était des militants
et des militantes à Mulhouse
qui avaient tout simplement
distribué un traque
devant un supermarché,
tout ce qu’il y a de plus classique.
Et ces militants se sont retrouvés
condamnés par la Cour de cassation
en 2015.
Et là aussi, on sait que,
enfin, tous les spécialistes
de la Cour de cassation
nous ont dit que ce n’était pas
une décision,
c’était une décision anormale.
Ils ont analysé le texte
de la Cour de cassation.
Il y avait des choses
qui n’étaient pas logiques
dans cette décision de point de vue
de ce que pouvait produire
habituellement la Cour de cassation.
Donc, évidemment, il y a eu un recours
qui a été porté à la CEDH,
la Cour européenne des droits de l’homme,
tout de suite après cette décision.
Et puis, finalement,
entre 2010 et 2020,
comme je le disais,
on était dans une situation de flou.
Et puis, il y a eu une juridiction,
une victoire finalement
pour le mouvement BDS
parce que le 11 juin 2020,
la Cour européenne des droits de l’homme
déclare que suite à cet arrêt,
le juge souhaite arrêt
et elle condamne la France
à payer 100 000 euros
de dommages et intérêts.
Et elle dit que le boycott
relève de la liberté d’expression,
l’appel au boycott d’Israël,
à partir du moment
où il ne s’accompagne pas
d’appel à la haine,
ce qui est exactement notre cas,
puisqu’on est des militants antiracistes
et que le boycott finalement
est protégé
par la liberté d’expression.
Donc, c’est une décision extrêmement,
un soulagement,
un grand soulagement
pour les militants
et les militants de la campagne BDS,
une décision politique
très importante.
Et puis, suite à ça,
les militants, ils décident
de retourner
dans les juridictions françaises
qu’ils les avaient condamnés.
Donc, ils commencent par la cour de cassation.
Et le 17 septembre 2023,
17 octobre, pardon,
je crois que c’est
en octobre 2023 en tout cas,
la cour de cassation
donne raison à la CEDH
et dit que le boycott
relève de la liberté d’expression.
Et ensuite, ces militants,
ils vont à la cour d’appel
de Paris en 2024
pour rejuger l’affaire également.
Et pareil.
Oui, parce que la cour de cassation,
elle ne juge pas sur le fond,
mais elle juge uniquement en droit.
Et donc, ils voulaient également
faire rejuger sur le fond
cette affaire qu’ils les avaient condamnés.
Et donc, la cour d’appel,
le 14 mars 2024,
la cour d’appel rend un arrêt
qui conforte l’arrêt
de la cour de cassation
et la vie de la CEDH.
Donc aujourd’hui, on peut dire
qu’il y a vraiment une jurisprudence
pour dire que le boycott,
l’appel au boycott d’Israël
est définitivement légal.
Et donc, malgré toutes les tentatives,
finalement, parce qu’il y en a eu beaucoup,
je passe sur les tentatives
du ministre,
enfin déjà de François Fillon à l’époque,
qui disait qu’on boycottait
des produits cachers
alors qu’il était écrit parfaitement.
Parce que, vous savez,
on a sur le site de la campagne BDS France,
on a l’appel et la charte
de la campagne BDS
qui disent ce que nous sommes
et ce que nous ne sommes pas.
Et donc, depuis le début,
les choses étaient très claires
et donc, on a eu des mensonges,
vraiment des mensonges
en disant qu’on boycottait
des produits cachers,
comme l’a fait François Fillon
ou d’autres personnalités.
On a eu des tentatives de Manuel Valls
de criminaliser notre T-shirt BDS,
alors qu’il était parfaitement légal.
Il y a écrit boycott Israël à part,
et ceci est une opinion politique.
Donc, on a eu toutes ces tentatives.
Et puis, ça fait partie d’une bataille juridique
qui n’est pas seulement juridique,
qui est aussi celle
d’une désintimidation constante
qui a duré 10 années
contre les militants de la campagne BDS.
Alors, aujourd’hui, on rentre
dans une autre échelle,
mais c’est pour ça que je disais
tout à l’heure qu’il y avait une continuité.
C’est parce qu’on est toujours
dans cette répression qui ne veut…
Ils n’ont pas réussi à cibler
spécifiquement la campagne BDS.
Du coup, c’est une attaque large aujourd’hui
contre l’ensemble du mouvement
de solidarité avec la Palestine
qui se mobilise contre
un génocide en cours à Gaza.
Et cette attaque large,
elle prend différentes formes
et notamment des plaintes
pour apologie du terrorisme
qui sont absolument scandaleuses
parce qu’en fait,
on a vraiment besoin d’une lutte
contre le terrorisme
et de voir cette lutte instrumentalisée
contre des militants et des militantes
qui sont simplement
solidaires du peuple palestinien.
C’est très grave.
C’est absolument grave.
Et il faut se mobiliser là-dessus
parce que, effectivement,
c’est des atteintes graves
aux libertés fondamentales
d’opinion, finalement.
Oui, on a des professeurs
d’université ou des étudiants,
des gens qui animent des revues,
des militants politiques,
d’organisations, de partis
qui sont systématiquement poursuivis.
Je suis un peu ces affaires
judiciaires françaises de loin,
malheureusement, étant pris
un peu plus par l’actualité
de la Palestine et du Liban
ces dernières années.
Mais est-ce que vous pouvez résumer,
parce que j’ai l’impression
aussi que systématiquement,
dès les premières instances,
ces gens-là sont relaxés
également, c’est-à-dire que
ne soient pas poursuivis du tout.
Il me semble que, par exemple,
pour Rima Hassan, qui fait l’objet
d’une pléthore de plaintes,
je crois qu’à 12 ou 13 ou 15,
je ne saurais dire,
j’ai relu quelque chose en diagonale
un peu dans la presse
suite à un complément d’enquête
qui était fait sur elle.
Elle a systématiquement
été relaxée.
Donc il n’y a absolument
aucune condamnation.
Et pourtant, j’ai l’impression
que les plaintes,
cette stratégie qui finalement
se résume un peu à celle
que vous avez subie depuis 2009,
mais qui va donc sur un autre terrain,
celui du terrorisme,
qui donne en plus
des possibilités juridiques
à l’État beaucoup plus grande
en termes de, par exemple,
d’enquête, de garde à vue,
de plein de choses,
mais qui, en plus,
est encore plus infamante
parce que c’est plus
tout à fait la même chose
d’être accusé de terrorisme
que d’être accusé de vouloir
simplement boycotter des produits.
