Fragments de Palestine

Un Podcast sur la Palestine

Retrouvez aussi la série documentaire « Récit Stratégique » dont la première saison est consacrée à la guerre au Liban et au Hezbollah

La Palestine des bailleurs de fonds

entretien avec Sbeih Sbeih mené par Emmanuel Hiriart

Il était commun depuis les accords d’Oslo d’entendre dire qu’il y avait des milliers d’Organisations Non Gouvernementales en Palestine, pourtant depuis cette signature la colonisation n’a jamais cessé. C’est tout le paradoxe de la situation et du cadre d’intervention des ONGs dans la région et de la dépolitisation qu’elle entraine.

Qui dirige ces organisations, que financent elles et quels projets servent elles? Sont elles des courroies de relais de l’occupation israélienne et servent elles à co-gérer la situation pourtant illégale du point de vue du droit international?

Je reçois donc pour répondre à ses questions, Sbeih Sbeih, docteur en sociologie et chercheur associé à l’IREMAM qui a notamment enseigné la sociologie à l’Université de Birzeit en Palestine et à l’Université Lyon 2.

Il a soutenu une thèse en 2014 intitulée « La “professionnalisation” des ONG en Palestine : entre pression des bailleurs de fonds et logique d’engagement » (https://theses.hal.science/tel-01220122)

Ses travaux portent depuis sur le prolongement de la condition coloniale dans les mondes associatifs et culturels en Palestine après-Oslo et a largement publié sur la question :

En 2018, « Le temps du développement en Palestine. La rationalisation économique dans un espace confisqué » (https://journals.openedition.org/temporalites/4552), Temporalités, 27, 2018

Les projets collectifs de développement : https://hal.science/hal-01899519/document

En 2023 , Consommer en s’endettant : les Palestiniens face aux bailleurs de fonds Sbeih Sbeih : https://www.areion24.news/produit/moyen-orient-n-60/

En 2025, « Figures of Political Engagement in Palestine: Between the Rationality of Defeat and Liberation”, Partecipazione e conflitto – PArticipation and COnflict, 2025, 18 (3), pp.550-569 ( https://hal.science/hal-05337693/document)

« La Palestine, de la SDN à l’ONU : histoire d’une hypocrisie occidentale » (https://shs.cairn.info/revue-recherches-internationales-2025-2-page-53 , Recherches Internationales, n°133, été 2025, pp. 53-73

« L’université colonisée : entre destruction du savoir en Palestine et déni de la colonialité en France » (https://www.contretemps.eu/universite-colonisee-destruction-savoir-palestine/), Contretemps, mai 2025 (en ligne)

« Sur la condition coloniale en Palestine », ( https://www.contretemps.eu/condition-coloniale-palestine-israel-gaza-cisjordanie/) Contretemps, juillet 2024

« La culture palestinienne à travers la littérature : entre logique d’engagement et esprit universel » (https://shs.cairn.info/magazine-questions-internationales-2025-1-page-104?lang=fr), Questions internationales, 2025

« Une Autorité palestinienne en péril. L’Autorité palestinienne contre les Palestiniens ? » Dans Sous la direction de T. De Montbrial et D. David Ramses 2024 . https://shs.cairn.info/ramses-2024–9782100856039-page-276?lang=fr

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Produit par Images d’Ici & d’Ailleurs 2026

Musique du générique :

Produit par : El-Funoun Palestinian Dance Troupe « Lover’s Hymn »

Palestinian folk tune 


Transcription (provisoire) de l’épisode 16 saison 1 du Podcast Fragments de Palestine

Bonjour à toutes et à tous et bienvenue dans Fragments de Palestine.

 Je suis Emmanuel Hiriart et je vous propose toutes les semaines un grand entretien sur

 une question historique, politique, géographique, militaire, diplomatique, culturelle ou juridique

 ou bien qu’elle concerne un dirigeant, un militant, une figure intellectuelle ou

 militaire de la Palestine. Une manière surtout de comprendre la Palestine et les

 Palestiniens au moment de ce génocide et après plusieurs décennies d’occupation.

 Vous écoutez ce podcast et nous espérons qu’il vous plaira, mais la production n’est pas sans

 coût pour notre association à but non lucratif. C’est ainsi que vous pouvez nous soutenir en

 réalisant un don sur Hello Assault dont le lien est dans la description de cet épisode ou

 suivant le lien mis sur notre site fragment de Palestine.fr par avance merci de nous soutenir.

 Pour parler d’un sujet qui pourrait paraître anachronique, celui de l’omniprésence des ONG

 en Palestine et donc des conséquences de cette implantation sur la vie politique,

 économique, sociale mais aussi militante, je reçois Sbeih Sbeih docteur en sociologie,

 chercheur associé à l’IReMAM, il fut professeur à l’université de Birzeit et puis à Lyon 2

 en France. Ses travaux portent sur le prolongement de la condition coloniale dans

 le monde associatif et culturel en Palestine après Oslo. Cet entretien indispensable s’appuie

 sur son travail de recherche de doctorat en 2014 intitulé la professionnisation des ONG

 en Palestine entre pression des bailleurs de fonds et logique d’engagement. Bonne écoute.

