Un format court consacré à l’action militaire de l’état israélien. Comment Israël préfère ses otages morts qu’aux mains de ses ennemis
Abonnez-vous sur Apple Podcast afin de soutenir le Podcast
Après avoir examiné la doctrine militaire dite Dahiyé consacrée à la riposte sans aucune proportion sur des zones civiles sans enjeux militaires en cas de lancement de roquettes ou missiles par ses ennemis en Palestine ou au Liban, nous consacrons cet épisode à la directive Hannibal qui elle s’adresse aux citoyens israéliens en cas de prise d’otage.
Lorsque cette directive orale est envisagée en 1986 par Tsahal elle doit faire face à la problématique de l’asymétrie des négociations qui découlent de ces enlèvements par le Hezbollah. Il s’agit de tirer sur les véhicules contenant ou non les israéliens au risque de les blesser voire de les tuer à contre temps des politiques européennes de libération des otages par des forces spéciales ou de non négociation initiée par les Usa depuis Richard Nixon.
Cette directive avait pourtant disparue jusqu’au 7 octobre où de nombreux israéliens ont été victimes pas seulement de tirs fratricides selon Tsahal mais aussi de tirs en provenance d’hélicoptère de combat ou de char merkava sur des véhicules ou des maisons au sein de kibboutz où 13 personnes seront tuées à cette occasion dans un chaos total.
Les évènements du 7 octobre sont racontés dans le premier épisodes du podcast documentaire Récit Stratégique la guerre asymétrique du Hezbollah au XXIe siècle.
Retrouvez le Podcast Récit Stratégique sur toutes les plateformes ou suivant ce lien
Vous pouvez soutenir notre travail en effectuant un don sur la plateforme HelloAsso : https://www.helloasso.com/associations/images-d-ici-d-ailleurs/formulaires/1
Produit par Images d’Ici & d’Ailleurs 2026
Musique du générique :
Produit par : El-Funoun Palestinian Dance Troupe « Lover’s Hymn »
Palestinian folk tune
Transcription provisoire de l’épisode 21 de la saison 1 de ce podcast en français sur la Palestine :
Bonjour et bienvenue dans Fragments de Palestine, un podcast produit par Images d’ici et d’ailleurs
consacré à l’hypothèse d’un état palestinien.
Je suis Emmanuel Hiriart et je vous propose désormais les jeudis, des formats courts,
en parallèle donc des interviews du lundi.
Ils viendront compléter et éclairer les entretiens et permettre de redécouvrir
ou d’approfondir une question à un événement ou à une personnalité politique ou intellectuelle
palestinienne.
Si nos productions sont accessibles gratuitement, ce n’est pas sans coût pour notre association
à but non lucratif.
Dès lors, si vous le pouvez, n’hésitez pas à nous soutenir, soit financièrement
en réalisant un don sur Hello Assault, dont le lien est en description de cet épisode,
soit en vous abonnant, en laissant un commentaire, en faisant connaître le podcast
sur vos réseaux sociaux ou dans votre entourage par avance.
Merci.
Alors, ce format court va nous permettre de continuer la plongée dans la stratégie et
l’action militaire israélienne, débutée avec l’épisode consacré à la doctrine
Dahiyé que vous trouverez également en lien dans la description de cet épisode.
Mais donc cette fois-ci, en étudiant une directive ne concernant pas directement
ses ennemis, libanais ou palestiniens, gazawis ou non, mais les propres citoyens
israéliens que l’Etat ne souhaite pas voir finir vivant entre les mains des forces
de la résistance palestinienne ou libanaises et donc qu’il préfère mort.
La directive Hannibal, également appelée Protocol Hannibal, est en fait une procédure
militaire formulée en 1986 par des officiers israéliens dont Yossi Peled,
Gabi Eskenazi et Yaakov Hamidror.
Des officiers israéliens, à la suite d’enlèvement justement de soldats,
elle vise à empêcher dans un premier temps justement cette capture de soldats par
des forces ennemies qui est à infliger de graves dommages aux ravisseurs,
au risque de blesser donc ou de tuer le soldat lui-même.
Elle a comme slogan finalement, un soldat mort valant mieux qu’un soldat captif.
Et c’est donc sous l’autorité directe du général de division Yossi Peled,
qui n’était alors que commandant en chef du commandement nord de Tsahal
entre 1986 et 1991, que l’instruction initialement orale a été formalisée
et conceptualisée par deux hommes qui auront aussi un parcours tant militaire
que politique de haut niveau en Israël.