Il me semble que vous pouvez me le confirmer
ou me l’affirmer qu’aujourd’hui,
la justice française,
comme dans le cas du boycott
sur ces questions de terrorisme,
relaxe systématiquement les prévenus.
Oui, bien sûr.
Il y a eu,
là aussi, il y a de la pression.
Il faut le souligner quand même.
On n’est pas dans une ou deux plaintes.
On est dans plus de 1000 plaintes.
On ne saurait pas chiffrer exactement.
Il y a eu 1000 procédures.
Plus de 1000 entre 1000 et 2000,
je n’ai pas le chiffre exact,
pour apologie du terrorisme.
Donc, ça prouve bien que
c’est une bataille contre,
enfin, c’est une lutte,
pas contre le terrorisme,
mais contre des idées
parce que la plupart des gens,
c’est pour des gens
qui avaient tweeté des choses.
Et dans la plupart des cas,
ce n’était absolument pas
un soutien au terrorisme.
Enfin, la grande majorité des cas, même.
C’est pour ça que ça nous alerte autant.
C’était des propos solidaires
du peuple palestinien
dans sa globalité.
Et qui n’avaient rien à voir.
Quand on regarde les faits précis,
on peut prendre,
on pourrait prendre des exemples précis,
mais il y a vraiment des choses
qui sont absolument choquantes
d’un point de vue de la liberté
d’expression.
Et on voit bien
n’importe quel juriste ou expert
voit bien que ça n’a plus rien à voir.
Quand des gens comme Mathilde Panot
se retrouvent poursuivis
pour apologie du terrorisme,
il y a un gros problème,
en fait, dans ce pays.
Et donc, effectivement,
la plupart des cas,
il y a eu des relax.
Et donc, dans les cas
où il n’y a pas eu de relax,
il y a eu des grosses pressions juridiques,
en fait, comme pour BDS.
Donc, on voit bien qu’on n’est pas
là dans un libre exercice
de la justice,
mais qu’on est là,
finalement, dans des entraves,
parce que ça a aussi
pour conséquence,
pas seulement d’entraver
les militants de la solidarité
avec le peuple palestinien,
mais aussi d’entraver la justice.
Parce que pendant ce temps-là,
la justice n’a pas les moyens
de faire des vraies enquêtes
sur des sujets
qui devraient la préoccuper.
Et donc, ce genre de plainte,
c’est vraiment un déni
de démocratie, finalement.
Et oui, il y a eu
la plupart de ces plaintes,
elles n’ont pas été suivies d’effets.
Il y a eu des relax,
des classements sans suite.
Et puis, on a découvert qu’on
sait que la FPS
et la Legal Team font un recours.
On déposait un recours
il y a près un mois
auprès de la CEDH,
la Cour européenne des droits de l’homme,
sur un cas précis
d’une plainte qui a été faite
sur Apologie,
avec la qualification
d’Apologie du terrorisme.
Donc, il y a un recours
qui est déposé à la CEDH.
Ça mettra peut-être plusieurs années.
Mais le plus important,
c’est toujours de rappeler
qu’on ne se laissera pas baigner.
On ne se laissera pas baigner.
On ne se laissera jamais baigner
sur l’expression de la solidarité
avec un peuple
qu’on veut faire disparaître,
qu’on est en train de faire disparaître,
en fait, en Palestine occupée,
en Cisjordanie, à Gaza.
Et que nous, on sera toujours là
en France, partout dans le monde,
pour rappeler qu’il y a ces crimes
contre l’humanité,
ces crimes de guerre,
ce génocide,
tant qu’il ne prendra pas fin.
Et pour rappeler qu’il faudra des sanctions
contre le régime d’Apartheid
et maintenant génocidaire d’Israël.
Donc,
ils cherchent à nous faire taire.
Ça, c’est une réalité.
Ils cherchent
à nous faire taire.
Et en même temps,
on voit les déclarations
encore il y a quelques jours.
C’était hier la déclaration de Macron
à l’ONU sur Gaza en disant
qu’il était triste.
En nous donnant une image de Gaza,
en fait, on a envie de lui dire
les Palestiniens n’attendent
pas de la compassion.
Ils n’attendent même pas
de l’aide humanitaire.
Ils attendent des sanctions.
Ils attendent.
Ils ne demandent pas la charité.
Ils demandent la solidarité
pour les sociétés civiles
et ils demandent aux Etats
de prendre leurs responsabilités
parce qu’on va le rappeler,
les Etats ont quand même
des obligations internationales
et notamment celle de prévenir
un génocide, comme l’a demandé
la Cour internationale de justice
en 2024.
Et donc aujourd’hui,
notre gouvernement ne respecte
même pas ces obligations
internationales
parce que s’ils les respectaient,
ils mettraient en place
immédiatement un embargo.
Donc, toutes ces déclarations
sur Gaza sont des écrans de fumée,
sont même cyniques, finalement.
Cyniques, à l’heure où
notre gouvernement,
on est en septembre 2026,
on en est, on va commémorer
les trois ans du génocide à Gaza
en octobre 2026.
Notre gouvernement n’a pas pris
la moindre mesure
pour sanctionner
le régime israélien.
Et donc, c’est aussi ça
que l’histoire va interroger
finalement, que l’histoire
va questionner,
parce que c’est un temps long.
Et donc, on a,
on a fait cette situation-là.
Donc, nous, tant qu’il le faudra,
tant qu’il n’y aura pas
de réelle sanction
contre le régime israélien,
on continuera à se mobiliser.
Peu importe.
Et je veux dire, la criminalisation
ne nous arrêtera pas
parce que, on sait finalement,
le droit international aujourd’hui,
les experts internationaux,
tout le monde a prévenu.
Il y a un génocide en cours
dans la bande de Gaza.
Et face à un génocide
et face à une épération ethnique
en Cisjordanie,
eh bien, on ne se tira pas,
on ne restera pas silencieux.
Oui, vous précisiez la position
cynique, ambiguë
et très ambivalente
du président Macron.
Je précise le même Emmanuel Macron
qui avait peu après le 8 octobre,
le 7 octobre débarqué à Tel Aviv
en proposant à Netanyahou
une alliance militaire
pour vaincre le Hamas,
comme il l’avait fait pour Daech.
De mémoire 1,
Israël ne participait pas
à une alliance militaire
contre Daech.
Elle a même factuellement
participé à sa prolifération,
notamment en Syrie.
Deuxièmement, il n’y a absolument
aucun lien entre Daech
et le Hamas à Gaza.
Je rappelle même que le Hamas
avait un programme
de déradicalisation
de militants qui pouvaient
se revendiquer de al-Qaïda
à l’époque dans la bande de Gaza
quand elle était sous
la mandature du Hamas.