 Sbeih Sbeih bonjour. Le biais est finalement par lequel le français ou l’européen va être

 interpellé dans la rue mais également dans les médias ou simplement par des affiches

 lors de ses transports en commun par exemple. N’est-ce pas essentiellement, et c’est le

 cas pour de nombreux conflits finalement à travers le monde mais notamment de conflits

 des pays du sud, du sud global si on peut dire, n’est-ce pas à travers la question

 humanitaire finalement ? Est-ce qu’on est pas simplement souvent, on réduit

 pas souvent un conflit à des enfants souffrent, il y a un problème d’eau ? Et quand j’étais

 en Palestine en 2003, dix ans après Oslo, j’entendais dire qu’il y avait par les

 Palestiniens eux-mêmes 100 000 ONG, le chiffre étant à prendre avec des pincettes

 bien sûr, c’est-à-dire 100 000 comme on pourrait dire peut-être plus ou moins

 mais pour dire énormément d’ONG. Et si on le rapporte à la population palestinienne,

 dans quelle mesure, ma question est la suivante, que cache cette omniprésence, si elle est

 réelle, des ONG en Palestine ? Oui enfin pour répondre à cette question de chiffre,

 je crois qu’il y a toujours un débat de chiffre et cette question de légitimer une

 action par rapport aux autres et donc je crois en fait que certains exagèrent

 le nombre des ONG jusqu’à arriver à 100 000, ça c’était jamais le cas. Moi pendant

 mon travail il y avait quand même un conflit de ces chiffres en fonction de

 l’organisation qui fait la récension. Donc il y avait en fait les

 organisations internationales qui arrivaient à peu près en fait, moi je parle

 il y a dix ans, à peu près 3 000, certains parlaient de 1500 ONG et

 d’autres arrivaient à 5000 mais en effet ce chiffre n’est pas stable pour

 plusieurs raisons. Je vais le dire rapidement, d’une part en fait des critères

 adoptés par les organisations ne sont pas le même. Parfois on exclut par exemple

 les associations, ce qu’on appelle les associations de charité, c’est des

 associations qui étaient déjà là avant les accords d’Oslo, qui datent, qui

 remontent même à l’empire ottoman et on les considère comme

 traditionnels, conservatrices, etc. Ce n’est pas les ONG modernes tel qu’on

 le conçoit en fait dans le discours neolibéral. Et puis il y avait d’autres

 éléments que c’était des ONG qui fermaient au bout de l’exécution des

 projets. Donc c’est des ONG qui ont été créés afin d’exécuter un projet.

 Donc voilà il y avait un conflit mais il y avait aussi ce débat de

 légitimité entre qui doit en fait prendre le lead de la Palestine. Est-ce

 que ce sont les ONG qui ont des compétences face à l’autorité

 palestinienne, un compétent qui vient d’arriver, qui

 subit de la corruption alors qu’ils ont agi, voilà ils sont là pour avec avec

 ce discours de transparence, de développement, etc. Donc il y avait ce

 plusieurs éléments si tu veux en fait entre débat de légitimité qui

 doit en fait réagir, qui doit surtout recevoir l’argent des

 bailleurs de fond. Donc ça c’est en fait pour les statistiques. Mais ce qui

 est important avec cette idée en fait de montrer l’ampleur des ONG c’est

 cette idée de question humanitaire au développement. Mais en fait à mon

 sens il n’y a aucune différence dans le cas palestinien parce que

 humanitaire d’une part c’est vraiment ça traite la question comme si

 il y avait un tremblement de terre. Donc ça dépolitise la

 question palestinienne d’une part. Et après voilà la question du

 développement on va un peu ajouter la dimension du temps. Donc l’humanitaire c’est