Arrêtons-nous d’abord sur le concepteur Gabi Eskenazi,
qui était en 1986 officier des opérations, puis en 1988 officier du renseignement,
avant qu’il ne devienne lui-même chef d’état-major de Tsahal,
et comme Peled ministre sur la fin de sa carrière.
Enfin, il faut également en nommer le rédacteur du protocole lui-même,
Yaakov Hamidror, qui terminera sa carrière lui comme conseiller à la sécurité nationale
auprès de Netanyahu et chercheur auprès de deux principaux think tank sécuritaires israéliens,
mais également au sein du Jemunder Center for Defence and Strategy,
basé à Washington DC, qui se consacre au renforcement de la coopération militaire
sécuritaire entre les États-Unis et Israël.
Il fut, durant sa carrière militaire, chef de la division de recherche et du renseignement militaire au sein du Amman.
Mais en 1986, il était officier en chef du renseignement du commandement mort,
et à ce titre, c’est lui qui va apporter l’analyse stratégique et sécuritaire
nécessaire à la rédaction du protocole.
Sa mise en application reste secrète pendant des décennies,
et elle aura été officiellement abrogée, momentanément, en 2016,
par le chef d’état-major Gadi Ezenkot, le père de la doctrine Dahiyé
qui a fait donc l’objet du premier format court dans notre podcast,
dont le lien est à trouver en description de cet épisode.
Pour autant, des enquêtes et des rapports ont indiqué que cette directive ou des principes similaires
seraient toujours appliqués et auraient été réactivés sur le terrain
lors des attaques du Hamas le 7 octobre 2023,
entraînant la mort de plusieurs otages ou civils israéliens.
Ceux que vont documenter ces enquêtes mettent en lumière la manière dont ces ordres ont été appliqués.
C’est d’abord le quotidien israélien Haaretz, qui publie en juillet 2024,
sur la base de documents militaires et de témoignages
que le commandement de la division de Gaza avait explicitement émis l’ordre d’appliquer la procédure animal
à au moins trois reprises durant la matinée du 7 octobre,
notamment au passage d’Erez, sur la base de Rehim et enfin au poste de Nahal Oz.
Ainsi, à 11h22, le 7 octobre, le commandement a diffusé une consigne générale stipulant, je cite,
« qu’aucun véhicule ne devait retourner à Gaza »,
autorisant implicitement des tirs massifs sur des voitures ou des motos,
sans certitude de la présence ou non d’otages à bord.
La zone frontalière a ainsi été transformée en zone de tirs libre.
Puis, la confirmation de cet ordre viendra en février 2025
de la bouche même de l’ancien ministre de la Défense, Youhaf Galante.
Celui-ci va confirmer, lors d’une interview télévisée sur Channel 12,
que la directive Hannibal avait bien été invoquée et appliquée de manière tactique
par les forces armées à différents endroits près de la frontière,
afin, dit-il, d’empêcher les enlèvements.
Mais déjà en 2024, dans son rapport d’enquête,
la Commission internationale indépendante des Nations unies avait validé
plusieurs cas d’application de cette doctrine.
Soit par des tirs d’hélicoptères, l’ONU ayant confirmé qu’une civile israélienne au moins,
Efrat Katz, avait été tué par les tirs d’un hélicoptère de combat israélien,
alors que des combattants du Hamas l’emmenaient sur un véhicule vers Gaza.
Mais également par des tirs d’obus de chars israéliens,
lors notamment de l’incident de Be’eri,
donc en tirant sur une maison où un commando du Hamas retenait 13 otages civils.
Rappelons qu’environ 340 combattants du Hamas avaient infiltré ceux qui boutent,
assassinant 101 civils, 31 membres du personnel de sécurité,
et en enlevant 32 vers Gaza.
Les tirs d’artillerie ordonnés ce jour-là pour neutraliser les assaillants
ont causé la mort de la quasi-totalité des otages israéliens présents.
Le rapport pointe un chaos total dans le commandement.
Alors même que des centaines de soldats de différentes unités
finissent par converger vers l’entrée du Kibboutz l’après-midi,
ils vont cependant rester de longues heures à l’extérieur
sans intervenir faute d’ordre clair et d’une évaluation précise de la situation
alors que les maisons brûlent à l’intérieur.
Et c’est dans ce contexte que le siège de la maison de Pesikohen,
une habitante du Kibboutz, va avoir lieu.