C’est-à-dire qu’il n’y a pas de lien
entre les islamistes.
Ça serait dire que je ne sais pas.
Moi, il y a un lien entre De Gaulle
et Pétain en 41
parce que finalement,
les deux sont de droite.
Enfin, bon, ça revient à peu près
à nier l’histoire
et la réalité des choses.
Alors ce même Emmanuel Macron
essaie aujourd’hui de dire à Israël
qu’effectivement, ils vont trop loin.
Je lisais aussi les communiqués
du quai d’Orsay, disant
qu’il y a des méchants colons.
Sous-entendu, peut-être que s’il y avait
que des gentils colons,
ce ne serait pas un problème.
Ce n’est pas la colonisation
le problème.
Ce serait la méchanceté,
la dureté d’un régime.
Ça déviance à l’extrême droite.
Et vous rappeliez que, pardon,
la Cour internationale de Justice
a la différence parce que souvent,
on assimile le génocide
à juste titre,
à ce qu’on n’a pas vécu,
mais qui est très ancré
dans nos mémoires à nous,
en Europe.
C’est-à-dire le low cost
des juifs par le régime nazi.
Et donc, peut-être qu’on se réfère
à une solution titre Nuremberg,
c’est-à-dire la chose va avoir lieu
et la justice passera après.
Or, la Cour internationale
résume l’inverse et dit
non, non, il faut que les Etats
préviennent pour empêcher
et que l’empêchement
commence à partir du moment
où il y a une intention
de vouloir commettre ce génocide.
Et c’est là-dessus que
vous faisiez référence
à ces quelques hommes politiques
ou membres d’organisations
ou journalistes tout simplement
qui refusent d’employer
le mot génocide parce que
à tort juridiquement
et philosophiquement,
ils se réfèrent à une sorte
de mécanisme comme ça.
Quelqu’un va décider après coup
si oui ou non,
on pourra mettre dans la balance
un peu des arguments
et savoir si oui ou non
il y a eu génocide.
Or, c’est tout l’inverse,
le génocide est matérialisé
à partir du moment
où il y a une intention.
Et les Etats, vous le rappeliez,
doivent tout mettre en place.
BDS fait finalement
concrètement quoi
pour essayer d’obliger,
par exemple, l’État français
à prendre sa part
dans cette action de prévention
de ce génocide en cours ?
Et bien, en fait,
c’est important que vous soulignez.
Effectivement,
la Cour internationale de Justice,
elle a dit en 2024,
on considère qu’on a assez
d’éléments pour appeler
les Etats à prévenir
un risque de génocide.
Ça, c’était déjà en 2024.
On est déjà,
on est maintenant en 2026.
Il y a eu entre temps la famine.
Tous les faits sont
parfaitement documentés.
Les faits se sont aggravés.
On estime dans un chiffrage
très largement sous-documenté
le nombre de personnes assassinées
dans la bande de Gaza.
Aujourd’hui, le nombre officiel
est 73 000
Palestiniens et Palestiniennes,
près de 200 000 blessés.
Et tous les experts,
je dis bien les experts
qui documentent cette situation
disent que c’est au moins le triple.
Quand on aura un accès,
la bande de Gaza sera ouverte
parce qu’il faut quand même rappeler
dans tout ça que la bande de Gaza
est fermée aux journalistes
aujourd’hui,
aux journalistes,
aux chercheurs, à l’ONU,
à tout le monde,
aux humanitaires,
à tout le monde.
Et qu’en fait, on estime
à au moins le triple
donc de personnes assassinées
dans la bande de Gaza.
Et finalement, c’est ça,
c’est-à-dire qu’on a eu
une interview assez scandaleuse.
C’était Emmanuel Macron sur TF1
qui disait,
je ne suis pas historien,
je ne peux pas,
je ne peux pas dire
que c’est un génocide.
Et ça, ça intervenait,
il faut quand même le souligner
après qu’Amnesty International
et toutes les ONG
est statuée
et tous les experts internationaux
que c’était un génocide.
Et en fait,
il nous fait croire,
on nous fait croire
que cet historien
me jugeait si un génocide
mais il faut quand même rappeler
que la qualification de génocide,
c’est une qualification juridique,
exactement comme l’est l’apartheid.
Et donc finalement,
ce qu’on peut constater,
c’est que ce refus
de se positionner
sur le mot génocide,
c’est aussi un refus d’agir
pour prévenir ce génocide.
Donc en fait,
parce que le simple fait
de reconnaître
qu’il y a un génocide en cours
obligerait le gouvernement
à agir,
à mettre en place des mesures.
Et effectivement,
le problème, c’est pas les colons,
seulement les colons en tout cas
et la colonisation
des territoires palestiniens.
Et c’est pour ça
que je parlais tout à l’heure
d’un cynisme,
mais on peut aussi
qualifier ça d’hypocrisie
parce que pendant ce temps-là
qu’on cible sur ces colons,
bien sûr,
ces colons sont criminels,
ces colons sont des fanatiques
extrémistes
qui devraient être mis
hors d’état de nuire
le plus rapidement possible.
Mais on protège
pendant ce temps-là
le régime génocidaire
qui a mis non seulement
en place ces colons,
mais qui les protègent
et qui les arment.
On a vu pendant le génocide à Gaza,
Itamar Ben-Gvir
allait donner,
distribuer des armes lui-même
aux colons israéliens
en Cisjordanie occupés.
Donc en fait,
tant qu’on ne s’intéressera pas
et qu’on refusera de reconnaître
que pour arrêter ce carnage
en Cisjordanie et à Gaza,
il faut punir,
il faut mettre
hors d’état de nuire
le régime qui permet
ces massacres,
eh bien, on continuera le statu quo.
Et c’est exactement
ce qu’est en train de faire
le gouvernement français.
Ces mesures,
déjà, il faut souligner
que les mesures,
la procédure de demande,
comment dire,
d’arrêt du commerce des colonies
avec les colonies,
ce sont pour l’instant des mesures
et on attend qu’elles
soient suivies des faits.
Pour l’instant,
elles ne sont pas,
c’est des annonces.
Et deuxièmement,
elles sont largement insuffisantes
parce qu’il faut accompagner ça
pour arrêter en tout cas
ou en tout cas mettre
un vrai levier de pression.
Il faut que la France
intervienne plus fort
pour demander la suspension
de l’accord d’association
entre l’Union.
Qu’est-ce que c’est
vous pouvez expliquer ?
On évoque souvent
cet accord d’association
et j’ai l’impression
qu’il n’est jamais
réellement explicité
dans le Média.