 vraiment de secours, on va secourir des gens qui ont souffert d’une crise

 naturelle ou je sais pas quoi, tremblement de terre ou le développement on va

 dire voilà on va se projeter dans l’avenir en fait comme ça les

 palestiniens vont être indépendants. Sauf que les deux questions si

 vous voulez dépolitise la question palestinienne. Donc on parle de

 de processus d’appauvrissement. On parle des développements comme là je cite en

 fait Gilles Berrist qui a travaillé sur le développement est une croyance

 occidentale. On introduit le développement comme un ensemble de

 recettes techniques en dehors de tout débat politique. Tout simplement en fait

 on exclut les structures de domination. Donc ça sera une question

 Si on arrive voilà à faire ce qu’on appelle le capacity building en fait

 former les gens à bien travailler selon ce paradigme néolibéral bah tout va

 bien bah c’est juste une question d’individus après s’il y a un échec c’est

 grâce à cause de ces individus. Donc on a déjà dépolitisé la question

 au sens on a occulté tout rapport de domination et donc introduire la

 à travers ce prisme humanitaire ou même d’ailleurs de développement parce qu’il

 y a des gens qui disent voilà le développement c’est différent de

 l’humanitaire parce que nous travaillons en terme l’humanitaire c’est

 juste pour régler des questions d’urgence en fait pour moi c’est le

 même débat parce que ça dépolitise ça dénaturalise en fait la question

 palestinienne d’où cette idée quand j’ai introduit dans ma thèse de

 parler de la Palestine de bailleur de fond parce que là si tu veux c’est

 la question du regard qu’on à travers lequel on va un peu lire la réalité

 palestinienne et quand on a cette myriade d’ONG alors effectivement

 qu’on prend qu’elles sont pas cent mille mais elles sont quand même

 nombreuses si on les rapporte aux différents terrains sur lesquels elles

 peuvent intervenir dans ma tête je suis loin d’être spécialiste et vous

 pourrez me corriger mais elles vont intervenir sur des problèmes de

 santé d’accès à l’eau d’accès à l’électricité pour moi les

 domaines d’intervention d’une ONG éventuellement le déminage ou ou des

 problèmes liés à la sécurité à la poste conflit ou au conflit qui dure à

 l’éducation éventuellement à l’adoption ou à l’aide d’orphelin

 enfin je résume grosso modo mais mais j’ai pas tellement plus de domaines

 d’action comment est-ce que 5000 ONG peuvent finalement se

 entre guillemets sur des domaines importants la santé l’éducation la

 sécurité l’accès à l’eau etc mais finalement sur peu de domaines qui

 sont ces ONG qui les dirige et vous parliez d’associations caritatives

 islamiques ou non qui sont un peu exclu de ce de ce champ de ce qu’on

 appelle les ONG alors pas par nous exclu mais j’imagine mais par les

 bailleurs de fond c’est ce que vous vouliez dire qu’est-ce qui

 réellement ces ONG sur le terrain qui peut-être leur direction peut-être

 leur manière de faire peut-être que notre auditeur comprenne bien le en

 fait ce que c’est qu’une ONG parce que qu’est-ce qui est la différenci

 d’une association et qu’est-ce qui qu’est-ce qui amène aujourd’hui à

 avoir 3000 5000 ONG sur à mon sens et vous me corrigerez si je me

 trompe mais sur si peu de domaines de compétences en réalité pour

 comprendre ce domaine de compétences pourquoi en fait déjà on parle de

 pourquoi en fait les ONG doivent avoir un rôle en fait dans ces domaines

 c’est ça la question en fait ça vient de du regard néolibéral en fait qui

 divise d’une manière je dirais sinon c’est le mot fausse mais simplificatrice

 en fait on divise la société en trois zones voilà il y a l’état il y a

 la société civile et il y a le marché donc la société civile et là

 pour séparer l’état du marché pour que le marché fonctionne comme il faut

 avec avec la fameuse Madame Visible d’Adam Smith en fait en Palestine est-ce

 qu’il y a un peu particulier qu’il n’y a pas d’état donc est-ce que quand il

 y a pas d’état est-ce qu’on a le droit de parler de ce qu’on appelle la

 société civile donc voilà le débat en fait en philosophie sur la société

 civile est large mais enfin est-ce qu’on est ce que je développe ici c’est

 comment en fait le discours néolibéral a récupéré en fait certains concepts

 il les a en fait donné des connotations connotations voilà et même

 surtout en fait il a donné le pouvoir une puissance épistémologique du

 savoir parce que société civile c’est un concept un concept un peu un peu

 épistémologique donc voilà qui est lié à la démocratie en fait là

 aussi il ya le problème de l’héritage de Tocqueville comment on interprète

 donc dès qu’il y a en fait le renforcement de la société civile on

 va arriver à la démocratisation on va arriver au développement on va

 arriver au bon fonctionnement de la société comme sauf que dans le cas

 palestinien il n’y a pas d’état alors comment peut-on parler de société

 civile déjà en absence d’état ça c’est une question à laquelle on

 répond jamais et donc qu’est ce que ça veut dire les compétences des

 dans une société où il n’y a pas d’état où il y a tout à faire il n’y a pas

 d’infrastructure il n’y a rien en fait lorsqu’on parle de construction des

 hôpitaux lorsqu’on parle de par exemple de domaines de santé de

 domaines de l’agriculture basse est à l’affaire d’état ce n’est pas une

 affaire des oingés ou même quelque soit en fait leur budget alors ça c’est

 la première chose et donc lorsqu’on va juste voir rapidement après les

 accords d’oslo on a tellement fait il ya certains bailleurs de fonds

 qui ont financé des oingés par exemple travailler dans l’agriculture qui

 était présent déjà là et l’ont financé au point que le budget de ces

 oingés était beaucoup plus important que le budget de ministère de

 l’agriculture donc on parlait vraiment le

