Fragments de Palestine

Un Podcast sur la Palestine

Retrouvez aussi la série documentaire « Récit Stratégique » dont la première saison est consacrée à la guerre au Liban et au Hezbollah

Boycotter, Désinvestir et Sanctionner

Entretien avec Imen Habib mené par Emmanuel Hiriart

Cette semaine le podcast s’interroge sur la lutte menée contre Israël par la campagne BDS en rencontrant Imen Habib animatrice de la Campagne en France.

Elle a participé au lancement de la Campagne BDS France en 2009, qui regroupe aujourd’hui plus de 50 associations, organisations syndicales et politiques pour relayer les campagnes de boycott, désinvestissement à l’appel de la societé civile palestinienne.

http://www.bdsfrance.org

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Musique du générique :

Produit par : El-Funoun Palestinian Dance Troupe « Lover’s Hymn »

Palestinian folk tune


Bonjour à toutes et à tous et bienvenue dans Fragments de Palestine.

 Je suis Emmanuel Hiriart et je vous propose toutes les semaines un grand entretien sur

 une question historique, politique, géographique, militaire, diplomatique, culturelle ou juridique

 ou bien, qu’elle concerne, un dirigeant, un militant, une figure intellectuelle ou

 militaire de la Palestine.

 Si vous l’aurez compris, une manière de comprendre un peu mieux de notre point de vue

 la Palestine et les Palestiniens dans un moment assez cruel pour le pays et la population.

 Si nos podcasts sont gratuits, ce n’est pas sans coût pour notre association à but

 non lucratif.

 Et je vous incite donc à nous soutenir en réalisant un don sur HelloAsso dont le

 lien est dans la description ou sur notre site sur lequel vous pourrez retrouver l’ensemble

 de nos archives.

 Fragments de Palestine.fr, par avance, merci.

 Aujourd’hui, nous vous proposons un format pour l’instant sans nom qui s’intéressera

 à la solidarité avec la Palestine, mais non pas d’un point de vue historique

 comme nous avons pu le faire précédemment, mais d’un point de vue militant ou juridique,

 plus actuel, plus politique, entre mobilisation, procès baillon, contre-attaque

 de l’État israélien.

 Notre premier épisode du genre s’attachera donc à comprendre et à décrire l’évolution

 de BDS, l’organisation dont l’acronyme veut dire « Boycott, désinvestissement et sanction »,

 à travers notamment sa section française créée en 2009.

 Je reçois donc Imen Habib, animatrice de la campagne BDS France, qui regroupe,

 rappelons-le, plus de 50 associations, organisations syndicales et politiques à

 l’appel de la Société civile palestinienne.

 Bonne écoute.

 Imen Habib, bonjour.

 Bonjour, Emmanuel.

 Je vous reçois donc aujourd’hui, parce que vous êtes la représentante de BDS France,

 que veut dire BDS ?

 Alors BDS, c’est l’acronyme de « Boycott, désinvestissement et sanction ».

 C’est une campagne qui a été lancée en 2005 à l’appel de 170 associations

 de la Société civile palestinienne, qui s’inspire dans son appel fondateur

 de la lutte contre l’apartheid dans l’Afrique du Sud, donc la référence

 à la lutte victorieuse contre l’apartheid dans l’Afrique du Sud, elle est très

 importante dans cette campagne, parce que c’est aussi les mêmes outils,

 finalement des boycotts, bien sûr, des produits.

 C’est le B de BDS, c’est le boycott qu’on connaît peut-être le plus,

 mais il y a aussi le désinvestissement, c’est peut-être le moins connu.

 C’est demander aux entreprises, et en l’occurrence en France pour notre part,

 de désinvestir d’entreprises qui participent à la colonisation,

 à l’apartheid ou maintenant, malheureusement, au génocide à Gaza.

 Et le S de BDS, donc c’est sanction, évidemment, pour que des sanctions

 internationales arrivent, et parce que si on a lancé cette campagne,

 on le dit dans notre appel fondateur, c’est parce que les États ne prennent

 pas leurs responsabilités, en fait.

 Sinon, on ne serait pas en train de demander des sanctions,

 puisqu’Israël devrait être sanctionné du point de vue du droit international

 et reste un État aujourd’hui complètement impuni.

 Alors, on reviendra plus tard dans l’interview sur,

 notamment, la question du boycott.

 On pourra échanger un peu sur quelles entreprises,

 parce qu’elles sont nombreuses et c’est souvent compliqué.

 Il faut souvent aller faire référence à votre site pour savoir,

 parce qu’aujourd’hui, le capitalisme mondial ne permet pas non plus

 d’avoir une compréhension directe des groupes, des sous-groupes,

 des holdings, etc., etc., et de qui intervient.

 Mais vous faites un travail très précis de ciblage des entreprises

 qui interviennent, notamment dans des colonies, etc.

 On reviendra dessus.

 Mais vous faisiez référence à votre filiation, finalement,

 avec le boycott de l’apartheid de l’Afrique du Régime,

 d’Afrique du Sud, jusque dans les années 90.

 Moi, j’ai grandi adolescent avec ce boycott et ses actions.

 Je me souviens de mes parents ou de mes oncles et tout ça

 qui boycottaient ou qui sabotaient, on peut le dire aujourd’hui,

 il y a prescription, des produits dans des supermarchés

 parce qu’ils étaient liés à l’industrie d’Afrique du Sud.

 Vous, vous êtes apparu, donc, finalement,

 longtemps après la fin de la chute du régime d’apartheid d’Afrique du Sud.

 Vous naissez dans comment apparaît BDS,

 dans quelles conditions, dans quel contexte, en fait ?

 Alors, le lancement de la campagne BDS en 2005,

 il est dans le contexte de la Cour internationale de justice

 qui demande un an avant, donc en 2004,

 le démantèlement du mur de l’apartheid,

 qui a été longtemps présenté comme un mur de sécurité.

 Et en fait, moi, j’ai fait partie d’une mission civile

 en fait à Billin, dans le village si Jordan est occupé,

 où j’ai fait partie de ceux qui ont pouvoir de leurs yeux,

 en fait, à quel point ce mur était tout sauf un mur de sécurité,

 mais un mur d’annexion où il s’agissait,

 et on parlait avec des agriculteurs sur place,

 et on voyait en fait, c’était les terres les plus fertiles,

 finalement, des Palestiniens et des Palestiniens qui étaient confisqués.

 Donc, je veux dire, on avait déjà des prémices de ce qui allait se passer,

 déjà avec cet avis, donc, comme je vous disais, en 2004.

 Et l’appel BDS, il a été lancé à une date symbolique,

 anniversaire, en fait, de ces un an d’avis de la Cour internationale de justice.

 Donc, cet appel BDS en 2005 en Palestine,

 ensuite, il s’est développé dans plusieurs pays.

 Il y a eu, avant 2009, des actions ici ou là en France,

 qui n’étaient pas forcément coordonnées sous la bannière BDS,

 mais c’est des actions de boycott d’Israël.

 Donc, il y a eu des actions qui ont été faites.

 Et puis, en 2009, il y a eu le massacre Plomb durci à Gaza,

 le massacre d’Israël.

 Un des nombreux massacres d’Israël,

 parce que ce qu’on oublie souvent de rappeler dans l’actualité

 ou dans les grands médias,

 c’est qu’en fait, il y a eu plusieurs guerres,

 plusieurs massacres israéliens à Gaza depuis 20 ans.

 Il y en a eu au moins 15.

 Donc, voilà, ça faisait partie d’un des massacres en 2009.

 Et à ce moment-là, il y a eu comme une sorte de déclic,

 en fait, où on s’est dit que c’était important de coordonner

 une campagne structurée,

 uniquement structurée autour de cette campagne BDS

 et uniquement une campagne, en fait,

 qui n’a pas d’autre vocation que de faire du BDS,

 de rassembler des organes pour faire du BDS ensemble.

 C’est une campagne qui regroupe aujourd’hui, à laquelle j’appartiens,

 qui regroupe une cinquantaine d’organisations

 et de groupes locaux un peu partout en France.

 Donc des organisations nationales, bien sûr,

 des partis politiques, des organisations comme ATAC,

 Artisans du Monde, Le Man

 et des partis politiques comme la LFI,

 les écologistes, Génération, le NPA.

 Voilà, il y a pratiquement tous les partis politiques de gauche.

 Il y a aussi Alternatives, l’UCL et d’autres groupes.

 Et puis, il y a des comités locaux,

 des comités locaux un peu dans plusieurs villes de France.

 Et on mène cette campagne donc pour essayer de réfléchir un petit peu

 et de travailler ensemble à des mobilisations qui concernent la France,

 puisque la campagne BDS existe aujourd’hui dans tous les continents.

 Il y a des campagnes dans différents pays aujourd’hui,

 en Europe notamment.

 Et nous, on est la branche française du mouvement BDS.

 Est-ce que, je reviens sur ce que vous disiez sur 2009,

 je fais une toute petite parenthèse et je vais vous poser une question

 pour remettre du contexte.

 Vous parlez de mission civile, donc vous apparteniez,

 en tout cas, vous étiez parmi celles et ceux qui partaient en mission civile,

 donc au sein des campagnes civiles internationales

 pour la protection du peuple palestinien.

 Et vous parlez également des massacres de 2009.

 Je précise qu’à ce propos-là,

 pour qu’on prenne conscience du niveau de massacre,

 il faut absolument regarder deux films de Samir Abdallah,

 l’un qui s’appelle Gazastrophe , qui a eu un grand succès,

 qui a fait, à l’époque, on était un peu à l’aube de YouTube,

 donc ce n’est pas vraiment sur Internet,

 mais il est tourné beaucoup dans des festivals,

 il a rencontré un public assez large, y compris en salles à l’époque,

 et également Gaza On Air, qui est moins connu,

 mais qui est absolument terrifiant à regarder.

 Est-ce que tous ces gens, toutes ces organisations,

 tous ces militants, vous-mêmes,

 c’est à travers ces missions civiles que, finalement,

 vous prenez conscience et vous finissez par vous regrouper ?

 On a fait un épisode avec Thomas Sommer-Houdeville

 sur ces campagnes civiles où justement on essayait de comprendre

 comment des gens qui arrivaient d’un milieu totalement différent,

 qui n’auraient pu ne pas se parler parce que certains étaient syndicalistes,

 d’autres étaient militants politiques dans des organisations,

 y compris, entre guillemets, hyper spécifiques, etc.

 Est-ce que c’est à ce moment-là, finalement, le début de la seconde intiifada

 et tout ce qui va amener à ces projets qui vont venir des campagnes civiles

 que finalement BDS France se monte, c’est ça ?

 Je pense qu’on peut dire ça.