Cet accord d’association,
il a été mis en place
pendant les années 2000.
Donc, si on fait le…
Si on reprend le contexte
pendant les accords d’Oslo
où tout le monde…
où la colonisation s’accélérait
mais que tout le monde pensait
qu’il y allait avoir
un processus de paix
et donc que cet accord,
il a été en place
dans cette période-là.
C’est un accord…
Pour moi, c’est l’accord
qui révèle le plus
la complicité finalement
parce que c’est un accord
d’association qui donne
à Israël,
alors qu’il n’est pas
membre de l’Union européenne,
des avantages extrêmement,
extrêmement forts
et notamment cet accord
d’association entre
l’Union européenne et Israël,
c’est un accord
d’échange commerciaux
de produits, de services
et qui a été chiffré
en 2025
à 43 milliards d’euros.
Entre Israël
et l’Union européenne.
L’Union européenne.
Il faut quand même souligner
que l’Union européenne
est le premier
partenaire commercial d’Israël.
C’est vraiment très important
avant même les États-Unis,
même si les États-Unis
sont le plus gros fournisseur
d’armes.
Pour l’instant, on parlera
tout à l’heure de l’armement.
Mais donc, c’est
je ne vais pas dire
que cette suspension,
elle aurait arrêté le génocide,
mais ça aurait été un énorme
levier de pression.
Ce génocide, il dure
depuis trois ans.
Cet accord
entre l’Union européenne
et Israël,
il est conditionné
dans sa clause numéro 2
au respect des droits humains
par Israël.
Donc tout le monde,
eux-mêmes, l’Union européenne,
elle-même, le Parlement
européen a délibéré
encore il y a quelques mois
en disant que Israël
ne respectait pas cette clause.
Pour autant, cet accord,
il est toujours en cours.
Ils n’ont toujours pas
imposé de sanctions.
Il y a des États qui bloquent,
mais il n’y a pas
de mécanismes forts
de gouvernement de l’Union
au sein de l’Union européenne
pour, par exemple,
poser la question
à travers un vote
ou en tout cas mettre en place
des mécanismes
même nationaux,
quand bien même
le mécanisme européen
serait bloqué
par quelques États,
il y aurait des mécanismes
à mettre en place en France.
Et je le redis
parce que c’est important
de le redire.
La suspension
de des mesures
qui soient prises aussi
contre les Franco-Israéliens
qui vont servir
dans l’armée israélienne.
Ils sont aujourd’hui à l’heure
où on se parle
parfaitement impuni.
Il y a des soldats génocidaires
qui vont
combattre
à Gaza
et qui ne compagnent pas.
On parle de combien de personnes
exactement ?
Vous avez des chiffres ?
On estime à environ
6000 le nombre de soldats
Franco-Israéliens.
Donc, c’est un chiffre
pas négligeable.
À l’heure où on n’arrête pas
de rabâcher la lutte
contre l’apologie du terrorisme.
Là aussi, on voit bien
qu’il y a un billet quelque part.
Il y a une hypocrisie.
Il y a une incohérence.
Il y a un vrai problème
à porter plainte
contre des militants
qui expriment une opinion
politique et puis d’autres
qui font des faits précis.
C’est à dire
qu’ils vont participer
à commettre
un génocide dans la bande de Gaza
et qui ne sont pas inquiétés
par la justice française
aujourd’hui.
Et puis,
ce gouvernement pourrait mettre en place
encore une fois un embargo
sur les armes.
Alors oui,
on ne va pas se mentir.
Le montant n’est pas le plus élevé
d’Europe ou même du monde.
On estime à environ
20 millions d’euros
le montant d’échanges militaires
entre la France et Israël.
Mais c’est parfaitement
ça relève d’une complicité.
Ça relève d’une chaîne complice.
Le fait que dans nos ports,
on continue d’envoyer des munitions
d’armement à destination d’Israël.
Il y a cette complicité-là
et il faut y mettre fin.
Et c’est pour ça qu’il y a
un mois d’action
qui va être organisé en octobre,
tout le mois d’octobre
pour faire en sorte que
dans nos facs,
dans nos universités,
dans les ports,
on se mobilise,
on met en place des actions
avec les syndicats,
avec les groupes militants,
avec les partis politiques.
On s’organise dans ce mois d’action
pour faire en sorte que
de briser la chaîne de la complicité
ou en tout cas de la visibiliser.
Parce qu’il est grand temps
que la France
mette en place un embargo sur les armes,
comme l’a fait l’Espagne,
comme l’ont fait d’autres pays.
Alors aujourd’hui,
il y a eu un changement
du gouvernement colombien,
mais le gouvernement,
l’ancien gouvernement colombien,
aujourd’hui, malheureusement,
c’est l’extrême droite
qui a pris la main au pouvoir.
Mais avant ça,
le président colombien
avait imposé un embargo
à destination du charbon,
à destination d’Israël.
Et c’était extrêmement important
parce que toute cette chaîne-là
alimente, apprivoisionne
le génocide à Gaza.
Donc c’est tout ça
contre lequel on doit lutter.
On doit pousser notre gouvernement
à agir plus
pour faire en sorte
que nous ne soyons pas complices,
que nous, je le répète,
pas que notre gouvernement,
que nous,
que la société civile française
ne soit pas complice
de ce génocide
et de ces crimes en Cisjordanie.
Je suivais un peu
le salon du Bourget et autres
sur lequel c’est,
dont je précise à nos auditeurs,
qui ne seraient pas du tout
liés au monde de l’armement.
Il y a un grand salon annuel
de l’armement
et des technologies militaires
et sécuritaires en France.
Et au dernier moment,
on a empêché
dans une sorte de camoufler
pour Israël,
mais relatif.
Je ne pense pas
que ça empêchait les contrats,
mais on leur a empêché
d’exposer sur les stands
tout matériel offensif.
Donc ils avaient le droit
de présenter uniquement
du matériel de défense.
On sait que la France
et l’Europe, en général,
achètent énormément
d’une part de logiciels,
mais également de drones,
notamment de drones
de reconnaissance,
d’observation,
mais également de drones
de combat
sur lesquels les sociétés
israéliennes
sont très en avant,
sont très en avant aussi
parce que par la violation
du droit international,
elles peuvent permettre
à ces drones de faire
tout un tas de choses,
notamment avec l’intelligence
artificielle.
Mais vous précisiez,
vous parliez de munitions.
La France, elle,
vend des supports de cartouches
pour mitrailleuses.
C’est ça, si je me trompe pas.
Et est-ce qu’on peut
revenir rapidement
sur ce dossier ?