 ministère le plus important en termes d’agriculture c’était une oingé

 et non pas le ministère alors que le discours contradictoire de bailleurs

 de fonds on était en train de construire un état par l’autorité

 palestinien pour arriver à l’état donc on fait tout pour ne pas

 construire cet état parce qu’en fait on délègue ce pouvoir à des oingés avec

 150 employés alors que à l’époque le ministère de l’agriculture je crois

 qu’il y avait 1500 employés avec un budget beaucoup plus important que

 les budgets de cet oingé donc il y avait cette question de

 répartition de tâches et pour comprendre un peu aussi il y avait

 aussi cette division par bailleurs de domaine par exemple l’agriculture

 je me souviens plus c’était les hollandais par exemple les hollandais

 l’hollande en fait après il y avait la santé je ne sais pas quel pays les

 américains se contentaient en fait de cette question de sécurité donc ils

 travaillaient plus avec les sécurités donc à travers cette lecture si tu veux

 en fait l’autorité palestinienne apparaît comme une oingé comme les

 autres et donc elle est en concurrence avec les autres oingés pour

 recevoir aussi le fonds qui est compétent pour recevoir l’argent donc là en

 fait l’idée de cette question de la Palestine de bailleurs de fonds pourquoi

 en fait je parle de cette configuration parce qu’en fait on a

 construit une réalité virtuelle de la Palestine qui ne correspond pas à la

 réalité palestinienne et c’est quoi cette réalité virtuelle

 bah on est passé selon le discours officiel des organisations

 internationales même de certains chercheurs on est passé d’une situation

 de conflit déjà on parle pas de colonisation de conflit à une

 situation de poste conflit donc il y a une rupture radicale entre ce qui était

 avant et ce qui est après avant il y avait un conflit et maintenant on est

 partenaire donc les palestiniens et israéliens sont devenus partenaires

 pour le développement pour la paix et donc qui en fait sont les acteurs le

 plus important dans cette manière de voir bien bien sûr il y a les oingés et

 bien évidemment l’autorité palestinienne sauf que les oingés

 sont plus aptes à travailler parce qu’il y a tout le discours de la

 société civile autour voilà la démocratisation qui peut que les oingés

 peuvent achever parce que voilà ça permet comme je te dis en fait de

 séparer le marché de l’autorité et bien sûr il y avait tous les débats

 autour de la corruption palestinienne de l’autorité palestinienne et là en

 fait c’est un usage plus ou moins politique je ne dis pas en fait que la

 corruption n’existe pas mais en fait la manière dont on parlait de la

 corruption de l’autorité palestinienne c’était pour des légitimité des

 légitimés yasser arafat à l’époque qui basculait entre deux choses entre

 en fait ce discours pour la paix mais en même temps en gardant ce

 discours de résistance et aider en fait les familles de martyrs etc donc

 c’était considéré ce rapport au politique tel que qu’on le conçoit en

 fait dans le discours de développement était considéré comme un rapport

 dangereux un rapport contre le développement et corruption et du coup

 il fallait l’exclure donc il fallait des oingés apolitiques qui interviennent

 pour pouvoir en fait arriver et à la démocratie et à la construction de

 l’état donc comme j’étais dit voilà c’est la contradiction

 contradiction on est en train de construire un état mais en même temps

 on est en train de renforcer des entités qui qui sont en fait en

 opposition je dirais à cet état je schématise parce qu’en fait cette

 opposition opposition passe à d’abord en fait l’opposition aux accords d’Oslo

 en fait les oingés qui étaient avant on était contre les accords d’Oslo

 à une opposition depuis l’intérieur des accords d’Oslo et donc voilà qui

 doit jouer qui doit travailler avec l’aide internationale donc il y avait

 une certaine intériorisation des accords d’Oslo comme la solution et voilà

 la finalité de des états donc dans cette configuration que j’appelle la

 Palestine de bailleurs de fond ce passage de conflit à post conflit on est

 devenu partenaire et donc il y avait les associations de

 charité qui étaient tout simplement exclues pourquoi parce que enfin

 lorsque je regardais en termes de critères de corruption de

 moi je donne un exemple en fait que j’ai eu pendant mon terrain lorsque je

 cherchais une oingé très connue à Ramallah j’ai galéré pour trouver le

 siège alors les chauffeurs de taxi n’arrivaient même pas à m’amener en

 fait au siège parce que c’était alors cet oingé beaucoup plus important que

 le ministère à l’époque et donc j’ai mis du temps alors Ramallah c’est

 une petite ville par rapport à Ebron-Al-Falil lorsque je suis allé à

 Ebron pour enquêter auprès d’une association ce qu’on appelle de

 charité traditionnelle la première personne à laquelle je posais la question

 il m’a tout de suite dit c’est par là par là par là et là je compris deux

 choses en fait cette association de charité

 avait quand même deux sources pour pouvoir en fait subvenir à ses

 besoins donc il y avait des ateliers de broduits il y avait même

 des vaches il y avait des fermes il y avait tout et donc il s’occupait

 de 5000 orphelins de A à Z et donc c’est une association qui était

 ancrée dans la société avec les valeurs de la société etc donc il prenait en

 charge les orphelins il y avait un dortoir voilà donc il y avait tout tout

 ce qu’il faut pour s’occuper des orphelins y compris l’éducation etc et

 à certains moments cette association a été fermée parce que c’était plus ou

 moins dirigé par des gens proches du Hamas ou quoi le président est mort

 en 1909 dans une cellule de l’autorité palestinienne alors on

 s’est accusé de ces associations en fait d’être corrompus et d’être avoir des liens