 Effectivement, ça rentre, comme vous le disiez, dans cette période-là,

 où en fait, la richesse de ces missions civiles,

 c’est qu’elles ont fait partir de beaucoup de personnes en France,

 des syndicalistes, des gens qui n’étaient pas politisés.

 Moi, je dois être honnête,

 c’est ces missions civiles, c’est cette chance d’avoir fait cette mission civile

 qui m’a politisée, en fait.

 Parce qu’au début, quand j’ai écrit aux missions civiles,

 je me suis dit, bien sûr, j’étais solidaire du peuple palestinien,

 mais je n’étais pas encore militante.

 Et je me suis dit, ça va me permettre, en tout cas,

 de voir de mes propres yeux la situation sur place.

 J’avais vraiment eu envie de comprendre la situation.

 Et à mon retour, évidemment, je suis devenue militante

 parce que je pense qu’on n’en revient pas indemne.

 Personne ne revient indemne d’un voyage en Cisjordanie,

 d’un séjour en Cisjordanie ou à Gaza.

 Moi, je n’ai pas pu aller à Gaza,

 mais en Cisjordanie, j’ai été littéralement traumatisée.

 J’ai mis plusieurs mois à pouvoir témoigner de ce que j’avais vu.

 En fait, ça a été pour moi un choc.

 Parce que je me suis dit, sur place,

 comment se fait-il que je vois tout ça

 alors que les grands médias n’en parlent pas ?

 Quand on n’est pas politisé et qu’on voit la situation sur place,

 le premier truc qui ressort, c’est comment il y a un décalage total

 entre la réalité et la manière avec laquelle les grands médias,

 nos médias, ce qu’on peut percevoir en France,

 traitent cette actualité ou cette situation.

 Et voilà, alors malheureusement,

 au vu de la situation du nettoyage ethnique en Cisjordanie

 et du génocide à Gaza, les médias ont changé

 aussi leur manière de donner l’information

 puisqu’ils ne peuvent pas nier un génocide,

 même s’ils continuent à nier l’utilisation du mot génocide

 dans la plupart des grands médias.

 Mais je veux dire, il y a des choses accablantes aujourd’hui

 qui sont sous les yeux du monde entier, finalement.

 Mais c’est vrai qu’à l’époque,

 je pense que ça a largement contribué à une politisation,

 à une sensibilisation de militants et des militantes

 solidaires du peuple palestinien.

 Et vraiment, ça, c’est tout à l’honneur,

 c’est vraiment de ces missions civiles qui ont existé

 et qui malheureusement aujourd’hui n’existent plus.

 Mais je viens de voir justement il y a quelques jours

 que la FPS relayait un appel pour la cueillette des olives.

 Donc c’est sur le site de la FPS.

 Alors ils préviennent, voilà, ils préviennent quand même

 qu’ils ne sont pas responsables de la sécurité des gens

 qui vont dans la mission, bien sûr.

 Mais pour ceux et celles qui ont encore envie,

 ou en tout cas qui ont envie de participer à ces missions,

 sachez qu’en ce moment, il y en a une à l’appel de la FPS.

 Je l’ai vu il y a deux jours à peu près.

 Donc c’est vraiment aussi important de savoir que

 ça fait partie, les agriculteurs palestiniens ont lancé

 cet appel-là pour les protéger aussi.

 Moi, je me souviens que dans la mission à laquelle

 j’avais participé, on avait été dans un champ

 d’un fermier palestinien et il nous a dit

 en fait quand vous êtes là,

 ça me permet de cultiver ma terre en fait

 et ça me protège parce qu’on avait vu tout en haut,

 il y avait des miradors et il y avait l’armée israélienne

 qui a un soldat qui nous surveillait

 et qui se font tirer dessus tout simplement en fait.

 Donc la présence internationale,

 même si elle est difficile en ce moment,

 elle a toujours été très utile pour le peuple palestinien.

 Et vraiment, oui, c’était riche, c’était fort.

 C’est à ce moment-là qu’a été lancé effectivement,

 on va dire quelques années après

 parce que les missions civiles existent depuis 2002.

 La campagne BDS est créée en 2009.

 Mais on va dire que c’est vraiment des gens

 qui ont appartenu aux missions civiles

 et pas seulement à Génération Palestine à l’époque,

 à d’autres groupes qui ont lancé la campagne BDS France.

 Et d’ailleurs, je fais un parallèle

 pour revenir à votre explication de la filiation

 parce que moi, j’ai eu la chance de côtoyer

 des militants d’Afrique du Sud

 au Liban ou en Palestine

 et qui faisaient le constat suivant en disant

 en fait, ce n’est pas de l’apartheid, c’est pire.

 Nous, on n’avait pas des routes séparées.

 Enfin, c’était déjà en 2003, 2004, 2005,

 les militants d’Afrique du Sud eux-mêmes

 qui avaient vécu l’apartheid jusque dans les années 90

 étaient stupéfaits du niveau de vie

 et d’occupation des Palestiniens,

 que ça soit en Cisjordanie ou à Gaza,

 qui étaient deux régimes déjà différents

 en l’esprit de toujours fragmenter la Palestine

 et le sort des Palestiniens.

 Mais je me souviens de militants

 qui étaient plus âgés que moi,

 qui avaient vraiment connu l’apartheid,

 qui avaient grandi et lutté

 contre le régime d’apartheid

 sur le milieu et la fin de sa vie

 et qui étaient vraiment stupéfaits,

 qui comme nous ne se rendaient pas compte.

 Il fallait être sur place

 pour se rendre compte de la réalité,

 de ce que c’est.

 Nous, on essayait d’exprimer en disant

 que c’est un sociocyte.

 C’est-à-dire que ça empêchait

 toute forme de développement de vie.

 En réalité, on ne pouvait pas faire ses études,

 on ne pouvait pas cultiver, ramasser ses olives,

 aller et venir, enterrer ses morts,

 se marier normalement,

 finir une scolarité, etc.

 Par rapport à ce que vous dites,

 ça me fait penser à une tribune de Desmond Tutu,

 qui était archevêque,

 qui a participé à la réconciliation

 en Afrique du Sud.

 C’était déjà publié en 2002,

 qui disait ce que j’ai vu,

 c’est pire que l’apartheid.

 Donc il savait bien de quoi il parlait,

 Desmond Tutu,

 ce que j’ai vu dans mon séjour en Cisjordanie.

 Et je crois que, comme vous le dites,

 c’est un choc, en fait,

 vraiment de voir, en fait,

 il y a ce décalage, la violence,

 cette injustice,

 il y a tout qui s’entremêle, finalement.

 Et par rapport à ça,

 je n’ai pas pu m’empêcher de me faire cette remarque

 tout au long de ces années,

 de me dire, on savait déjà, en fait.

 On savait déjà, à Desmond Tutu,

 il a écrit cette tribune en 2002.

 Donc, en fait, nous, on a eu,

 vous savez, quand on a lancé la campagne en 2009,

 on a littéralement des gens,

 et je parle dans le mouvement de solidarité,

 qui nous ont regardés avec des gros yeux

 quand on utilisait le mot apartheid,

 quand on utilisait le mot boycott.

 Et ça, c’est tragique parce qu’en fait,

 on a mis du temps.

 Alors, bien sûr, il n’est jamais trop tard,

 mais ce mouvement de solidarité avec la Palestine,

 en France en tout cas,

 il a été trop longtemps dans ce statico

 par rapport aux accords d’Oslo, notamment,

 dans cette absence.

 Je pense, de mon point de vue,

 d’écouter la réalité que documentaient eux-mêmes

 les Palestiniens et les Palestiniennes,

 de ce qu’ils ressentaient sur place,

 de ce qu’ils vivaient sur place.

 Et tous les experts, déjà, à l’époque,

 tous les gens qui allaient sur place,

 ils voyaient l’apartheid, il suffisait d’aller voir.

 Et je pense que ce mécanisme de reconnaissance,

 d’apartheid, il a mis beaucoup, beaucoup, beaucoup de temps.

 Alors, maintenant, il y a des grands rapports

 d’Amnesty International, de Human rights Watch, qui documentent ça.

 Mais la leçon de tout ça, c’est toujours d’écouter

 et, on va dire, de donner de la place

 et plus de place aux peuples colonisés,

 où qu’ils soient d’ailleurs,

 dans leurs récits, dans leurs témoignages,

 parce qu’on n’en serait pas là aujourd’hui

 si on aurait plus écouté les Palestiniens

 et les Palestiniennes, en fait,

 et les ONG aussi, comme Al-Haq,

 comme d’autres ONG, qui documentent,

 qui ont documenté depuis longtemps,

 parce qu’eux, ils savent mieux que quiconque,

 finalement, ce qu’ils sont en train de subir

 et ce qu’il est en train d’arriver.

 Il y avait aussi des anticolonialistes israéliens

 qui témoignaient de cette réalité-là.

 Et pendant que nous, on refusait à l’époque,

 je dis bien à l’époque, parce que maintenant,

 il y a une espèce de consensus,

 en tout cas, même s’il reste des voies divergentes.

 Mais à l’époque, nous, on était perçus

 comme des personnes, comment dire,

 qui étaient finalement un peu radicales,

 alors que depuis le début,

 il n’y a eu aucun changement depuis le début.

 Les seuls trois critères de la campagne BDS,

 c’est des demandes de respect du droit international,

 des demandes des résolutions des Nations unies.

 Je les rappelle quand même,

 le premier des objectifs de la campagne BDS

 c’est la fin de l’occupation

 et de la colonisation des territoires palestiniens.

 Le deuxième objectif, c’est l’égalité

 pour les Palestiniens d’Israël,

 qui représente à peu près 20 %

 de la population en Israël aujourd’hui.

 Et le troisième objectif,

 c’est le droit au retour des réfugiés palestiniens.

 Le droit au retour, c’est la résolution 194 des Nations unies.

 Donc, il n’y a jamais eu rien d’extraordinaire, finalement.

 C’est des demandes minimales, finalement.

 Cette demande d’égalité, je veux dire,

 on vit sous les devises

 liberté, égalité, fraternité en France.

 Les Palestiniens et les Palestiniennes,

 ils le demandent sur place, en fait.

 Et l’appel BDS ne fait que demander ça.

 Et donc, même à l’époque,

 voilà, c’est un peu triste de se dire

 que ça a mis du temps

 à se déconstruire,

 à finalement comprendre réellement

 ce que nous, on disait depuis le départ.

 C’est-à-dire que le problème,

 ce n’est pas seulement les colonies,

 c’est le régime.

 C’est le régime, en fait,

 de la même manière qu’à l’époque

 de l’Afrique du Sud,

 on ne demandait pas la destruction

 de l’Afrique du Sud,

 on demandait la destruction,

 la fin des bancs tout-stants

 de l’Apartheid en Afrique du Sud.