Absolument.
Donc en fait,
il y a des entreprises,
on va les citer,
Eurolinks,
dans le Sud de la France,
qui continue de produire
des munitions et d’envoyer
à destination d’Israël.
Et donc, tout ça,
c’est permis
parce que le gouvernement
le permet.
Et donc,
on a eu, comme vous le disiez,
le salon Oro Satori.
Nous, ABDS Paris,
région parisienne,
on était mobilisés
aux côtés d’autres acteurs,
des collectifs
Guerre à la guerre,
Stop Arming Israël et d’autres,
devant le salon Oro Satori
en juin dernier.
Parce qu’en fait,
là aussi, il y a vraiment
une hypocrisie.
On va dire les choses,
on va dire les termes
parce qu’il y avait 28…
Ils ont interdit,
ils ont autorisé…
Ils ont interdit, pardon,
12 entreprises israéliennes
sur les 28 qui étaient annoncées.
Et en fait,
parmi ces 12 qui étaient présentes,
il y avait Elbit System.
Elbit System,
c’est la principale société
d’armement israël.
80% des armes fabriquées en Israël
sont produites par Elbit System.
Donc, je ne sais pas
si vous mesurez.
Et ça, par exemple,
cette entreprise-là,
elle était autorisée.
Elbit System est accusée
d’avoir utilisé
du phosphore blanc
contre la population
civile à Gaza.
Donc, bien sûr,
c’est absolument scandaleux.
Et ça, ça révèle aussi
le sentiment de poids,
de mesures et de sentiments,
surtout que ce n’est
pas assez parce que, bien sûr,
on peut se réjouir
qu’il y a des entreprises
israéliennes qui étaient interdites,
mais on ne peut pas se réjouir
que des entreprises
militaires israéliennes,
comme Elbit System,
aient pu encore une fois
être autorisées au salon du Bourget.
Et l’argument utilisé,
c’est qu’ils interdisent
les armes
offensives, en fait.
Et donc, ils autorisent
que des protections
pour le dôme de fer, par exemple.
Ils autorisent que le défensif,
l’envoi du matériel défensif.
Sauf qu’en fait,
il y a une entreprise d’armement,
c’est une entreprise d’armement.
Une entreprise d’armement,
elle fait toutes sortes de matériel.
Il ne peut pas y avoir
de distinction entre du défensif
et du matériel utilisé
à commettre des massacres
sur une population civile.
Ça n’existe pas
ce genre de différenciation.
Donc, l’argument du gouvernement
est absolument indécent,
absolument scandaleux
et n’est pas, encore une fois,
à la hauteur de ses obligations
internationales.
Mais ils jouent sur,
ils utilisent l’argument
effectivement du défensif,
alors qu’on le sait,
il n’y a aucune possibilité
de ces munitions.
Elles vont bien servir
contre eux.
Elles sont évidemment commandées
en temps de génocide.
Et donc, ce n’est pas possible
de mener des enquêtes
pour savoir comment seront utilisées,
comment fonctionne
telle ou telle entreprise d’armement.
Et c’est absolument ça
qu’on dénonce.
Et encore une fois,
le gouvernement ne ferait pas
un geste de bonne volonté
en mettant en place cet embargo.
Il respecterait juste
ses obligations internationales
puisque les États
ont l’obligation d’agir.
Et concernant la Cisjordanie,
puisque là, on a vu les annonces
il y a quelques semaines
sur l’annonce de Jean-Noël Barreau
qui a dit qu’il allait
mettre en place des mesures
sur les produits de Cisjordanie,
eh bien là encore,
on a la Cour internationale de justice,
toujours cette même cour
qui, rappelons-le,
est la plus haute
juridiction internationale
qui demande aux États, je cite,
de ne pas prêter assistance
à des situations de maintien
d’Israël dans le territoire
palestinien occupé.
Donc là aussi,
c’est des recommandations.
C’est vraiment aux États.
Ce n’est pas le gouvernement
qui ferait des gestes
de bonne volonté.
C’est qu’aujourd’hui,
la Cour est en train de dire
qu’en fait, les États
ne prennent pas
leurs responsabilités
et leur demandent d’agir.
Et c’est tout ça
qui n’est toujours pas mis en place
et c’est contre ce
sur quoi on se mobilise.
Et quelles sont ces sociétés
qui, en Cisjordanie,
sont finalement visées
par cet arrêté
ou cette décision
de la Cour internationale
de justice ?
Alors, il y aurait beaucoup
de sociétés d’entreprises,
mais au-delà de ça,
c’est ce que d’ailleurs
c’est un des manquements
de cette annonce
de Jean-Noël Barreau
qui ne parle que des produits
ou des entreprises.
Il y a aussi les biens,
les services qui ne sont pas
mentionnés dans ces sanctions
dont on attend par ailleurs
de voir le résultat.
Je pense par exemple
à Airbnb ou Booking.
Airbnb ou Booking
proposent aujourd’hui
en toute impunité
des logements
dans les colonies israéliennes.
C’est pour ça qu’on appelle
au boycott,
entre autres,
d’Airbnb et Booking aujourd’hui
parce que ces deux entreprises,
malgré toutes les démarches,
il y a eu des démarches
aussi militantes et juridiques,
il y a eu un appel au boycott,
elles continuent.
Aujourd’hui, on peut
en toute tranquillité
sur Booking.com
commander un logement
en Cisjordanie occupée
chez Descolon.
Donc c’est aussi ça,
tirer profit de l’oppression
du peuple palestinien,
c’est aussi ça.
Donc c’est tout ce sur quoi
on va effectivement
établir des mécanismes de…
On établit des campagnes
de boycott aussi
dans ce cadre là,
mais il y a toute
une série d’entreprises
qui vont ou qui sont déjà
ciblées, et je pense
notamment à Carrefour,
on y reviendra peut-être
Oui, on peut l’aborder
tout de suite.
Je sais que Carrefour
donc fait l’objet
d’une campagne très grande
dans le monde entier,
parce que j’ai découvert
ce boycott de Carrefour
dans des vidéos qui venaient
du monde arabe,
où il y avait donc des filiales,
enfin des Carrefour
qui étaient ouverts
et qui étaient vides
et les gens se filmaient
au départ de cette campagne
génocidaire israélienne à Gaza.
Carrefour,
donc quelle est son histoire
avec finalement l’État israélien
et la Cisjordanie ?