 avec le Hamas un mouvement terroriste etc et bien sûr pas transparent qui ne

 travaille pour le développement je me suis posé la question en fait une

 association qui est bien ancrée dans la société qui arrive à subvenir en

 fait à ses besoins et qu’on n’a pas même pas besoin d’aide

 internationale et fonctionne très bien à la différence et avec je sais

 pas enfin je me souviens plus de quel il y avait des cent à 500

 employés et de l’autre côté une association que même les chauffeurs de

 taxis n’arrivent même pas à repérer le siège et l’adresse qui avait en fait un

 budget des millions d’euros et qui avec 150 employés et qu’il y avait des

 projets qui se terminent rapidement et dont les bénéficiaires ont pu avoir des

 centaines et voilà on parlait des bénéficiaires directs indirects pour

 dire que cet enjeu était très important donc pour moi les critères

 en pratique ne tenaient pas la route mais cette distinction en fait c’était

 une distinction je dirais politique et on utilise en fait ce paradigme de

 développement il faut la visibilité il faut la

 transparence il faut aussi le langage qu’on utilise c’est un langage en

 anglais et non pas en arabe comme c’était la question de l’association

 de charité et donc ça c’était très important donc voilà il y avait chez

 de développement cette volonté de montrer qu’on est moderne on parle en

 anglais le langage de bailleurs de fond et donc cette Palestine de bailleurs de

 fond on intériorise plus ou moins le regard en fait de poste conflit et le

 discours de développement pour la paix alors que les autres voilà on a

 des orphans on s’occupe des orphans sans avoir besoin de ce tout ce

 discours de réalité virtuelle induite par les bailleurs de fond et

 et là en fait il y a la distinction pratique si tu veux mais pour les

 bailleurs de fond c’était voilà exclu de facto parce que ça correspond pas

 aux critères de développement une autre chose que je remarquais et très peu

 on parle c’est le mécanisme dedans en fait lorsqu’en fait est un bailleurs de

 fond occidental ou les organisations internationales financent sinon ingé

 il y a cette question d’affichage en fait il faut afficher le montant

 il faut afficher des photos il faut afficher en fait lorsque je me baladais

 dans les rues de ramallah en fait je voyais le nom de tous les pays du

 monde sauf la palestine parce que là de la part de us et du peuple

 palestin et du peuple américain il y a 5000 dollars ici 2000 dollars ici

 de mes bala et alors ça c’est en fait c’est quelque chose en

 contradiction avec la culture palestinienne où il y a en fait le

 système de valeur de don en fait qui s’inspire en fait la religion

 musulmane surtout où il faut vraiment cacher le don pour ne pas émilier c’est

 lui qui reçoit l’argent donc en fait le don est beaucoup plus

 valorisé par dieu en fait dans une culture musulmane si ça se passe

 discrètement donc on peut avoir un million de dons mais avec un nom

 anonyme en fait personne en fait il veut pas s’afficher et donc là en

 fait cette contradiction c’est très important parce que il y a en fait le

 système de bailleurs de fond instaure un rapport de domination au point que

 lorsque le récepteur n’arrive pas à rembourser ce don ou la dette il va

 perdre de sa dignité il va s’identifier doucement progressivement

 aux valeurs de celui qui donne alors que l’autre cas on n’a pas on n’est

 pas en train de changer de valeur voilà donc il y a tout un changement de

 système de valeur dans cette nouvelle configuration de bailleurs de

 fond donc ça se voit en fait c’est un discours autour de développement mais

 qui dissimule en fait des rapports de domination d’abord d’abord pour imposer

 un regard centré sur le poste conflit de la palestine et deuxième vont en

 fait d’imposer un système de normes qui sont en contradiction avec les

 normes locales et ça c’est pas uniquement palestine c’est partout où

 il y a des bailleurs de fond avec les recettes universelles qui sont

 appliquées nulle part et conduit voilà c’est la recette si vous

 appliquez la recette vous allez atteindre cet objectif de développement

 si vous n’arrivez pas à atteindre ces objectifs de développement c’est à

 cause de vous parce qu’il vous manque des compétences il manque voilà

 encore des projets etc donc on rentre dans ce système un peu vicieux voilà

 dans ce système en fait un peu cercle vicieux et là il y a eu la

 distinction entre o1g et associations de charité alors que les

 associations de charité si on veut appliquer les critères de développement