 Et aujourd’hui, ce qu’on veut démenteler,

 c’est le régime d’Apartheid,

 c’est le régime ségrégationniste,

 discriminatoire à l’encontre

 de la population palestinienne.

 Et si Israël ou Palestine

 ont demain respecté les Palestiniens

 le droit au retour,

 l’égalité pour les Palestiniens,

 les droits fondamentaux du peuple palestinien,

 on ne mènerait plus cette campagne BDS,

 mais elle existe aujourd’hui

 parce qu’Israël est un régime d’Apartheid,

 comme l’était l’Afrique du Sud de l’Apartheid.

 Et donc, c’est important de souligner aussi

 que le problème,

 c’est pas que l’état d’Israël a mal évolué,

 bien sûr qu’il a mal évolué,

 mais je veux dire,

 le génocide qu’on voit aujourd’hui,

 il était inscrit dans l’Anakba de 1948.

 Et il y a une continuité dans l’histoire.

 Et c’est ça aujourd’hui aussi

 qu’il faut déconstruire,

 c’est-à-dire de dire que

 c’est une erreur finalement

 dans ce génocide.

 Non, malheureusement,

 les alertes, les alertes rouges,

 elles étaient là depuis des décennies.

 L’Anakba en était la première,

 peut-être, de ces alertes.

 Et en fait, ça a juste perduré dans le temps.

 La colonisation a continué à s’accentuer

 sans qu’il y ait aucune réponse internationale.

 On en parlera,

 on parlera du rôle de l’Union européenne tout à l’heure,

 mais on en est aujourd’hui

 au 18e train de sanction contre la Russie.

 Donc, il y a eu une impunité

 qui a permis ce génocide.

 Et donc, nous,

 on a fait partie de ces gens

 qui avons alerté,

 voilà, alerté il y a plus de 17 ans maintenant

 de ce qu’était la vraie nature

 de l’État d’Israël

 et que ce n’était pas juste

 un problème structurel des colonies, en fait.

 Et alors, vous évoquiez le fait

 qu’on vous regardait de travers,

 on vous suspectait,

 disons les termes, peut-être,

 comme aujourd’hui de projet antisémite,

 etc., j’imagine.

 Pourtant, vous le faisiez

 non seulement en fonction du droit,

 mais dans un cadre légal, en fait.

 Tout à fait.

 Tout à fait.

 Depuis le début, la campagne BDS,

 elle s’inscrit vraiment

 dans un cadre légal,

 absolument légal, en fait.

 Comme je le rappelais tout à l’heure,

 les trois et seules revendications

 de la campagne BDS,

 c’est des résolutions des Nations unies.

 Donc, il n’y avait rien

 depuis le départ de choquant.

 Au contraire,

 au contraire,

 c’était vraiment une campagne

 non violente, du coup,

 qui demande aux sociétés civiles

 de prendre leurs responsabilités

 face à ce qui était déjà

 avant le génocide,

 un apartheid,

 un nettoyage ethnique

 des Palestiniens en Cisjordanie,

 un apartheid et un blocus

 criminel dans la bande de Gaza.

 Il faut quand même le rappeler qu’en fait,

 qu’à Gaza,

 90% de l’eau n’était pas potable

 à Gaza avant le génocide,

 qu’il y avait un blocus

 qui empêchait

 les malades du cancer

 de se soigner à l’étranger

 dans la bande de Gaza.

 Donc voilà,

 Gaza n’a jamais été protégée.

 Au contraire,

 ils ont été soumis

 à un blocus criminel inhumain,

 mais ça ne faisait pas

 la une des médias.

 C’est ça, la réalité.

 Et vous utilisiez pour ça

 des actions non violentes

 qui ont été également menées

 en Palestine.

 On y reviendra.

 Et pour autant,

 je voudrais vous faire revenir

 à la fois sur les actions

 que vous meniez

 et à la fois sur la criminalisation

 de cette non-violence.

 Parce que finalement,

 je fais un petit

 petite divulgation

 de la suite de notre histoire,

 mais vous avez été,

 en tant que militant à BDS,

 rapidement criminalisée,

 y compris par l’État français.

 Absolument, absolument.

 Alors nous,

 je pense qu’on a été

 un peu le laboratoire

 de la répression à l’époque.

 En 2009,

 quand on lance la campagne,

 immédiatement,

 mais je dis bien,

 immédiatement,

 on a fait en région parisienne

 des premières grandes actions

 avec des camarades.

 Et en fait,

 immédiatement,

 on a eu des déclarations.

 Alors à l’époque,

 c’était Michel Alliot Marie

 qui a lancé dans les mois

 qui ont suivi

 le lancement de la campagne,

 une circulaire

 demandant au procureur

 de poursuivre

 tous les militants

 et les militantes

 qui appelaient au boycott

 d’Israël.

 Cette circulaire,

 elle était tellement

 choquante, en fait,

 et on avait tellement

 l’impression depuis le départ

 pour notre part

 qu’on était face

 à une instrumentalisation

 de la justice qu’elle citait.

 Elle citait pas, par exemple,

 la Chine ou la Russie.

 Elle citait dans les mots

 l’État d’Israël,

 dans la circulaire juridique,

 je veux dire.

 Donc il y avait vraiment

 une instrumentalisation

 de la justice

 et dans une tentative

 de criminalisation

 finalement de la pensée politique

 ou de l’opinion politique.

 En fait, on était bien

 dans une chasse aux sorcières

 contre des militants

 qui avaient une opinion

 vis-à-vis de l’État d’Israël

 et qui la mettaient

 en application,

 qui demandaient le boycott

 et des investissements et sanctions.

 Donc cette circulaire,

 elle a été lancée.

 Et malgré tout,

 il y a eu,

 pendant entre 2010 et 2020,

 il y a eu plusieurs procès.

 Et malgré tout,

 on avait quand même des procureurs

 qui faisaient,

 qui relaxaient les militants

 et les militantes.

 Donc en fait,

 même la justice dans sa,

 on va dire dans les procès

 qui ont eu,

 dans la plupart des procès,

 il y a eu des relaxes.

 C’est important à souligner

 qu’en fait,

 malgré tout l’acharnement

 judiciaire et malgré cette circulaire,

 il y avait des procureurs

 qui ont fait relax

 des militants et des militantes.

 Mais ce qui est intéressant

 à souligner

 et vraiment ce qui restera

 dans l’histoire,

 mais finalement,

 il y a encore une continuité,

 c’est que c’était le parquet lui-même,

 alors que c’était les procès

 venaient d’officines pro-israéliennes,

 comme le BNCVA à l’époque,

 la Chambre de commerce France-Israël

 et d’autres groupes pro-israélien.

 Donc on parle là

 d’organisations franco-israéliennes

 sur le sol français

 qui portaient plainte contre vous.

 Quels étaient les chefs d’accusation ?

 Alors, il y en avait deux.

 Le premier, c’était incitation

 à la haine raciale.

 Et le deuxième,

 comme le premier n’a pas pris,

 n’a jamais pris,

 l’incitation à la haine raciale,

 ça n’a jamais marché en termes…

 Enfin, tous les juges ont pu voir

 qu’en fait,

 on était des militants antiracistes,

 finalement, qui luttons

 contre toute forme de racisme,

 dont l’antisémitisme,

 dont l’antisémitisme.

 Et donc, ce qui est intéressant à rappeler,

 c’est que c’est le parquet

 qui faisait systématiquement appel

 des décisions de relax.

 Donc, il y avait une pression

 très forte sur la justice,

 déjà à l’époque.

 Et puis, donc, il y a eu un cas,

 c’était des militants

 et des militantes à Mulhouse

 qui avaient tout simplement

 distribué un traque

 devant un supermarché,

 tout ce qu’il y a de plus classique.

 Et ces militants se sont retrouvés

 condamnés par la Cour de cassation

 en 2015.

 Et là aussi, on sait que,

 enfin, tous les spécialistes

 de la Cour de cassation

 nous ont dit que ce n’était pas

 une décision,

 c’était une décision anormale.

 Ils ont analysé le texte

 de la Cour de cassation.

 Il y avait des choses

 qui n’étaient pas logiques

 dans cette décision de point de vue

 de ce que pouvait produire

 habituellement la Cour de cassation.

 Donc, évidemment, il y a eu un recours

 qui a été porté à la CEDH,

 la Cour européenne des droits de l’homme,

 tout de suite après cette décision.

 Et puis, finalement,

 entre 2010 et 2020,

 comme je le disais,

 on était dans une situation de flou.

 Et puis, il y a eu une juridiction,

 une victoire finalement

 pour le mouvement BDS

 parce que le 11 juin 2020,

 la Cour européenne des droits de l’homme

 déclare que suite à cet arrêt,

 le juge souhaite arrêt

 et elle condamne la France

 à payer 100 000 euros

 de dommages et intérêts.

 Et elle dit que le boycott

 relève de la liberté d’expression,

 l’appel au boycott d’Israël,

 à partir du moment

 où il ne s’accompagne pas

 d’appel à la haine,

 ce qui est exactement notre cas,

 puisqu’on est des militants antiracistes

 et que le boycott finalement

 est protégé

 par la liberté d’expression.

 Donc, c’est une décision extrêmement,

 un soulagement,

 un grand soulagement

 pour les militants

 et les militants de la campagne BDS,

 une décision politique

 très importante.

 Et puis, suite à ça,

 les militants, ils décident

 de retourner

 dans les juridictions françaises

 qu’ils les avaient condamnés.

 Donc, ils commencent par la cour de cassation.

 Et le 17 septembre 2023,

 17 octobre, pardon,

 je crois que c’est

 en octobre 2023 en tout cas,

 la cour de cassation

 donne raison à la CEDH

 et dit que le boycott

 relève de la liberté d’expression.

 Et ensuite, ces militants,

 ils vont à la cour d’appel

 de Paris en 2024

 pour rejuger l’affaire également.

 Et pareil.

 Oui, parce que la cour de cassation,

 elle ne juge pas sur le fond,

 mais elle juge uniquement en droit.

 Et donc, ils voulaient également

 faire rejuger sur le fond

 cette affaire qu’ils les avaient condamnés.

 Et donc, la cour d’appel,

 le 14 mars 2024,

 la cour d’appel rend un arrêt

 qui conforte l’arrêt

 de la cour de cassation

 et la vie de la CEDH.

 Donc aujourd’hui, on peut dire

 qu’il y a vraiment une jurisprudence

 pour dire que le boycott,

 l’appel au boycott d’Israël

 est définitivement légal.

 Et donc, malgré toutes les tentatives,

 finalement, parce qu’il y en a eu beaucoup,

 je passe sur les tentatives

 du ministre,

 enfin déjà de François Fillon à l’époque,

 qui disait qu’on boycottait

 des produits cachers

 alors qu’il était écrit parfaitement.