Alors, il y a eu un rapport
en 2022 qui s’appelle
un rapport qui est sorti
par la FPS
et différents syndicats
comme Solidaire et la CGT,
qui s’appelle
les Lisons dangereuses
de Carrefour
avec la colonisation israélienne
et qui documente le fait
que Carrefour a conclu
un partenariat
avec deux entreprises israéliennes
Electra, Consumer, Product
et Yenad Bitaan
qui sont toutes les deux
gravement actrices
dans la colonisation
des territoires palestiniens occupés.
Et donc, ça fait plusieurs années
qu’on a lancé une campagne
en direction de Carrefour.
On appelle nous
au boycott de Carrefour aujourd’hui
et on a découvert
que pendant le génocide,
donc au lieu de prendre en compte
vraiment
les juridictions internationales,
les pressions des sociétés civiles,
le mouvement BDS,
Carrefour a intensifié
son partenariat
avec la colonisation
puisque, en fait,
on a découvert
que huit magasins franchisés,
dont deux sous-enseignes Carrefour
avaient ouvert
pendant le génocide.
On a découvert
que Carrefour Israël
avait conclu un partenariat
avec le gouvernement israélien
à hauteur de 15 millions d’euros.
Donc, c’est extrêmement grave
en termes de complicité.
Quel est l’objet de ce contrat?
Parce qu’on entend souvent
que telle entreprise
a des contrats
avec l’armée israélienne, etc.
C’était un sponsor économique,
un sponsor avec Carrefour Israël.
Il n’empêche que,
comme d’habitude,
Alexandre Montparc,
qu’on a interpellé là-dessus,
nous dit non,
mais on l’avait interpellé
parce que, en fait,
tout était parti aussi.
En tout cas,
ce qui avait permis
aux gens de comprendre
un peu la campagne Carrefour,
c’est l’histoire des pani repas
des soldats génocidaires.
Carrefour Israël
avait distribué des panis repas
aux soldats génocidaires
dans la bande de Gaza
en octobre 2023,
pendant, au début du génocide.
Donc, à l’époque,
ils nous avaient répondu
que c’est Carrefour Israël
qui avait fait ça.
Donc, en fait,
aujourd’hui, la complicité,
elle continue.
Et c’est vraiment très important
d’intensifier cette campagne BDS
en direction de Carrefour.
C’est vraiment
notre cible prioritaire.
J’invite toutes celles
et ceux qui nous écoutent
à ne pas sous-estimer le fait
de ne plus aller faire
leur course à Carrefour.
C’est vraiment très important
parce que ça touche
à la complicité.
Ça touche vraiment
Carrefour est aujourd’hui
complice de la colonisation
des territoires palestiniens
et complice de la politique
du régime génocidaire israélien.
Et il ne faut pas sous-estimer
ce qu’on fait.
On a appris qu’en 2025,
Carrefour avait perdu
56% de ses bénéfices nets.
Alors, bien sûr,
il y a d’autres facteurs.
On ne va pas se mentir.
Il y a d’autres facteurs
qui font que Carrefour a perdu.
Mais notre pression
est très importante.
Notre pression populaire
paye et elle est très importante.
Et c’est important
de l’intensifier.
Carrefour fait l’objet
d’une campagne internationale
dans les pays arabes.
Il y a le partenaire historique
de Carrefour en Jordanie
qui s’appelle Majed El Foutaïm
qui a rompu son partenariat
dans d’autres pays également.
Donc, c’est très important
de continuer ces campagnes
de boycott en direction de Carrefour.
Et en dehors de Carrefour,
que vous avez évoqué là,
quels sont les succès de BDS ?
À quel moment
soit vous clôturez un dossier
parce que l’entreprise
ou la situation et
vous avez réussi à mettre fin
à une situation ou à un contrat,
par exemple.
Est-ce que c’est
des petites victoires
ou est-ce que vous avez conscience
que parfois vous avez vraiment
fait reculer cet hydre ?
Alors, on ne peut jamais être
vraiment satisfait
parce qu’évidemment,
ça va beaucoup trop lentement
pour un génocide.
Nos actions, en fait,
évidemment, elles sont limitées
parce qu’on est dans un contexte
de criminalisation,
on est dans un contexte où
on n’a pas le pouvoir
qu’ont nos gouvernements.
Et donc, mais pour autant,
on a mené plusieurs mobilisations
qui ont porté leurs fruits.
Je pense, par exemple,
le dernier exemple en date,
c’était un peu le Tour de France
où ça fait plusieurs années
qu’on se mobilise
contre le Tour de France.
Et on a appris qu’en fait,
cette année,
l’équipe israélienne,
Israël Premier Tech
n’a pas concouru
ou n’a pas participé
sous le maillot Israël.
Et ça, ça fait suite
à une mobilisation
de plusieurs années en France,
mais aussi dans plusieurs
autres pays.
Et je pense aux camarades,
aux camarades extraordinaires
espagnols en Espagne
qui se sont mobilisés
lors de la vuelta,
qui ont vraiment fait
des actions spectaculaires
contre la présence d’Israël.
Et tout ceci,
toutes nos mobilisations
ont conduit au fait
qu’Israël aujourd’hui,
il n’y ait plus de présence
de l’équipe israélienne.
Évidemment, il faut quand même
rappeler que ce n’est pas
les sportifs en tant que tels
dont on appelle au boycott.
C’est l’État d’Israël,
c’est la visibilisation.
Le propriétaire
de cette Israël Premier Tech
revendicait qu’en fait
il voulait être
l’ambassadeur d’Israël.
Ces mots, ces termes,
ils se revendiquaient
comme un ambassadeur,
un fier ambassadeur
du régime génocidaire.
C’est cette instrumentalisation
du sport, de la culture,
de l’universitaire
qui font qu’on mène
ces campagnes-là.
Et ce n’est pas,
comme ça a été dit parfois
pour caricaturer
la campagne BDS,
on ne mène pas des campagnes
en direction des individus.
Nous, on est une campagne
éthique, on ne mène pas,
on ne vise pas des personnes
en tant que tels,
qu’elles soient israéliennes
ou autres.
On mène des campagnes
en direction du régime
génocidaire aujourd’hui.
Et donc, ce régime génocidaire,
il s’exprime aussi
à travers ses équipes,
ses équipes sportives,
ses artistes internationaux,
ses institutions culturelles.
Et donc, c’est contre ça
qu’on se mobilise.
Donc, c’est vraiment important.
Et on parlait du culturel.
On était quand même
contents d’apprendre
lors de la dernière édition
de l’Eurovision
qu’ils avaient eu
35 millions de vues en moins.
Ça aussi, c’est une victoire
du mouvement BDS.
On a lancé de grandes campagnes
d’appels au boycott
de l’Eurovision
avec la participation d’Israël.