Nous sommes en fin d’après-midi de 7 octobre
et face à l’impossibilité de déloger les assaillants
et par crainte qu’ils ne profitent de la nuit tombante pour s’enfuir
avec les 14 otages qu’ils détenaient vers Gaza,
le général de brigade, Barak Hiram, a pris le commandement de la zone
et a ordonné à un char de tirer sur la maison.
Sur les 14 otages, donc, retenus dans la maison,
13 ont été tués.
Seule une femme, Hadass Dagan, a survécu.
Le bilan des enquêtes internes de Tsahal
et les rapports d’investigation successifs menés par l’armée israélienne
est présenté aux familles des victimes,
comme ceux des Kibboutz de Nahal-Hose à Loumim et Kisoufim,
différenciant la directive Hannibal des tirs fratricides
qui vont intervenir, eux, dans le cas au général,
dû notamment à l’effondrement des télécommunications
et à l’infiltration massive de groupes armés.
Les unités israéliennes sur le terrain, mal formées, mal commandées,
vont effectivement ouvrir le feu sur des cibles jugées suspectes,
entraînant la mort d’au moins 14 civils israéliens,
mais aussi de plusieurs soldats.
Mais il s’agit là d’estimation minimale des organismes de contrôle.
C’est ainsi que l’armée va décharger le général iran
de toute responsabilité pénale,
le rapport concluant que les tirs de char, notamment,
visaient à faire pression sur les terroristes.
L’analyse militaire affirme que la majorité des otages
ont été directement exécutés par les hommes du Hamas à l’intérieur,
bien que le rapport officiel admette que des éclats d’obus israéliens
ont tué au moins un otage, Adi Dagan, et en ont blessé un autre.
La directive Hannibal n’a pas d’équivalent direct ou officiel
aux États-Unis ou en Europe.
Il s’agit là d’une spécificité doctrinale purement israélienne
façonnée par un contexte sociopolitique unique.
Cependant, de nombreux experts en droit international et en stratégie militaire
établissent parfois des parallèles ou des distinctions
avec certaines approches occidentales.
Alors pourquoi est-ce qu’il y a une spécificité israélienne ?
C’est bien parce que la directive Hannibal découte directement
du fait qu’Israël considère la capture de ses soldats
comme une vulnérabilité stratégique majeure.
Historiquement, le gouvernement israélien a accepté de libérer
des centaines voire des milliers de prisonniers
en échange par exemple d’un seul otage,
comme lors de l’échange de 1027 prisonniers
contre le seul soldat franco-israélien Gilad Shalit en 2011.
Afin d’éviter que l’ennemi n’obtienne un tel levier de négociation
et ne brise le moral national,
l’armée a conçu ce protocole extrême.
Dans les armes occidentales, le coût politique et stratégique
de la capture d’un soldat, bien que lourd,
n’a jamais été jugé suffisant pour justifier une doctrine
autorisant des tirs risquant de tuer délibérément
ses propres troupes et des civils.
Aux États-Unis par exemple, existe une politique,
le Code de conduite de l’armée américaine,
rédigé après la guerre de Corée.
Il dicte le comportement du soldat capturé
qui doit résister, ne donner que des informations de base
et surtout tenter de s’échapper.
La différence est majeure car la doctrine américaine
met un point d’honneur à ne laisser aucun homme derrière,
leave no man behind,
ce qui implique le déploiement de forces massives
pour secourir le soldat lors de missions
Combat Search and Rescue
et non pour neutraliser la menace au prix de sa vie.
Il y a cependant un parallèle juridique
avec la doctrine du double effet
que des chercheurs en droit comparent parfois avec la doctrine
et l’application de la directive Hannibal.
Notamment à travers l’usage de frappes de drones américains
dans la guerre dite contre le terrorisme.
Car dans les deux cas,
les armées recourent parfois au principe philosophique
dit du double effet,
où on peut causer un dommage collatéral grave,
par exemple tuer son propre soldat ou des civils,
et où cela est jugé militairement acceptable
si l’intention première
serait d’accomplir une action militaire jugée cruciale,
en l’occurrence stopper des ravisseurs
ou éliminer un chef terroriste.
En Europe, enfin, règne sur le papier
la primauté absolue du droit humanitaire,
donc du droit de la guerre.
Ainsi, les armées européennes,
la France, le Royaume-Uni ou l’Allemagne dans une certaine mesure,
opèrent en suivant des règles d’engagement
strictement alignées sur les conventions de Genève
et les principes de distinction et de proportionnalité.
Une directive s’apparentant à Hannibal
violerait directement le droit constitutionnel
ou simplement le droit humanitaire
qui interdit de cibler une zone
en sachant que l’action entraînera la mort
quasi certaine de ses propres personnels
ou de civils innocents hors de toute proportionnalité.