 Parce que, vous savez,

 on a sur le site de la campagne BDS France,

 on a l’appel et la charte

 de la campagne BDS

 qui disent ce que nous sommes

 et ce que nous ne sommes pas.

 Et donc, depuis le début,

 les choses étaient très claires

 et donc, on a eu des mensonges,

 vraiment des mensonges

 en disant qu’on boycottait

 des produits cachers,

 comme l’a fait François Fillon

 ou d’autres personnalités.

 On a eu des tentatives de Manuel Valls

 de criminaliser notre T-shirt BDS,

 alors qu’il était parfaitement légal.

 Il y a écrit boycott Israël à part,

 et ceci est une opinion politique.

 Donc, on a eu toutes ces tentatives.

 Et puis, ça fait partie d’une bataille juridique

 qui n’est pas seulement juridique,

 qui est aussi celle

 d’une désintimidation constante

 qui a duré 10 années

 contre les militants de la campagne BDS.

 Alors, aujourd’hui, on rentre

 dans une autre échelle,

 mais c’est pour ça que je disais

 tout à l’heure qu’il y avait une continuité.

 C’est parce qu’on est toujours

 dans cette répression qui ne veut…

 Ils n’ont pas réussi à cibler

 spécifiquement la campagne BDS.

 Du coup, c’est une attaque large aujourd’hui

 contre l’ensemble du mouvement

 de solidarité avec la Palestine

 qui se mobilise contre

 un génocide en cours à Gaza.

 Et cette attaque large,

 elle prend différentes formes

 et notamment des plaintes

 pour apologie du terrorisme

 qui sont absolument scandaleuses

 parce qu’en fait,

 on a vraiment besoin d’une lutte

 contre le terrorisme

 et de voir cette lutte instrumentalisée

 contre des militants et des militantes

 qui sont simplement

 solidaires du peuple palestinien.

 C’est très grave.

 C’est absolument grave.

 Et il faut se mobiliser là-dessus

 parce que, effectivement,

 c’est des atteintes graves

 aux libertés fondamentales

 d’opinion, finalement.

 Oui, on a des professeurs

 d’université ou des étudiants,

 des gens qui animent des revues,

 des militants politiques,

 d’organisations, de partis

 qui sont systématiquement poursuivis.

 Je suis un peu ces affaires

 judiciaires françaises de loin,

 malheureusement, étant pris

 un peu plus par l’actualité

 de la Palestine et du Liban

 ces dernières années.

 Mais est-ce que vous pouvez résumer,

 parce que j’ai l’impression

 aussi que systématiquement,

 dès les premières instances,

 ces gens-là sont relaxés

 également, c’est-à-dire que

 ne soient pas poursuivis du tout.

 Il me semble que, par exemple,

 pour Rima Hassan, qui fait l’objet

 d’une pléthore de plaintes,

 je crois qu’à 12 ou 13 ou 15,

 je ne saurais dire,

 j’ai relu quelque chose en diagonale

 un peu dans la presse

 suite à un complément d’enquête

 qui était fait sur elle.

 Elle a systématiquement

 été relaxée.

 Donc il n’y a absolument

 aucune condamnation.

 Et pourtant, j’ai l’impression

 que les plaintes,

 cette stratégie qui finalement

 se résume un peu à celle

 que vous avez subie depuis 2009,

 mais qui va donc sur un autre terrain,

 celui du terrorisme,

 qui donne en plus

 des possibilités juridiques

 à l’État beaucoup plus grande

 en termes de, par exemple,

 d’enquête, de garde à vue,

 de plein de choses,

 mais qui, en plus,

 est encore plus infamante

 parce que c’est plus

 tout à fait la même chose

 d’être accusé de terrorisme

 que d’être accusé de vouloir

 simplement boycotter des produits.

 Il me semble que vous pouvez me le confirmer

 ou me l’affirmer qu’aujourd’hui,

 la justice française,

 comme dans le cas du boycott

 sur ces questions de terrorisme,

 relaxe systématiquement les prévenus.

 Oui, bien sûr.

 Il y a eu,

 là aussi, il y a de la pression.

 Il faut le souligner quand même.

 On n’est pas dans une ou deux plaintes.

 On est dans plus de 1000 plaintes.

 On ne saurait pas chiffrer exactement.

 Il y a eu 1000 procédures.

 Plus de 1000 entre 1000 et 2000,

 je n’ai pas le chiffre exact,

 pour apologie du terrorisme.

 Donc, ça prouve bien que

 c’est une bataille contre,

 enfin, c’est une lutte,

 pas contre le terrorisme,

 mais contre des idées

 parce que la plupart des gens,

 c’est pour des gens

 qui avaient tweeté des choses.

 Et dans la plupart des cas,

 ce n’était absolument pas

 un soutien au terrorisme.

 Enfin, la grande majorité des cas, même.

 C’est pour ça que ça nous alerte autant.

 C’était des propos solidaires

 du peuple palestinien

 dans sa globalité.

 Et qui n’avaient rien à voir.

 Quand on regarde les faits précis,

 on peut prendre,

 on pourrait prendre des exemples précis,

 mais il y a vraiment des choses

 qui sont absolument choquantes

 d’un point de vue de la liberté

 d’expression.

 Et on voit bien

 n’importe quel juriste ou expert

 voit bien que ça n’a plus rien à voir.

 Quand des gens comme Mathilde Panot

 se retrouvent poursuivis

 pour apologie du terrorisme,

 il y a un gros problème,

 en fait, dans ce pays.

 Et donc, effectivement,

 la plupart des cas,

 il y a eu des relax.

 Et donc, dans les cas

 où il n’y a pas eu de relax,

 il y a eu des grosses pressions juridiques,

 en fait, comme pour BDS.

 Donc, on voit bien qu’on n’est pas

 là dans un libre exercice

 de la justice,

 mais qu’on est là,

 finalement, dans des entraves,

 parce que ça a aussi

 pour conséquence,

 pas seulement d’entraver

 les militants de la solidarité

 avec le peuple palestinien,

 mais aussi d’entraver la justice.

 Parce que pendant ce temps-là,

 la justice n’a pas les moyens

 de faire des vraies enquêtes

 sur des sujets

 qui devraient la préoccuper.

 Et donc, ce genre de plainte,

 c’est vraiment un déni

 de démocratie, finalement.

 Et oui, il y a eu

 la plupart de ces plaintes,

 elles n’ont pas été suivies d’effets.

 Il y a eu des relax,

 des classements sans suite.

 Et puis, on a découvert qu’on

 sait que la FPS

 et la Legal Team font un recours.

 On déposait un recours

 il y a près un mois

 auprès de la CEDH,

 la Cour européenne des droits de l’homme,

 sur un cas précis

 d’une plainte qui a été faite

 sur Apologie,

 avec la qualification

 d’Apologie du terrorisme.

 Donc, il y a un recours

 qui est déposé à la CEDH.

 Ça mettra peut-être plusieurs années.

 Mais le plus important,

 c’est toujours de rappeler

 qu’on ne se laissera pas baigner.

 On ne se laissera pas baigner.

 On ne se laissera jamais baigner

 sur l’expression de la solidarité

 avec un peuple

 qu’on veut faire disparaître,

 qu’on est en train de faire disparaître,

 en fait, en Palestine occupée,

 en Cisjordanie, à Gaza.

 Et que nous, on sera toujours là

 en France, partout dans le monde,

 pour rappeler qu’il y a ces crimes

 contre l’humanité,

 ces crimes de guerre,

 ce génocide,

 tant qu’il ne prendra pas fin.

 Et pour rappeler qu’il faudra des sanctions

 contre le régime d’Apartheid

 et maintenant génocidaire d’Israël.

 Donc,

 ils cherchent à nous faire taire.

 Ça, c’est une réalité.

 Ils cherchent

 à nous faire taire.

 Et en même temps,

 on voit les déclarations

 encore il y a quelques jours.

 C’était hier la déclaration de Macron

 à l’ONU sur Gaza en disant

 qu’il était triste.

 En nous donnant une image de Gaza,

 en fait, on a envie de lui dire

 les Palestiniens n’attendent

 pas de la compassion.

 Ils n’attendent même pas

 de l’aide humanitaire.

 Ils attendent des sanctions.

 Ils attendent.

 Ils ne demandent pas la charité.

 Ils demandent la solidarité

 pour les sociétés civiles

 et ils demandent aux Etats

 de prendre leurs responsabilités

 parce qu’on va le rappeler,

 les Etats ont quand même

 des obligations internationales

 et notamment celle de prévenir

 un génocide, comme l’a demandé

 la Cour internationale de justice

 en 2024.

 Et donc aujourd’hui,

 notre gouvernement ne respecte

 même pas ces obligations

 internationales

 parce que s’ils les respectaient,

 ils mettraient en place

 immédiatement un embargo.

 Donc, toutes ces déclarations

 sur Gaza sont des écrans de fumée,

 sont même cyniques, finalement.

 Cyniques, à l’heure où

 notre gouvernement,

 on est en septembre 2026,

 on en est, on va commémorer

 les trois ans du génocide à Gaza

 en octobre 2026.

 Notre gouvernement n’a pas pris

 la moindre mesure

 pour sanctionner

 le régime israélien.

 Et donc, c’est aussi ça

 que l’histoire va interroger

 finalement, que l’histoire

 va questionner,

 parce que c’est un temps long.

 Et donc, on a,

 on a fait cette situation-là.

 Donc, nous, tant qu’il le faudra,

 tant qu’il n’y aura pas

 de réelle sanction

 contre le régime israélien,

 on continuera à se mobiliser.

 Peu importe.

 Et je veux dire, la criminalisation

 ne nous arrêtera pas

 parce que, on sait finalement,

 le droit international aujourd’hui,

 les experts internationaux,

 tout le monde a prévenu.

 Il y a un génocide en cours

 dans la bande de Gaza.

 Et face à un génocide

 et face à une épération ethnique

 en Cisjordanie,

 eh bien, on ne se tira pas,

 on ne restera pas silencieux.

 Oui, vous précisiez la position

 cynique, ambiguë

 et très ambivalente

 du président Macron.

 Je précise le même Emmanuel Macron

 qui avait peu après le 8 octobre,

 le 7 octobre débarqué à Tel Aviv

 en proposant à Netanyahou

 une alliance militaire

 pour vaincre le Hamas,

 comme il l’avait fait pour Daech.

 De mémoire 1,

 Israël ne participait pas

 à une alliance militaire

 contre Daech.

 Elle a même factuellement

 participé à sa prolifération,

 notamment en Syrie.

 Deuxièmement, il n’y a absolument

 aucun lien entre Daech

 et le Hamas à Gaza.