 de l’autosuffisance etc elles sont beaucoup plus en fait aptes à avoir

 les discours d’o1g tel qu’on les définit d’o1g de développement donc

 il y avait si tu veux sa distinction il y avait le champ de bataille pour

 le champ de compétences système de ce val à santé éducation etc par

 bailleurs les bailleurs ne communiquaient pas entre eux c’était la

 bataille on refait la même chose parfois il y avait des projets qui

 se refaisaient la même chose et après parfois en fait c’était aussi je dirais

 par mode par je sais pas en fait par hashtag je sais pas c’est par trend

 si je vais le dire en fait parfois on veut financer la question de genre et

 parfois on va financer juste pour la question de démocratie et donc il

 n’a un jeu qui travaille sur l’agriculture qui ne travaille pas sur

 le genre est obligé d’ouvrir des o1g associés à cet o1g pour traiter cette

 question de genre et du coup ce qui s’est passé qu’on fait chaque o1g

 devient une sorte de grande méga o1g plateforme des o1g qui va plus ou

 moins coordonner le travail de prise o1g voilà cet o1g travaille sur le

 genre alors que c’est la base en fait c’était la question d’agriculture

 donc cette question de compétences et ce qu’on appelle de professionnalisation

 on arrive à point où il y avait un système enfin une o1g de santé où les

 médecins ne pratiquent plus le médecine en fait ils sont devenus des

 gestionnaires donc voilà qu’est ce que ça veut dire la

 professionnalisation lorsqu’un médecin n’est plus un médecin donc cette

 question de compétences aussi à questionner voilà donc il faut voir

 en fait un regard un peu plus je dirais plus global de ce qui se passe

 et comment en fait on a reconfiguré la société avec la naissance en fait même

 la transformation ou la naissance des nouvelles o1g qui sont arrivés après

 oslo où la transformation qui était déjà là et surtout le rapport

 aux politiques y compris le rapport aux partis politiques qui étaient plus

 parfois les partis politiques qui ont fondé ces o1g et donc là

 j’ai analysé en fait ce rapport entre entre o1g partis politiques et

 bailleurs de fonds et je voyais comment à certains moments il y avait la

 rupture avec le parti politique l’o1g devient beaucoup plus proche des

 bailleurs de fonds et reçoit plus ou moins les ordres des consuls qui

 existent à ramallah et donc voilà chaque o1g avait son consul et donc

 voilà c’était la bataille entre les bailleurs à travers les o1g

 en préparant cette émission j’ai eu cette cette impression que

 finalement on se retrouvait avec un avec des accords d’oslo qui était

 quasiment morné depuis leur leur signature mais dont personne ne contestait

 qu’il même s’il ne s’appliquait pas tout le monde continue à les évoquer

 quand je dis tout le monde dans le monde occidental on y fait

 toujours référence et puis l’autorité palestinienne est

 accrochée à ça etc etc pourtant on a sous les yeux une

 palestine qui n’est qu’ici on avait appliqué les accords d’oslo devrait

 quand même ressembler un peu différemment à ce qu’elle est aujourd’hui

 dans quelle mesure ces o1g ne font pas survivre quelque chose ne vive pas

 sur le dos d’un modèle qui ne fonctionne pas du fait des israéliens

 c’est à dire les accords d’oslo et dans quelle mesure finalement il n’y a

 pas une sorte de de cogestion de cette colonisation israélienne par

 les par les o1g en fait c’est à dire que israël ne respecte pas

 sa part et en fait c’est pas c’est pas si grave que ça pour les o1g parce

 que elle ça leur donne presque plus de terrain d’intervention finalement et

 que finalement c’est comme elle lutte pas contre cette colonisation mais

 contre des des effets vous le disiez qui sont presque les mêmes que pour

 l’éruption d’un volcan ou des inondations un tsunami ou une

 sécheresse momentanée du coup on ne traite pas du tout une question

 politique et de fait on fait une cogestion de cette colonisation croissante

 quand on regarde une carte de la Cisjordanie et de Gaza aujourd’hui c’est

 encore plus dramatique mais depuis oslo rien ne s’est amélioré rien ne s’est

 même figé dans quelle mesure on peut parler de cette cette cogestion est-ce

 que je suis un peu trop dur mais j’avais l’impression que c’était un peu

 du tout du tout en fait au fait là lorsque je parle de palestine de

 disséminer en fait la colonisation qui s’accélère même après oslo beaucoup

 plus en fait qu’avant et au nom de la paix et au nom du développement pour la

 paix donc voilà oui c’est la cogestion en fait de la colonisation en