Et en 2025, il y a eu 35 millions
de vues en moins.
Donc, je pense que c’est
c’est très intéressant de savoir.
Et c’est important aussi
de parler de l’opinion,
comme on dit l’opinion
à la société civile,
parce qu’en fait, en France,
en tout cas,
je sais qu’il ne faut pas faire
forcément confiance au sondage.
Mais moi, je me réfère toujours.
Il y a un sondage
qui me paraît quand même important.
Il est sorti en mai 2025.
C’est un sondage d’Odoxa.
Et ce n’est pas pour la campagne
BDS qu’il est sorti.
Ce n’est pas pour la gauche même,
c’est pour public Sénat
et qui documente le fait que
61% des Français
et des Françaises
s’expriment pour des sanctions,
sont pour des sanctions
à l’endroit d’Israël.
Et ce chiffre montre à 74%
si Israël continue
ne met pas fin au massacre à Gaza.
Donc, 74% aujourd’hui
de personnes favorables
à des sanctions,
ça donne un indicateur
et ça donne aussi un indicateur
du décalage
entre la société civile
et le gouvernement, finalement.
Donc, c’est vraiment intéressant
aussi de comprendre qu’aujourd’hui,
d’ailleurs, ça le prouve aussi par
je trouve par le développement
aussi des organisations
qui rejoignent la campagne BDS.
On a des partis politiques
majeurs de la gauche
qui nous ont rejoints.
On a les jeunes écologistes
qui vont nous rejoindre
dans quelques semaines,
l’Union étudiante.
Il y a un vrai élargissement
de la gauche,
aujourd’hui des progressistes
dans ce pays,
à s’emparer de la campagne BDS
parce que, finalement,
c’est l’un des seuls moyens
aujourd’hui à notre disposition
en France
de pouvoir agir
en solidarité effective.
Effective parce que rappelons-le
et rappelons-le toujours,
les Palestiniens
ne demandent pas la charité.
Ils demandent la solidarité.
Et la solidarité,
ça passe aussi par respecter
leur forme de solidarité
de ce qu’ils demandent
aux sociétés civiles.
Et aujourd’hui,
ils nous demandent d’intensifier.
Il y a eu encore
une délégation de solidaires
il y a quelques semaines
en Cisjordanie occupée.
Et en fait,
tous les Palestiniens
qu’ils ont rencontrés,
ils leur disaient
une seule chose,
s’il vous plaît,
intensifier la campagne
Boycott des investissements
sanctions.
Et c’est ce qui fait quelque part
la richesse de la campagne BDS
et la force de la campagne BDS.
C’est que tous les Palestiniens
nous demandent
sont d’accord,
à part bien sûr,
il existe bien sûr
des associations
qui sont encore
pour, voilà,
qui sont corrompues
ou qui demandent,
qui ne demandent pas
les justes droits
du peuple palestinien.
Mais tous les Palestiniens
qu’on peut voir
en Palestine occupée
nous demandent d’intensifier
ces campagnes-là
qui sont notre seul,
l’un des principaux outils
de solidarité aujourd’hui
avec le peuple palestinien.
C’est cette campagne BDS.
Donc elle se renforce
dans l’opinion,
elle se renforce
dans les organisations
et c’est important aujourd’hui
de faire en sorte
qu’elle puisse aussi
avoir des leviers
sur les décideurs,
les décideurs politiques,
les décideurs aussi
en termes
au niveau des entreprises.
Et c’est pour ça
qu’on se mobilise aussi
contre ces entreprises-là.
Pour leur dire
vous ne pourrez
vous ne pourrez plus
faire ça en cachette.
Et c’est intéressant,
tout à l’heure,
on parlait des rapports,
le rapport,
la lison dangereuse
des Carrefour
avec la colonisation israélienne.
C’est des rapports
économiques, tout ça,
où en fait,
nous, on fait appel
avec d’autres groupes
à des organismes
de recherche économique
que je pense à ProfondO,
qui est un organisme
de recherche basé
aux Pays-Bas,
qui a documenté, par exemple,
en termes financiers,
je ne parle même pas
des termes
en termes financiers,
les complicités
des banques israéliennes.
Il y a un rapport
qui a été fait aussi
par Don’t Buy Into Occupation
aussi.
Et c’est des rapports
donc qui documentent
de manière économique
les complicités
qui ont pu rappeler
que la BNP, par exemple,
avait conclu,
avait fait un prêt
à Elbit Systems,
à hauteur,
Elbit Systems,
c’est l’entreprise militaire
dont on parlait tout à l’heure,
à hauteur de 91 millions d’euros
pendant le génocide
dans la bande de Gaza,
entre autres complicités.
C’est pour ça qu’avec
avec différents groupes,
on appelle,
on a lancé une campagne
qui s’appelle Banque Complice,
où on appelle à rompre
les complicités.
J’ai l’impression,
effectivement,
que ce que vous dites là
résume bien la situation.
Et pour moi, elle est à la fois
positive et très négative,
malheureusement,
déjà parce que le génocide
continue.
J’ai l’impression,
par exemple,
que la branche la plus centriste
de la gauche française,
notamment,
mais également européenne,
vous rejoint.
J’ai l’impression
que le PS n’était pas du tout,
par exemple,
sur ces positions-là
en début 2000,
quand vous avez fondé BDS
et que vous avez subi
une pression policière
et judiciaire.
Je n’ai pas l’impression
que c’était la position,
notamment sur la fin
des accords d’association.
J’ai l’impression
que vous militez très seul
contre vans et marées
et que, y compris,
les gens au pouvoir
refusaient d’entendre
ces propos
qui sont en train
de s’approprier aujourd’hui.
J’ai l’impression
que là-dessus,
c’est un vrai échec
pour Israël.
Israël avait clairement ciblé
BDS comme l’un des dangers,
notamment sur le boycott
qui est économique,
mais sur le boycott culturel.
Je précise qu’au départ
de son existence,
l’État d’Israël est incorporé,
par exemple,
au championnat asiatique.
On s’en rappelle peu,
mais les premières compétitions
de foot, de judo,
de différents sports
dans lesquels les Israéliens
pouvaient être assez doués,
par ailleurs,
devaient se faire
dans la Confédération Asiatique,
et qu’à l’époque,
un grand nombre de pays asiatiques
les boycottaient
et donc ils se retrouvaient
à être dans l’incapacité
de faire ces jeux avec eux,
et donc ils ont été incorporés,
je ferai peut-être un épisode là-dessus,
dans la Confédération Européenne.