 Je rappelle même que le Hamas

 avait un programme

 de déradicalisation

 de militants qui pouvaient

 se revendiquer de al-Qaïda

 à l’époque dans la bande de Gaza

 quand elle était sous

 la mandature du Hamas.

 C’est-à-dire qu’il n’y a pas de lien

 entre les islamistes.

 Ça serait dire que je ne sais pas.

 Moi, il y a un lien entre De Gaulle

 et Pétain en 41

 parce que finalement,

 les deux sont de droite.

 Enfin, bon, ça revient à peu près

 à nier l’histoire

 et la réalité des choses.

 Alors ce même Emmanuel Macron

 essaie aujourd’hui de dire à Israël

 qu’effectivement, ils vont trop loin.

 Je lisais aussi les communiqués

 du quai d’Orsay, disant

 qu’il y a des méchants colons.

 Sous-entendu, peut-être que s’il y avait

 que des gentils colons,

 ce ne serait pas un problème.

 Ce n’est pas la colonisation

 le problème.

 Ce serait la méchanceté,

 la dureté d’un régime.

 Ça déviance à l’extrême droite.

 Et vous rappeliez que, pardon,

 la Cour internationale de Justice

 a la différence parce que souvent,

 on assimile le génocide

 à juste titre,

 à ce qu’on n’a pas vécu,

 mais qui est très ancré

 dans nos mémoires à nous,

 en Europe.

 C’est-à-dire le low cost

 des juifs par le régime nazi.

 Et donc, peut-être qu’on se réfère

 à une solution titre Nuremberg,

 c’est-à-dire la chose va avoir lieu

 et la justice passera après.

 Or, la Cour internationale

 résume l’inverse et dit

 non, non, il faut que les Etats

 préviennent pour empêcher

 et que l’empêchement

 commence à partir du moment

 où il y a une intention

 de vouloir commettre ce génocide.

 Et c’est là-dessus que

 vous faisiez référence

 à ces quelques hommes politiques

 ou membres d’organisations

 ou journalistes tout simplement

 qui refusent d’employer

 le mot génocide parce que

 à tort juridiquement

 et philosophiquement,

 ils se réfèrent à une sorte

 de mécanisme comme ça.

 Quelqu’un va décider après coup

 si oui ou non,

 on pourra mettre dans la balance

 un peu des arguments

 et savoir si oui ou non

 il y a eu génocide.

 Or, c’est tout l’inverse,

 le génocide est matérialisé

 à partir du moment

 où il y a une intention.

 Et les Etats, vous le rappeliez,

 doivent tout mettre en place.

 BDS fait finalement

 concrètement quoi

 pour essayer d’obliger,

 par exemple, l’État français

 à prendre sa part

 dans cette action de prévention

 de ce génocide en cours ?

 Et bien, en fait,

 c’est important que vous soulignez.

 Effectivement,

 la Cour internationale de Justice,

 elle a dit en 2024,

 on considère qu’on a assez

 d’éléments pour appeler

 les Etats à prévenir

 un risque de génocide.

 Ça, c’était déjà en 2024.

 On est déjà,

 on est maintenant en 2026.

 Il y a eu entre temps la famine.

 Tous les faits sont

 parfaitement documentés.

 Les faits se sont aggravés.

 On estime dans un chiffrage

 très largement sous-documenté

 le nombre de personnes assassinées

 dans la bande de Gaza.

 Aujourd’hui, le nombre officiel

 est 73 000

 Palestiniens et Palestiniennes,

 près de 200 000 blessés.

 Et tous les experts,

 je dis bien les experts

 qui documentent cette situation

 disent que c’est au moins le triple.

 Quand on aura un accès,

 la bande de Gaza sera ouverte

 parce qu’il faut quand même rappeler

 dans tout ça que la bande de Gaza

 est fermée aux journalistes

 aujourd’hui,

 aux journalistes,

 aux chercheurs, à l’ONU,

 à tout le monde,

 aux humanitaires,

 à tout le monde.

 Et qu’en fait, on estime

 à au moins le triple

 donc de personnes assassinées

 dans la bande de Gaza.

 Et finalement, c’est ça,

 c’est-à-dire qu’on a eu

 une interview assez scandaleuse.

 C’était Emmanuel Macron sur TF1

 qui disait,

 je ne suis pas historien,

 je ne peux pas,

 je ne peux pas dire

 que c’est un génocide.

 Et ça, ça intervenait,

 il faut quand même le souligner

 après qu’Amnesty International

 et toutes les ONG

 est statuée

 et tous les experts internationaux

 que c’était un génocide.

 Et en fait,

 il nous fait croire,

 on nous fait croire

 que cet historien

 me jugeait si un génocide

 mais il faut quand même rappeler

 que la qualification de génocide,

 c’est une qualification juridique,

 exactement comme l’est l’apartheid.

 Et donc finalement,

 ce qu’on peut constater,

 c’est que ce refus

 de se positionner

 sur le mot génocide,

 c’est aussi un refus d’agir

 pour prévenir ce génocide.

 Donc en fait,

 parce que le simple fait

 de reconnaître

 qu’il y a un génocide en cours

 obligerait le gouvernement

 à agir,

 à mettre en place des mesures.

 Et effectivement,

 le problème, c’est pas les colons,

 seulement les colons en tout cas

 et la colonisation

 des territoires palestiniens.

 Et c’est pour ça

 que je parlais tout à l’heure

 d’un cynisme,

 mais on peut aussi

 qualifier ça d’hypocrisie

 parce que pendant ce temps-là

 qu’on cible sur ces colons,

 bien sûr,

 ces colons sont criminels,

 ces colons sont des fanatiques

 extrémistes

 qui devraient être mis

 hors d’état de nuire

 le plus rapidement possible.

 Mais on protège

 pendant ce temps-là

 le régime génocidaire

 qui a mis non seulement

 en place ces colons,

 mais qui les protègent

 et qui les arment.

 On a vu pendant le génocide à Gaza,

 Itamar Ben-Gvir

 allait donner,

 distribuer des armes lui-même

 aux colons israéliens

 en Cisjordanie occupés.

 Donc en fait,

 tant qu’on ne s’intéressera pas

 et qu’on refusera de reconnaître

 que pour arrêter ce carnage

 en Cisjordanie et à Gaza,

 il faut punir,

 il faut mettre

 hors d’état de nuire

 le régime qui permet

 ces massacres,

 eh bien, on continuera le statu quo.

 Et c’est exactement

 ce qu’est en train de faire

 le gouvernement français.

 Ces mesures,

 déjà, il faut souligner

 que les mesures,

 la procédure de demande,

 comment dire,

 d’arrêt du commerce des colonies

 avec les colonies,

 ce sont pour l’instant des mesures

 et on attend qu’elles

 soient suivies des faits.

 Pour l’instant,

 elles ne sont pas,

 c’est des annonces.

 Et deuxièmement,

 elles sont largement insuffisantes

 parce qu’il faut accompagner ça

 pour arrêter en tout cas

 ou en tout cas mettre

 un vrai levier de pression.

 Il faut que la France

 intervienne plus fort

 pour demander la suspension

 de l’accord d’association

 entre l’Union.

 Qu’est-ce que c’est

 vous pouvez expliquer ?

 On évoque souvent

 cet accord d’association

 et j’ai l’impression

 qu’il n’est jamais

 réellement explicité

 dans le Média.

 Cet accord d’association,

 il a été mis en place

 pendant les années 2000.

 Donc, si on fait le…

 Si on reprend le contexte

 pendant les accords d’Oslo

 où tout le monde…

 où la colonisation s’accélérait

 mais que tout le monde pensait

 qu’il y allait avoir

 un processus de paix

 et donc que cet accord,

 il a été en place

 dans cette période-là.

 C’est un accord…

 Pour moi, c’est l’accord

 qui révèle le plus

 la complicité finalement

 parce que c’est un accord

 d’association qui donne

 à Israël,

 alors qu’il n’est pas

 membre de l’Union européenne,

 des avantages extrêmement,

 extrêmement forts

 et notamment cet accord

 d’association entre

 l’Union européenne et Israël,

 c’est un accord

 d’échange commerciaux

 de produits, de services

 et qui a été chiffré

 en 2025

 à 43 milliards d’euros.

 Entre Israël

 et l’Union européenne.

 L’Union européenne.

 Il faut quand même souligner

 que l’Union européenne

 est le premier

 partenaire commercial d’Israël.

 C’est vraiment très important

 avant même les États-Unis,

 même si les États-Unis

 sont le plus gros fournisseur

 d’armes.

 Pour l’instant, on parlera

 tout à l’heure de l’armement.

 Mais donc, c’est

 je ne vais pas dire

 que cette suspension,

 elle aurait arrêté le génocide,

 mais ça aurait été un énorme

 levier de pression.

 Ce génocide, il dure

 depuis trois ans.

 Cet accord

 entre l’Union européenne

 et Israël,

 il est conditionné

 dans sa clause numéro 2

 au respect des droits humains

 par Israël.

 Donc tout le monde,

 eux-mêmes, l’Union européenne,

 elle-même, le Parlement

 européen a délibéré

 encore il y a quelques mois

 en disant que Israël

 ne respectait pas cette clause.

 Pour autant, cet accord,

 il est toujours en cours.

 Ils n’ont toujours pas

 imposé de sanctions.

 Il y a des États qui bloquent,

 mais il n’y a pas

 de mécanismes forts

 de gouvernement de l’Union

 au sein de l’Union européenne

 pour, par exemple,

 poser la question

 à travers un vote

 ou en tout cas mettre en place

 des mécanismes

 même nationaux,

 quand bien même

 le mécanisme européen

 serait bloqué

 par quelques États,

 il y aurait des mécanismes

 à mettre en place en France.

 Et je le redis

 parce que c’est important

 de le redire.

 La suspension

 de des mesures

 qui soient prises aussi

 contre les Franco-Israéliens

 qui vont servir

 dans l’armée israélienne.

 Ils sont aujourd’hui à l’heure

 où on se parle

 parfaitement impuni.

 Il y a des soldats génocidaires

 qui vont

 combattre

 à Gaza

 et qui ne compagnent pas.

 On parle de combien de personnes

 exactement ?

 Vous avez des chiffres ?

 On estime à environ

 6000 le nombre de soldats

 Franco-Israéliens.

 Donc, c’est un chiffre

 pas négligeable.

 À l’heure où on n’arrête pas

 de rabâcher la lutte

 contre l’apologie du terrorisme.

 Là aussi, on voit bien

 qu’il y a un billet quelque part.

 Il y a une hypocrisie.

 Il y a une incohérence.

 Il y a un vrai problème

 à porter plainte

 contre des militants

 qui expriment une opinion

 politique et puis d’autres

 qui font des faits précis.