 fait c’est aussi en fait le problème c’est qu’il y a en fait des acteurs

 palestiniens qui participent à ce discours de réalité virtuelle donc

 alors au moment où la colonisation s’accélère on parle de la paix on

 parle de l’échelle de la paix comme on peut sauver la paix etc donc

 la paix ici c’est comme le dit Orwell devient la guerre en effet ce qui

 représente parfaitement ce qui se passe donc au moment aussi où à l’époque

 avant Oslo au moment en fait c’était la dépendance de l’économie

 palestinienne c’était à l’égard de l’économie israélienne après les

 accords d’Oslo il y a une dépendance complexe en fait c’est non

 seulement à l’égard de l’économie israélienne mais à l’égard des

 bailleurs de fond donc au moment en fait où la dépendance économique

 s’accroît et s’accentue et s’est complexifié on parle de développement

 tu vois en fait la contradiction et au moment où la colonisation perdure

 on parle de paix et au moment en fait où il y a plus de souveraineté

 palestinienne on parle d’une autorité donc voilà autorité est face à

 laquelle il y a des oignées donc vraiment on est vraiment dans une

 réalité complètement virtuelle déconnectée de la réalité et donc dans

 cette configuration on a changé on a modifié la raison d’être des ces

 oignées donc lorsqu’on regardait les oignées en fait qui sont nées dans

 les années 80 par exemple ils avaient pour objectif d’assister à ce que j’ai

 appelé enfin on appelle la logique de ce mot de résister par l’économie

 donc résister par l’économie mais je vais peut-être je vais revenir là

 dessus en fait l’objectif de l’alp au début lorsqu’a été créé c’était

 libérer la palestine c’est quoi libérer la palestine c’est toute la

 palestine y compris 48 l’olp et le fatah surtout est né en

 officiellement 65 donc avant l’occupation de 67 donc et c’était

 pour libérer ce qui a été occupé en 48 pendant l’anakba donc la stratégie

 pour libérer la palestine c’était la lutte armée et la lutte armée en

 fait venu plutôt de l’extérieur parce que l’olp s’est installé à

 l’extérieur donc à partir des années 82 surtout lorsque l’olp quitte

 beyrouth donc il y a en fait un changement de stratégie et il y a en

 fait l’éloignement de l’olp et surtout ses bases militaires de libon vers

 vers tunis donc il n’y avait plus en fait cette idée de lutte armée

 pouvoir monnaie la lutte armée donc pour des raisons stratégiques voilà

 on va pas rentrer pour des raisons multiples

 l’olp échange de stratégie de la lutte armée à la stratégie de saumoud saumoud

 c’est tenir bon face à l’occupation mais en fait il y avait dans cette dans

 ce mouvement en fait il y avait un premier premier mouvement de

 rationalisation je dirais de la stratégie de l’olp donc on passe des

 armes à l’économie mais on passe aussi des des actions qui étaient

 menées des opérations militaires depuis l’extérieur vers la

 et là on va passer des actions depuis l’intérieur c’est le saumoud mais en

 fait ces actions vont être limitées au territoire palestinien occupé en 67

 donc la si jordani et gaza donc on va limiter un peu le terrain d’action

 donc c’est cette rationalisation de passage de la lutte armée vers le

 saumoud la résistance par l’économie va limiter aussi le

 terrain du travail d’action au territoire de 67 et en fait ça va le

 deuxième mouvement de rationalisation ça va être après les accords d’oslo

 où la résistance par l’économie devient le développement et donc cette

 résistance par on va enlever le mot résistance par l’économie et ça

 sera le développement les développements comme je l’ai dit en

 fait deux billes c’est l’on c’est une recette technique en dehors de tout

 ce qui est politique et donc pourquoi pourquoi je dis tout ça en fait c’est

 pour montrer en fait que ce mouvement de rationalisation en fait a

 reconfiguré un peu la question nationale palestinienne par les

 palestiniens eux-mêmes et donc à partir de là en fait ils vont rentrer

 dans le jeu ils vont accepter la règle de jeu de coexistence avec

 israël et bien sûr en fait oslo c’est pas uniquement des accords c’est

 l’ensemble de concept qui va et plus ou moins transformer le regard des

 acteurs impliqués et dont la palestine de bailleurs de fonds y compris à

 l’égard de leur propre existence donc la raison d’être en fait de saison 1g

 va être modifiée ce monde où ils vont utiliser en fait des valeurs comme

 les bénovolas et résister par l’économie ça va être plus en fait la

 résistance économique mais ça va être le développement et les développements

 comme je dis ça va après ça va dépendre des bailleurs parfois on va