Bon, ça peut paraître assez étrange,
mais c’est comme ça,
ils ont été découpés
du continent asiatique
pour se retrouver avec l’Europe.
Donc c’est pour ça qu’il y a l’Eurovision,
qu’ils sont au championnat d’Europe
de foot, de basket, de judo,
de natation, etc, etc.
Et que vraiment,
j’avais cette impression-là
que quand on regardait
la doctrine d’Israël,
c’était pas seulement sa doctrine militaire,
mais sa doctrine en tant que
d’affrontement avec
les grands périls qu’elle courait,
c’était pas seulement
les missiles iraniens par exemple,
mais BDS faisait partie de ça.
Sur ce point de vue-là,
depuis le génocide,
BDS a gagné.
C’est-à-dire que,
vous le disiez,
il n’est plus possible
de faire un tour d’Espagne,
la Buelta avec une équipe israélienne.
Cette équipe-là avait perdu
ses sponsors au fur et à mesure
de la campagne,
c’est-à-dire que le sponsor vélo se retirait,
des gens ne voulaient pas
signer avec l’équipe, etc, etc.
Enfin, c’était un bazar sans nom.
Donc là-dessus,
j’ai une impression qu’on
vous avez participé à cette victoire.
Malgré tout,
comme dans tous les génocides,
j’ai l’impression
ce qui va être persistent,
c’est l’existence de ce génocide
et en parallèle,
l’existence de la négation
de ce génocide.
Et ça, je trouve ça terrible
parce que j’ai l’impression
que les gens qui vous poursuivent
aujourd’hui sont des gens qui,
en plus, c’est terrible
parce que par leur histoire
familiale, culturelle, etc.
Je pense à une émission
que j’ai regardée avec
Alain Finkelkraut,
où il disait oui, mais il n’y a pas,
il y a toujours deux millions
de Palestiniens vivant à Gaza,
donc ce n’est pas un génocide.
J’avais beaucoup travaillé
au cours de mes études
sur la négation du génocide juif
et où les gens,
pareil, contestaient des chiffres,
en fait, commençaient à dire
mais regardez, Simone Vail
est toujours vivante.
Oui, non, mais attendez,
évidemment qu’il y a des gens
qui ont survécu,
évidemment que ça n’a pas
tué tout le monde.
Et heureusement,
mais ça en a quand même tué
un nombre inconsidérable.
Et combien même ?
Ça n’en aurait tué
que beaucoup moins.
La question n’est pas là.
L’intention était là.
C’est-à-dire que
et j’ai l’impression qu’on est
et j’aimerais terminer là-dessus
sur à la fois une victoire
de BDS qui s’est mondialisée,
qui est en train de…
Je ne pense pas qu’aujourd’hui,
mise à part dans quelques domaines
qui vont rester très flou,
très le bancaire, par exemple,
le militaire sur lequel
il est facilement,
il est très difficile, pardon,
d’avoir accès à des contrats,
à des choses sur le reste,
sur la culture, sur l’économie
au sens propre,
au carrefour, etc.
J’ai l’impression que BDS
va balayer la présence israélienne
et que ça va être très compliqué.
Mais malgré tout,
dans la conscientisation
et dans la représentation
de ce qu’est le génocide
en Palestine,
j’ai l’impression qu’on a encore
en fait, il y a une ligne
de fracture très forte
dans la vie politique
et médiatique européenne
ou française.
Je ne parle pas de l’Allemagne
et de ces pays-là,
mais concentrons-nous déjà
sur le cas de la France.
J’ai l’impression que là,
par contre, sur la question
du génocide, etc.,
là, pour le coup,
cette militance-là a perdu,
si je puis dire,
en tout cas, momentanément.
Oui, tout à fait.
C’est-à-dire que,
pour être tout à fait honnête,
on est quand même dans
une situation d’impuissance
aujourd’hui.
En fait, on agit, bien sûr,
parce qu’il ne faut pas
baisser les bras.
Et on est plein de désespoir.
On est plein de désespoir
parce qu’on se dit
qu’on est dans un moment
où un génocide a lieu
sous nos yeux.
Et donc, on n’a pas pu
empêcher ce génocide.
On n’a pas pu empêcher
ce génocide.
Et donc, on est quand même…
Ça restera effectivement
un moment
très difficile de notre histoire.
Et je pense que l’histoire
sera juste…
L’histoire juge toujours
et l’histoire sera sévère
pour ceux qui…
Parce qu’il y a eu des génocides
qui n’étaient pas documentés.
Il y a eu des génocides où
on n’avait pas tous les éléments
en temps réel.
Aujourd’hui, ce génocide,
il est télévisé.
Et donc, je pense que l’histoire
sera encore plus dure
pour ceux qui ont laissé faire,
alors qu’ils avaient
les moyens d’agir
et que nous,
on est effectivement
dans ce contexte-là
où, bien sûr,
on se mobilise,
mais bien sûr, on est plein
aussi de sentiments
d’impuissance
et, bien sûr,
de toute façon, on le sait,
cette campagne BDS,
elle est là pour
pour lutter contre l’impunité,
mais on n’a pas les mécanismes
de changement.
C’est nos gouvernements
qui doivent agir
et tout notre travail
consiste à, en tout cas,
à révéler l’État d’Israël
dans ce qu’il a été capable de faire
et pas seulement
pendant le génocide
et de rappeler que, évidemment,
c’est des décennies
d’occupation et de colonisation
qui ont ramené à ça
parce que les mots sont importants,
les faits sont importants
et, en fait,
ramener de l’histoire
dans tout ça,
c’est toujours très important,
y compris de dire que
ce n’est pas encore une fois un hasard
et les gens,
il y a beaucoup de gens
qui commencent à découvrir
la situation en Palestine
avec ce génocide.
L’une des choses intéressantes
dans ce contexte dramatique,
c’est que ça a permis de conscientiser
auprès d’un public très large
de quoi était capable Israël.
Et donc, de ce point de vue-là,
il faut effectivement…
On continue à se mobiliser,
mais c’est un sentiment,
oui, d’impuissance
et en même temps une volonté
de ne jamais lâcher
et de se dire qu’il faut
plus que jamais renforcer
cette solidarité.
Emails à Bib, merci beaucoup.
Merci à vous.
Alors, j’espère que vous avez apprécié
cet épisode d’un nouveau genre.
N’hésitez pas à nous le signaler
en nous laissant un commentaire
sur les plateformes d’écoute,
notamment Apple Podcasts,
en mettant également une note,
pourquoi pas,
ou en faisant connaître
autour de vous notre podcast,
car vous êtes notre meilleur
outil marketing.
Merci et à bientôt.
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