 C’est à dire

 qu’ils vont participer

 à commettre

 un génocide dans la bande de Gaza

 et qui ne sont pas inquiétés

 par la justice française

 aujourd’hui.

 Et puis,

 ce gouvernement pourrait mettre en place

 encore une fois un embargo

 sur les armes.

 Alors oui,

 on ne va pas se mentir.

 Le montant n’est pas le plus élevé

 d’Europe ou même du monde.

 On estime à environ

 20 millions d’euros

 le montant d’échanges militaires

 entre la France et Israël.

 Mais c’est parfaitement

 ça relève d’une complicité.

 Ça relève d’une chaîne complice.

 Le fait que dans nos ports,

 on continue d’envoyer des munitions

 d’armement à destination d’Israël.

 Il y a cette complicité-là

 et il faut y mettre fin.

 Et c’est pour ça qu’il y a

 un mois d’action

 qui va être organisé en octobre,

 tout le mois d’octobre

 pour faire en sorte que

 dans nos facs,

 dans nos universités,

 dans les ports,

 on se mobilise,

 on met en place des actions

 avec les syndicats,

 avec les groupes militants,

 avec les partis politiques.

 On s’organise dans ce mois d’action

 pour faire en sorte que

 de briser la chaîne de la complicité

 ou en tout cas de la visibiliser.

 Parce qu’il est grand temps

 que la France

 mette en place un embargo sur les armes,

 comme l’a fait l’Espagne,

 comme l’ont fait d’autres pays.

 Alors aujourd’hui,

 il y a eu un changement

 du gouvernement colombien,

 mais le gouvernement,

 l’ancien gouvernement colombien,

 aujourd’hui, malheureusement,

 c’est l’extrême droite

 qui a pris la main au pouvoir.

 Mais avant ça,

 le président colombien

 avait imposé un embargo

 à destination du charbon,

 à destination d’Israël.

 Et c’était extrêmement important

 parce que toute cette chaîne-là

 alimente, apprivoisionne

 le génocide à Gaza.

 Donc c’est tout ça

 contre lequel on doit lutter.

 On doit pousser notre gouvernement

 à agir plus

 pour faire en sorte

 que nous ne soyons pas complices,

 que nous, je le répète,

 pas que notre gouvernement,

 que nous,

 que la société civile française

 ne soit pas complice

 de ce génocide

 et de ces crimes en Cisjordanie.

 Je suivais un peu

 le salon du Bourget et autres

 sur lequel c’est,

 dont je précise à nos auditeurs,

 qui ne seraient pas du tout

 liés au monde de l’armement.

 Il y a un grand salon annuel

 de l’armement

 et des technologies militaires

 et sécuritaires en France.

 Et au dernier moment,

 on a empêché

 dans une sorte de camoufler

 pour Israël,

 mais relatif.

 Je ne pense pas

 que ça empêchait les contrats,

 mais on leur a empêché

 d’exposer sur les stands

 tout matériel offensif.

 Donc ils avaient le droit

 de présenter uniquement

 du matériel de défense.

 On sait que la France

 et l’Europe, en général,

 achètent énormément

 d’une part de logiciels,

 mais également de drones,

 notamment de drones

 de reconnaissance,

 d’observation,

 mais également de drones

 de combat

 sur lesquels les sociétés

 israéliennes

 sont très en avant,

 sont très en avant aussi

 parce que par la violation

 du droit international,

 elles peuvent permettre

 à ces drones de faire

 tout un tas de choses,

 notamment avec l’intelligence

 artificielle.

 Mais vous précisiez,

 vous parliez de munitions.

 La France, elle,

 vend des supports de cartouches

 pour mitrailleuses.

 C’est ça, si je me trompe pas.

 Et est-ce qu’on peut

 revenir rapidement

 sur ce dossier ?

 Absolument.

 Donc en fait,

 il y a des entreprises,

 on va les citer,

 Eurolinks,

 dans le Sud de la France,

 qui continue de produire

 des munitions et d’envoyer

 à destination d’Israël.

 Et donc, tout ça,

 c’est permis

 parce que le gouvernement

 le permet.

 Et donc,

 on a eu, comme vous le disiez,

 le salon Oro Satori.

 Nous, ABDS Paris,

 région parisienne,

 on était mobilisés

 aux côtés d’autres acteurs,

 des collectifs

 Guerre à la guerre,

 Stop Arming Israël et d’autres,

 devant le salon Oro Satori

 en juin dernier.

 Parce qu’en fait,

 là aussi, il y a vraiment

 une hypocrisie.

 On va dire les choses,

 on va dire les termes

 parce qu’il y avait 28…

 Ils ont interdit,

 ils ont autorisé…

 Ils ont interdit, pardon,

 12 entreprises israéliennes

 sur les 28 qui étaient annoncées.

 Et en fait,

 parmi ces 12 qui étaient présentes,

 il y avait Elbit System.

 Elbit System,

 c’est la principale société

 d’armement israël.

 80% des armes fabriquées en Israël

 sont produites par Elbit System.

 Donc, je ne sais pas

 si vous mesurez.

 Et ça, par exemple,

 cette entreprise-là,

 elle était autorisée.

 Elbit System est accusée

 d’avoir utilisé

 du phosphore blanc

 contre la population

 civile à Gaza.

 Donc, bien sûr,

 c’est absolument scandaleux.

 Et ça, ça révèle aussi

 le sentiment de poids,

 de mesures et de sentiments,

 surtout que ce n’est

 pas assez parce que, bien sûr,

 on peut se réjouir

 qu’il y a des entreprises

 israéliennes qui étaient interdites,

 mais on ne peut pas se réjouir

 que des entreprises

 militaires israéliennes,

 comme Elbit System,

 aient pu encore une fois

 être autorisées au salon du Bourget.

 Et l’argument utilisé,

 c’est qu’ils interdisent

 les armes

 offensives, en fait.

 Et donc, ils autorisent

 que des protections

 pour le dôme de fer, par exemple.

 Ils autorisent que le défensif,

 l’envoi du matériel défensif.

 Sauf qu’en fait,

 il y a une entreprise d’armement,

 c’est une entreprise d’armement.

 Une entreprise d’armement,

 elle fait toutes sortes de matériel.

 Il ne peut pas y avoir

 de distinction entre du défensif

 et du matériel utilisé

 à commettre des massacres

 sur une population civile.

 Ça n’existe pas

 ce genre de différenciation.

 Donc, l’argument du gouvernement

 est absolument indécent,

 absolument scandaleux

 et n’est pas, encore une fois,

 à la hauteur de ses obligations

 internationales.

 Mais ils jouent sur,

 ils utilisent l’argument

 effectivement du défensif,

 alors qu’on le sait,

 il n’y a aucune possibilité

 de ces munitions.

 Elles vont bien servir

 contre eux.

 Elles sont évidemment commandées

 en temps de génocide.

 Et donc, ce n’est pas possible

 de mener des enquêtes

 pour savoir comment seront utilisées,

 comment fonctionne

 telle ou telle entreprise d’armement.

 Et c’est absolument ça

 qu’on dénonce.

 Et encore une fois,

 le gouvernement ne ferait pas

 un geste de bonne volonté

 en mettant en place cet embargo.

 Il respecterait juste

 ses obligations internationales

 puisque les États

 ont l’obligation d’agir.

 Et concernant la Cisjordanie,

 puisque là, on a vu les annonces

 il y a quelques semaines

 sur l’annonce de Jean-Noël Barreau

 qui a dit qu’il allait

 mettre en place des mesures

 sur les produits de Cisjordanie,

 eh bien là encore,

 on a la Cour internationale de justice,

 toujours cette même cour

 qui, rappelons-le,

 est la plus haute

 juridiction internationale

 qui demande aux États, je cite,

 de ne pas prêter assistance

 à des situations de maintien

 d’Israël dans le territoire

 palestinien occupé.

 Donc là aussi,

 c’est des recommandations.

 C’est vraiment aux États.

 Ce n’est pas le gouvernement

 qui ferait des gestes

 de bonne volonté.

 C’est qu’aujourd’hui,

 la Cour est en train de dire

 qu’en fait, les États

 ne prennent pas

 leurs responsabilités

 et leur demandent d’agir.

 Et c’est tout ça

 qui n’est toujours pas mis en place

 et c’est contre ce

 sur quoi on se mobilise.

 Et quelles sont ces sociétés

 qui, en Cisjordanie,

 sont finalement visées

 par cet arrêté

 ou cette décision

 de la Cour internationale

 de justice ?

 Alors, il y aurait beaucoup

 de sociétés d’entreprises,

 mais au-delà de ça,

 c’est ce que d’ailleurs

 c’est un des manquements

 de cette annonce

 de Jean-Noël Barreau

 qui ne parle que des produits

 ou des entreprises.

 Il y a aussi les biens,

 les services qui ne sont pas

 mentionnés dans ces sanctions

 dont on attend par ailleurs

 de voir le résultat.

 Je pense par exemple

 à Airbnb ou Booking.

 Airbnb ou Booking

 proposent aujourd’hui

 en toute impunité

 des logements

 dans les colonies israéliennes.

 C’est pour ça qu’on appelle

 au boycott,

 entre autres,

 d’Airbnb et Booking aujourd’hui

 parce que ces deux entreprises,

 malgré toutes les démarches,

 il y a eu des démarches

 aussi militantes et juridiques,

 il y a eu un appel au boycott,

 elles continuent.

 Aujourd’hui, on peut

 en toute tranquillité

 sur Booking.com

 commander un logement

 en Cisjordanie occupée

 chez Descolon.

 Donc c’est aussi ça,

 tirer profit de l’oppression

 du peuple palestinien,

 c’est aussi ça.

 Donc c’est tout ce sur quoi

 on va effectivement

 établir des mécanismes de…

 On établit des campagnes

 de boycott aussi

 dans ce cadre là,

 mais il y a toute

 une série d’entreprises

 qui vont ou qui sont déjà

 ciblées, et je pense

 notamment à Carrefour,

 on y reviendra peut-être

 Oui, on peut l’aborder

 tout de suite.

 Je sais que Carrefour

 donc fait l’objet

 d’une campagne très grande

 dans le monde entier,

 parce que j’ai découvert

 ce boycott de Carrefour

 dans des vidéos qui venaient

 du monde arabe,

 où il y avait donc des filiales,

 enfin des Carrefour

 qui étaient ouverts

 et qui étaient vides

 et les gens se filmaient

 au départ de cette campagne

 génocidaire israélienne à Gaza.

 Carrefour,

 donc quelle est son histoire

 avec finalement l’État israélien

 et la Cisjordanie ?