La doctrine européenne face aux otages,
militaires ou civils d’ailleurs,
repose historiquement sur des unités spéciales
de libération d’otages,
comme le GIGN ou les forces spéciales françaises,
directement héritées des SAS, des SAS britanniques,
privilégiant l’infiltration et la précision tactique
plutôt que l’usage d’une puissance de feu aveugle.
À ce titre d’ailleurs,
notons que des forces spéciales françaises
ont déjà perdu la vie
en n’utilisant pas leurs armes à feu
afin de délivrer des otages franco-étasuniens
enlevés au Sahel.
Le seul parallèle lointain avec la directive Hannibal
est peut-être à trouver dans les doctrines
d’états autoritaires prêts à sacrifier
leurs propres soldats
pour des impératifs idéologiques ou stratégiques.
Les historiens se tournant plutôt d’ailleurs
vers le modèle de l’Union soviétique
dans le cas d’Espèce,
en rappelant l’ordre numéro 270
donné par Staline en 1941
qui considérait par exemple
tout soldat se rendant à l’ennemi
comme un traître à la patrie,
justifiant des représailles
contre sa propre famille.
La directive Hannibal
n’est souvent non pas
une mesure punitive envers le soldat,
mais un calcul tactique
pour priver l’adversaire d’un otage.
Il faut préciser que ce qui motive
l’État israélien
n’est pas que les ravisseurs
demandent une rançon, l’argent,
mais bien que la négociation
se fasse autour de la libération de prisonniers.
Si le virage ayant marqué
la fin de ces discussions
est récent en Israël,
il daterait pour son parrain étasunien
du 1er mars 1973
quand Nixon et son administration
refuseront de répondre
aux exigences de preneurs d’otages,
membres de l’organisation
palestinienne Septembre Noir,
qui, en attaquant l’ambassade
d’Arabie Saoudite à Khartoum au Soudan,
veulent échanger dix diplomates
dans trois Occidentaux
contre des détenus
palestiniens en Israël,
mais aussi des membres
de la fraction Armée Rouge Allemande
avec qui ils opèrent.
Et enfin, Sirhan Sirhan,
un Jordanien d’origine chrétienne
jugé coupable de l’assassinat
sur le sol étasunien
du sénateur Robert Kennedy en 1968.
Le président Nixon,
qui fut donc le concurrent
à l’élection de Robert Kennedy,
déclarant que les USA
ne paieront pas le chantage.
Le commandant exécutera donc
les trois Occidentaux,
à savoir l’ambassadeur étasunien
Cléo Noël, George Moore,
la jointe de mission américaine,
ainsi que Guy Eid,
un chargé d’affaires belge.
Cette approche est désormais
inscrite dans une politique
visant à dissuader le terrorisme.
Et si les USA ne négocient
donc plus directement
au risque de perdre des concitoyens,
ils peuvent aussi faire pression,
notamment sur Israël,
par exemple, afin de faire libérer
des otages étasuniens retenus
lors du détournement du vol
TWA 847, le 14 juin 1985,
que l’on dit
commandité orchestrée par Imad Mughniyeh,
le futur chef militaire du Hezbollah,
qui obtiendra que Tel Aviv
libère en échange de ce détournement
plus de 700 prisonniers chiites,
sans pour autant qu’Israël
lie cette libération à cette prise d’otage,
malgré d’ailleurs la mort
d’un passager étasunien
qui était en fait nageur de combat
dans la marine.
Alors revenons aux événements
du 7 octobre 2023.
Le recours à la directive Hannibal
a fait l’objet de vives contestations
et de démarches d’investigation.
Et bien qu’il n’existe pas encore
de condamnation pénale directe,
visant et impliquant cette doctrine
en tant que telle,
les procédures et recours
se déploient sur deux fronts principaux.
D’abord en Israël,
où l’armée israélienne
bénéficie d’une large autonomie
pour s’auto-examiner
via le mécanisme d’évaluation
de l’état-major
Fact Finding Assessment Mechanism.
Ces rapports ont reconnu des cas,
donc nous l’avons dit,
de tirs fratricides,
mais le procureur général militaire
examine généralement ces dossiers
pour déterminer s’il y a eu
une négligence criminelle individuelle
plutôt que pour condamner
la doctrine globale.