 Alors, il y a eu un rapport

 en 2022 qui s’appelle

 un rapport qui est sorti

 par la FPS

 et différents syndicats

 comme Solidaire et la CGT,

 qui s’appelle

 les Lisons dangereuses

 de Carrefour

 avec la colonisation israélienne

 et qui documente le fait

 que Carrefour a conclu

 un partenariat

 avec deux entreprises israéliennes

 Electra, Consumer, Product

 et Yenad Bitaan

 qui sont toutes les deux

 gravement actrices

 dans la colonisation

 des territoires palestiniens occupés.

 Et donc, ça fait plusieurs années

 qu’on a lancé une campagne

 en direction de Carrefour.

 On appelle nous

 au boycott de Carrefour aujourd’hui

 et on a découvert

 que pendant le génocide,

 donc au lieu de prendre en compte

 vraiment

 les juridictions internationales,

 les pressions des sociétés civiles,

 le mouvement BDS,

 Carrefour a intensifié

 son partenariat

 avec la colonisation

 puisque, en fait,

 on a découvert

 que huit magasins franchisés,

 dont deux sous-enseignes Carrefour

 avaient ouvert

 pendant le génocide.

 On a découvert

 que Carrefour Israël

 avait conclu un partenariat

 avec le gouvernement israélien

 à hauteur de 15 millions d’euros.

 Donc, c’est extrêmement grave

 en termes de complicité.

 Quel est l’objet de ce contrat?

 Parce qu’on entend souvent

 que telle entreprise

 a des contrats

 avec l’armée israélienne, etc.

 C’était un sponsor économique,

 un sponsor avec Carrefour Israël.

 Il n’empêche que,

 comme d’habitude,

 Alexandre Montparc,

 qu’on a interpellé là-dessus,

 nous dit non,

 mais on l’avait interpellé

 parce que, en fait,

 tout était parti aussi.

 En tout cas,

 ce qui avait permis

 aux gens de comprendre

 un peu la campagne Carrefour,

 c’est l’histoire des pani repas

 des soldats génocidaires.

 Carrefour Israël

 avait distribué des panis repas

 aux soldats génocidaires

 dans la bande de Gaza

 en octobre 2023,

 pendant, au début du génocide.

 Donc, à l’époque,

 ils nous avaient répondu

 que c’est Carrefour Israël

 qui avait fait ça.

 Donc, en fait,

 aujourd’hui, la complicité,

 elle continue.

 Et c’est vraiment très important

 d’intensifier cette campagne BDS

 en direction de Carrefour.

 C’est vraiment

 notre cible prioritaire.

 J’invite toutes celles

 et ceux qui nous écoutent

 à ne pas sous-estimer le fait

 de ne plus aller faire

 leur course à Carrefour.

 C’est vraiment très important

 parce que ça touche

 à la complicité.

 Ça touche vraiment

 Carrefour est aujourd’hui

 complice de la colonisation

 des territoires palestiniens

 et complice de la politique

 du régime génocidaire israélien.

 Et il ne faut pas sous-estimer

 ce qu’on fait.

 On a appris qu’en 2025,

 Carrefour avait perdu

 56% de ses bénéfices nets.

 Alors, bien sûr,

 il y a d’autres facteurs.

 On ne va pas se mentir.

 Il y a d’autres facteurs

 qui font que Carrefour a perdu.

 Mais notre pression

 est très importante.

 Notre pression populaire

 paye et elle est très importante.

 Et c’est important

 de l’intensifier.

 Carrefour fait l’objet

 d’une campagne internationale

 dans les pays arabes.

 Il y a le partenaire historique

 de Carrefour en Jordanie

 qui s’appelle Majed El Foutaïm

 qui a rompu son partenariat

 dans d’autres pays également.

 Donc, c’est très important

 de continuer ces campagnes

 de boycott en direction de Carrefour.

 Et en dehors de Carrefour,

 que vous avez évoqué là,

 quels sont les succès de BDS ?

 À quel moment

 soit vous clôturez un dossier

 parce que l’entreprise

 ou la situation et

 vous avez réussi à mettre fin

 à une situation ou à un contrat,

 par exemple.

 Est-ce que c’est

 des petites victoires

 ou est-ce que vous avez conscience

 que parfois vous avez vraiment

 fait reculer cet hydre ?

 Alors, on ne peut jamais être

 vraiment satisfait

 parce qu’évidemment,

 ça va beaucoup trop lentement

 pour un génocide.

 Nos actions, en fait,

 évidemment, elles sont limitées

 parce qu’on est dans un contexte

 de criminalisation,

 on est dans un contexte où

 on n’a pas le pouvoir

 qu’ont nos gouvernements.

 Et donc, mais pour autant,

 on a mené plusieurs mobilisations

 qui ont porté leurs fruits.

 Je pense, par exemple,

 le dernier exemple en date,

 c’était un peu le Tour de France

 où ça fait plusieurs années

 qu’on se mobilise

 contre le Tour de France.

 Et on a appris qu’en fait,

 cette année,

 l’équipe israélienne,

 Israël Premier Tech

 n’a pas concouru

 ou n’a pas participé

 sous le maillot Israël.

 Et ça, ça fait suite

 à une mobilisation

 de plusieurs années en France,

 mais aussi dans plusieurs

 autres pays.

 Et je pense aux camarades,

 aux camarades extraordinaires

 espagnols en Espagne

 qui se sont mobilisés

 lors de la vuelta,

 qui ont vraiment fait

 des actions spectaculaires

 contre la présence d’Israël.

 Et tout ceci,

 toutes nos mobilisations

 ont conduit au fait

 qu’Israël aujourd’hui,

 il n’y ait plus de présence

 de l’équipe israélienne.

 Évidemment, il faut quand même

 rappeler que ce n’est pas

 les sportifs en tant que tels

 dont on appelle au boycott.

 C’est l’État d’Israël,

 c’est la visibilisation.

 Le propriétaire

 de cette Israël Premier Tech

 revendicait qu’en fait

 il voulait être

 l’ambassadeur d’Israël.

 Ces mots, ces termes,

 ils se revendiquaient

 comme un ambassadeur,

 un fier ambassadeur

 du régime génocidaire.

 C’est cette instrumentalisation

 du sport, de la culture,

 de l’universitaire

 qui font qu’on mène

 ces campagnes-là.

 Et ce n’est pas,

 comme ça a été dit parfois

 pour caricaturer

 la campagne BDS,

 on ne mène pas des campagnes

 en direction des individus.

 Nous, on est une campagne

 éthique, on ne mène pas,

 on ne vise pas des personnes

 en tant que tels,

 qu’elles soient israéliennes

 ou autres.

 On mène des campagnes

 en direction du régime

 génocidaire aujourd’hui.

 Et donc, ce régime génocidaire,

 il s’exprime aussi

 à travers ses équipes,

 ses équipes sportives,

 ses artistes internationaux,

 ses institutions culturelles.

 Et donc, c’est contre ça

 qu’on se mobilise.

 Donc, c’est vraiment important.

 Et on parlait du culturel.

 On était quand même

 contents d’apprendre

 lors de la dernière édition

 de l’Eurovision

 qu’ils avaient eu

 35 millions de vues en moins.

 Ça aussi, c’est une victoire

 du mouvement BDS.

 On a lancé de grandes campagnes

 d’appels au boycott

 de l’Eurovision

 avec la participation d’Israël.

 Et en 2025, il y a eu 35 millions

 de vues en moins.

 Donc, je pense que c’est

 c’est très intéressant de savoir.

 Et c’est important aussi

 de parler de l’opinion,

 comme on dit l’opinion

 à la société civile,

 parce qu’en fait, en France,

 en tout cas,

 je sais qu’il ne faut pas faire

 forcément confiance au sondage.

 Mais moi, je me réfère toujours.

 Il y a un sondage

 qui me paraît quand même important.

 Il est sorti en mai 2025.

 C’est un sondage d’Odoxa.

 Et ce n’est pas pour la campagne

 BDS qu’il est sorti.

 Ce n’est pas pour la gauche même,

 c’est pour public Sénat

 et qui documente le fait que

 61% des Français

 et des Françaises

 s’expriment pour des sanctions,

 sont pour des sanctions

 à l’endroit d’Israël.

 Et ce chiffre montre à 74%

 si Israël continue

 ne met pas fin au massacre à Gaza.

 Donc, 74% aujourd’hui

 de personnes favorables

 à des sanctions,

 ça donne un indicateur

 et ça donne aussi un indicateur

 du décalage

 entre la société civile

 et le gouvernement, finalement.

 Donc, c’est vraiment intéressant

 aussi de comprendre qu’aujourd’hui,

 d’ailleurs, ça le prouve aussi par

 je trouve par le développement

 aussi des organisations

 qui rejoignent la campagne BDS.

 On a des partis politiques

 majeurs de la gauche

 qui nous ont rejoints.

 On a les jeunes écologistes

 qui vont nous rejoindre

 dans quelques semaines,

 l’Union étudiante.

 Il y a un vrai élargissement

 de la gauche,

 aujourd’hui des progressistes

 dans ce pays,

 à s’emparer de la campagne BDS

 parce que, finalement,

 c’est l’un des seuls moyens

 aujourd’hui à notre disposition

 en France

 de pouvoir agir

 en solidarité effective.

 Effective parce que rappelons-le

 et rappelons-le toujours,

 les Palestiniens

 ne demandent pas la charité.

 Ils demandent la solidarité.

 Et la solidarité,

 ça passe aussi par respecter

 leur forme de solidarité

 de ce qu’ils demandent

 aux sociétés civiles.

 Et aujourd’hui,

 ils nous demandent d’intensifier.

 Il y a eu encore

 une délégation de solidaires

 il y a quelques semaines

 en Cisjordanie occupée.

 Et en fait,

 tous les Palestiniens

 qu’ils ont rencontrés,

 ils leur disaient

 une seule chose,

 s’il vous plaît,

 intensifier la campagne

 Boycott des investissements

 sanctions.

 Et c’est ce qui fait quelque part

 la richesse de la campagne BDS

 et la force de la campagne BDS.

 C’est que tous les Palestiniens

 nous demandent

 sont d’accord,

 à part bien sûr,

 il existe bien sûr

 des associations

 qui sont encore

 pour, voilà,

 qui sont corrompues

 ou qui demandent,

 qui ne demandent pas

 les justes droits

 du peuple palestinien.

 Mais tous les Palestiniens

 qu’on peut voir

 en Palestine occupée

 nous demandent d’intensifier

 ces campagnes-là

 qui sont notre seul,

 l’un des principaux outils

 de solidarité aujourd’hui

 avec le peuple palestinien.

 C’est cette campagne BDS.

 Donc elle se renforce

 dans l’opinion,

 elle se renforce

 dans les organisations

 et c’est important aujourd’hui

 de faire en sorte

 qu’elle puisse aussi

 avoir des leviers

 sur les décideurs,

 les décideurs politiques,

 les décideurs aussi

 en termes

 au niveau des entreprises.

 Et c’est pour ça

 qu’on se mobilise aussi

 contre ces entreprises-là.

 Pour leur dire

 vous ne pourrez

 vous ne pourrez plus

 faire ça en cachette.

 Et c’est intéressant,

 tout à l’heure,

 on parlait des rapports,

 le rapport,

 la lison dangereuse

 des Carrefour

 avec la colonisation israélienne.

 C’est des rapports

 économiques, tout ça,

 où en fait,

 nous, on fait appel

 avec d’autres groupes

 à des organismes

 de recherche économique

 que je pense à ProfondO,

 qui est un organisme

 de recherche basé

 aux Pays-Bas,

 qui a documenté, par exemple,

 en termes financiers,

 je ne parle même pas

 des termes

 en termes financiers,

 les complicités

 des banques israéliennes.

 Il y a un rapport

 qui a été fait aussi

 par Don’t Buy Into Occupation

 aussi.

 Et c’est des rapports

 donc qui documentent

 de manière économique

 les complicités

 qui ont pu rappeler

 que la BNP, par exemple,

 avait conclu,

 avait fait un prêt

 à Elbit Systems,

 à hauteur,

 Elbit Systems,

 c’est l’entreprise militaire

 dont on parlait tout à l’heure,

 à hauteur de 91 millions d’euros

 pendant le génocide

 dans la bande de Gaza,

 entre autres complicités.

 C’est pour ça qu’avec

 avec différents groupes,

 on appelle,

 on a lancé une campagne

 qui s’appelle Banque Complice,

 où on appelle à rompre

 les complicités.

 J’ai l’impression,

 effectivement,

 que ce que vous dites là

 résume bien la situation.

 Et pour moi, elle est à la fois

 positive et très négative,

 malheureusement,

 déjà parce que le génocide

 continue.

 J’ai l’impression,

 par exemple,

 que la branche la plus centriste

 de la gauche française,

 notamment,

 mais également européenne,

 vous rejoint.

 J’ai l’impression

 que le PS n’était pas du tout,

 par exemple,

 sur ces positions-là

 en début 2000,

 quand vous avez fondé BDS

 et que vous avez subi

 une pression policière

 et judiciaire.

 Je n’ai pas l’impression

 que c’était la position,

 notamment sur la fin

 des accords d’association.

 J’ai l’impression

 que vous militez très seul

 contre vans et marées

 et que, y compris,

 les gens au pouvoir

 refusaient d’entendre

 ces propos

 qui sont en train

 de s’approprier aujourd’hui.

 J’ai l’impression

 que là-dessus,

 c’est un vrai échec

 pour Israël.

 Israël avait clairement ciblé

 BDS comme l’un des dangers,

 notamment sur le boycott

 qui est économique,

 mais sur le boycott culturel.

 Je précise qu’au départ

 de son existence,

 l’État d’Israël est incorporé,

 par exemple,

 au championnat asiatique.

 On s’en rappelle peu,

 mais les premières compétitions

 de foot, de judo,

 de différents sports

 dans lesquels les Israéliens

 pouvaient être assez doués,

 par ailleurs,

 devaient se faire

 dans la Confédération Asiatique,

 et qu’à l’époque,

 un grand nombre de pays asiatiques

 les boycottaient

 et donc ils se retrouvaient

 à être dans l’incapacité

 de faire ces jeux avec eux,

 et donc ils ont été incorporés,

 je ferai peut-être un épisode là-dessus,

 dans la Confédération Européenne.

 Bon, ça peut paraître assez étrange,

 mais c’est comme ça,

 ils ont été découpés

 du continent asiatique

 pour se retrouver avec l’Europe.

 Donc c’est pour ça qu’il y a l’Eurovision,

 qu’ils sont au championnat d’Europe

 de foot, de basket, de judo,

 de natation, etc, etc.

 Et que vraiment,

 j’avais cette impression-là

 que quand on regardait

 la doctrine d’Israël,

 c’était pas seulement sa doctrine militaire,

 mais sa doctrine en tant que

 d’affrontement avec

 les grands périls qu’elle courait,

 c’était pas seulement

 les missiles iraniens par exemple,

 mais BDS faisait partie de ça.

 Sur ce point de vue-là,

 depuis le génocide,

 BDS a gagné.

 C’est-à-dire que,

 vous le disiez,

 il n’est plus possible

 de faire un tour d’Espagne,

 la Buelta avec une équipe israélienne.

 Cette équipe-là avait perdu

 ses sponsors au fur et à mesure

 de la campagne,

 c’est-à-dire que le sponsor vélo se retirait,

 des gens ne voulaient pas

 signer avec l’équipe, etc, etc.

 Enfin, c’était un bazar sans nom.

 Donc là-dessus,

 j’ai une impression qu’on

 vous avez participé à cette victoire.

 Malgré tout,

 comme dans tous les génocides,

 j’ai l’impression

 ce qui va être persistent,

 c’est l’existence de ce génocide

 et en parallèle,

 l’existence de la négation

 de ce génocide.

 Et ça, je trouve ça terrible

 parce que j’ai l’impression

 que les gens qui vous poursuivent

 aujourd’hui sont des gens qui,

 en plus, c’est terrible

 parce que par leur histoire

 familiale, culturelle, etc.

 Je pense à une émission

 que j’ai regardée avec

 Alain Finkelkraut,

 où il disait oui, mais il n’y a pas,

 il y a toujours deux millions

 de Palestiniens vivant à Gaza,

 donc ce n’est pas un génocide.

 J’avais beaucoup travaillé

 au cours de mes études

 sur la négation du génocide juif

 et où les gens,

 pareil, contestaient des chiffres,

 en fait, commençaient à dire

 mais regardez, Simone Vail

 est toujours vivante.

 Oui, non, mais attendez,

 évidemment qu’il y a des gens

 qui ont survécu,

 évidemment que ça n’a pas

 tué tout le monde.

 Et heureusement,

 mais ça en a quand même tué

 un nombre inconsidérable.

 Et combien même ?

 Ça n’en aurait tué

 que beaucoup moins.

 La question n’est pas là.

 L’intention était là.

 C’est-à-dire que

 et j’ai l’impression qu’on est

 et j’aimerais terminer là-dessus

 sur à la fois une victoire

 de BDS qui s’est mondialisée,

 qui est en train de…

 Je ne pense pas qu’aujourd’hui,

 mise à part dans quelques domaines

 qui vont rester très flou,

 très le bancaire, par exemple,

 le militaire sur lequel

 il est facilement,

 il est très difficile, pardon,

 d’avoir accès à des contrats,

 à des choses sur le reste,

 sur la culture, sur l’économie

 au sens propre,

 au carrefour, etc.

 J’ai l’impression que BDS

 va balayer la présence israélienne

 et que ça va être très compliqué.

 Mais malgré tout,

 dans la conscientisation

 et dans la représentation

 de ce qu’est le génocide

 en Palestine,

 j’ai l’impression qu’on a encore

 en fait, il y a une ligne

 de fracture très forte

 dans la vie politique

 et médiatique européenne

 ou française.

 Je ne parle pas de l’Allemagne

 et de ces pays-là,

 mais concentrons-nous déjà

 sur le cas de la France.

 J’ai l’impression que là,

 par contre, sur la question

 du génocide, etc.,

 là, pour le coup,

 cette militance-là a perdu,

 si je puis dire,

 en tout cas, momentanément.

 Oui, tout à fait.

 C’est-à-dire que,

 pour être tout à fait honnête,

 on est quand même dans

 une situation d’impuissance

 aujourd’hui.

 En fait, on agit, bien sûr,

 parce qu’il ne faut pas

 baisser les bras.

 Et on est plein de désespoir.

 On est plein de désespoir

 parce qu’on se dit

 qu’on est dans un moment

 où un génocide a lieu

 sous nos yeux.

 Et donc, on n’a pas pu

 empêcher ce génocide.

 On n’a pas pu empêcher

 ce génocide.

 Et donc, on est quand même…

 Ça restera effectivement

 un moment

 très difficile de notre histoire.

 Et je pense que l’histoire

 sera juste…

 L’histoire juge toujours

 et l’histoire sera sévère

 pour ceux qui…

 Parce qu’il y a eu des génocides

 qui n’étaient pas documentés.

 Il y a eu des génocides où

 on n’avait pas tous les éléments

 en temps réel.

 Aujourd’hui, ce génocide,

 il est télévisé.

 Et donc, je pense que l’histoire

 sera encore plus dure

 pour ceux qui ont laissé faire,

 alors qu’ils avaient

 les moyens d’agir

 et que nous,

 on est effectivement

 dans ce contexte-là

 où, bien sûr,

 on se mobilise,

 mais bien sûr, on est plein

 aussi de sentiments

 d’impuissance

 et, bien sûr,

 de toute façon, on le sait,

 cette campagne BDS,

 elle est là pour

 pour lutter contre l’impunité,

 mais on n’a pas les mécanismes

 de changement.

 C’est nos gouvernements

 qui doivent agir

 et tout notre travail

 consiste à, en tout cas,

 à révéler l’État d’Israël

 dans ce qu’il a été capable de faire

 et pas seulement

 pendant le génocide

 et de rappeler que, évidemment,

 c’est des décennies

 d’occupation et de colonisation

 qui ont ramené à ça

 parce que les mots sont importants,

 les faits sont importants

 et, en fait,

 ramener de l’histoire

 dans tout ça,

 c’est toujours très important,

 y compris de dire que

 ce n’est pas encore une fois un hasard

 et les gens,

 il y a beaucoup de gens

 qui commencent à découvrir

 la situation en Palestine

 avec ce génocide.

 L’une des choses intéressantes

 dans ce contexte dramatique,

 c’est que ça a permis de conscientiser

 auprès d’un public très large

 de quoi était capable Israël.

 Et donc, de ce point de vue-là,

 il faut effectivement…

 On continue à se mobiliser,

 mais c’est un sentiment,

 oui, d’impuissance

 et en même temps une volonté

 de ne jamais lâcher

 et de se dire qu’il faut

 plus que jamais renforcer

 cette solidarité.

 Emails à Bib, merci beaucoup.

 Merci à vous.

 Alors, j’espère que vous avez apprécié

 cet épisode d’un nouveau genre.

 N’hésitez pas à nous le signaler

 en nous laissant un commentaire

 sur les plateformes d’écoute,

 notamment Apple Podcasts,

 en mettant également une note,

 pourquoi pas,

 ou en faisant connaître

 autour de vous notre podcast,

 car vous êtes notre meilleur

 outil marketing.

 Merci et à bientôt.

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