Et c’est donc sous pression civile,
examinant que la chaîne de commandement
complète ayant mené à l’application
d’ordre de type Hannibal
soit judiciairement exposée,
que les systèmes politiques et judiciaires,
poussés dans le retranchement,
ont dû laisser se créer
une commission d’enquête
étatique indépendante.
C’est en Israël
le mécanisme juridique
le plus puissant.
Il est présidé par un juge
de la Cour suprême.
Par le passé,
notamment après la guerre de Gaza
de 2014,
où la directive avait causé
un pilonnage massif de Rafah d’ailleurs,
le contrôleur de l’État d’Israël
avait publié un rapport très critique
recommandant de clarifier
ou restreindre la directive,
ce qui avait en fait
grandement contribué
à son abrogation en 2016.
À l’étranger enfin,
sur le terrain du droit international,
la directive Hannibal est traité
sous l’angle des crimes de guerre.
En raison du non-respect,
des principes fondamentaux
de distinction entre civils et militaires,
de proportionnalité et de protection
toujours des civils,
se basant sur l’enquête de l’ONU,
la Commission indépendante,
en juin 2024.
La CPI, la Cour pénale internationale,
par le biais du bureau
du procureur de l’époque,
Karim Ran,
a émis des mandats d’arrêt internationaux
contre des dirigeants israéliens,
dont Benjamin Netanyahou
est l’ex-ministre de la Défense,
Yoav Galant,
pour crimes de guerre
et crimes contre l’humanité
dans le cadre du conflit à Gaza.
Plusieurs experts en droit international
et même des organisations
telles que le think tank
Amir Research
exhortent le procureur
à inclure formellement
les conséquences de l’implication
de la directive Hannibal,
soit des attaques disproportionnées
ou délibérées,
mettant en danger les otages,
comme un chef d’accusation supplémentaire
dans le dossier des gens en cours.
Enfin, dans plusieurs états européens,
la France et le Royaume-Uni,
des associations de défense
des droits humains
ou du peuple palestinien
contestent la légalité
des exportations
de matériel militaire vers Israël
en se basant aussi
sur l’existence de cette directive
qui violerait les principes
du droit international,
y compris vis-à-vis
de sa propre population.
En guise de conclusion,
il est bon de rappeler que,
d’une part, cette directive
est propre à l’État israélien
et qu’elle est, on l’aura compris,
contraire au principe de distinction
entre civil et militaire
et à celui de proportionnalité
de la Convention de Genève,
que cette décision ne date pas
du 7 octobre,
mais qu’elle est apparue finalement
en 1986,
afin de contrer les actions
des résistances,
notamment libanaises du Hezbollah,
ce qui va obliger Israël
à modifier aussi
au fur et à mesure des décennies
sa doctrine militaire
en élargissant la défense
comme un élément essentiel
ce qui n’était pas jusque-là,
au point que toute sa stratégie
va se modifier
et que l’État israélien
va se recentrer
autour de cette théorie,
au point de s’emmurer lui-même
et d’emmurer ses citoyens
et parfois d’aller jusqu’à les tuer.
La directive animale
est un symbole
de l’effet pervers de la symétrie
et soulève donc un paradoxe
car l’État hébreu
paye traditionnellement
très cher pour ses otages
et parfois pour un seul d’entre eux.
En libérant des centaines,
voire des milliers
de prisonniers palestiniens,
nous l’avons dit.
Et désormais,
en réponse à ce dilemme,
Israël préfère refuser
de laisser une vie
aux mains de l’ennemi,
qu’il soit palestinien ou libanais.
Un prochain épisode
sera consacré justement
à la restitution,
devrais-je dire à la non-restitution
par Israël,
de cadavres palestiniens
à leurs familles
en s’appuyant sur la décision
de la Cour suprême israélienne
du 9 septembre 2019
qui confirme une volonté
de rééquilibrer les transactions
qui sont en en matière
comme un révélateur
de la dynamique conflictuelle
des relations entre Israël
et ses adversaires.
Merci d’avoir écouté cet épisode.
N’hésitez pas à laisser des commentaires,
notamment sur Apple Podcasts
ou YouTube,
car nous diffusons sur YouTube
alors même que nos entretiens vidéo
ne sont qu’un projet pour 2027.
Cela nous permet d’avoir des retours,
notamment sur ce format
qui pourrait être trop court
ou déjà trop long pour certains.
Les prochains épisodes du genre
s’attarderont sur la question
de l’intelligence artificielle militaire
en tant que moyen de surveillance
et d’assassinats de masse
à travers la guerre menée à Gaza
avec des programmes comme la Vendeur.
Merci.
Laisser un commentaire