 travailler sur des questions de genre on va un peu morceler un peu la cause en

 petite cause aider le pauvre ici aider des gens marginalisés en fait qu’est

 ce que ça veut dire marginaliser en palestine parce qu’on va on a

 morcelé la territoire 67 en zone a bc à sous le contrôle de l’autorité

 palestinienne administrativement et sécuritaire en fait théoriquement ça

 mais en fait en vérité c’est israël qui contrôle tout et la zone c c’est

 70 % de la six jours d’année où il y a la terre agricole où il y a tout et

 donc on va considérer la zone c d’abord on va pas intervenir parce que

 le bailleurs de fonds veulent pas gêner israël et après ensuite on va

 dans une deuxième phase on va le considérer comme zone marginalisé mais

 qu’est ce que ça veut dire marginaliser la majorité de

 donc vraiment on va mettre tout ce qui est marginal et pas important on va le

 mettre en priorité et tout ce qui est existent si elle est indispensable on va

 le mettre en fait en dernier rang donc voilà donc on va changer la

 priorité on va changer le regard et bien évidemment en fait tout le monde

 sera impliqué dans certains pas de concept parce que le passage en

 mouvement de rationalisation dont je parlais et ça a été accompagné par la

 salarisation donc la salarisation en fait des gens qui étaient bénévoles qui

 travaillaient comme ouvriers qui travaillaient comme invigilateurs il

 devient salarié dans une o1g donc il fallait vraiment trouver des salaires

 pour ces gens et donc la raison d’être même de l’o1g va changer va

 être modifié au fur et à mesure et donc voilà survivre dans ce contexte ça

 devient déjà un objectif donc les o1g dès qu’un projet se termine ils se

 pêchent pour trouver un autre projet pour trouver un financement pour pouvoir

 payer les salaires sinon en fait ils ont voulu trouver à

 fermer leurs o1g et là ça revient à la première question sur le chiffre

 de ces o1g parce qu’il y a des o1g qui ferme au bout d’un projet et donc

 on rentre dans un ce qu’on appelle parce que j’appelle après

 Boltanski c’est en fait la cité par projet en fait la vie c’est un ensemble

 de projet dès qu’il y a un projet qui se termine il faut un nouveau projet qui

 commence et donc on va plus évaluer l’ensemble de projet on va évaluer un

 projet par projet donc lorsqu’on va évaluer ces projets menés par les

 o1g on va trouver un succès oui on a aidé centaines de bénéficiaires on a

 aidé je sais pas combien de pauvres mais au final oui il reste juste 5%

 il faut encore un autre projet pour pouvoir atteindre ses objectifs et

 lorsqu’on regarde l’ensemble et rien en fait c’est pire en pire mais en fait

 lorsqu’on va être l’évaluation permanente des projets c’est un succès

 parfait mais en effet pourquoi parce que notre lecture dès le début est

 biaisé et donc on va se référer à cette réalité virtuelle pour

 mesurer en fait nos objectifs pour mesurer en fait l’avancement et donc

 mais sauf que c’est la réalité à la réalité virtuelle ce qu’on

 impossiblement en fait interdit de dire c’est de dire que la question

 palestinienne est une question coloniale et colonial c’est pas juste en fait

 quelque chose qui est lié au passé c’est quelque chose de permanent et

 voilà et donc ça c’est par exemple le discours qu’on doit tout de suite

 occulter donc tout rapport en fait tout mot en fait les o1g qui parlaient

 de résistance ils vont changer le mot résistance par développement ils

 vont passer de l’arabe à l’anglais ils vont avoir un discours neolibéral

 technocrate en détachement en fait avec tout ce qui est politique et c’est

 pour ça en fait c’est une réalité virtuelle et donc leur raison d’être est

 déjà en fait modifié et donc voilà lorsqu’on pose est-ce que les o1g

 participent en fait ou contribuent à résister contre la colonisation mais

 n’a rien à voir parce que la réalité a été tout simplement modifiée

 en fait le cadre d’analyse de cadre le regard et même l’action en

 fait ça a changé en préparant cette émission vous évoquiez le le le le une

 o1g palestinienne qui a été même chercher des fonds auprès d’un grand

 groupe de développement français pour restaurer ou améliorer un

 checkpoint et j’aimerais qu’on aborde ce cas qui est anecdotique peut-être

 mais qui montre à quel point dans la folie de recherche de projets on

 finit par trouver des projets qui sont contre soi-même mais dont on arrive à

 les vendre comme une amélioration du quotidien enfin le pire c’est pas

 juste en fait c’est pas une o1g c’est c’est l’administration civile

 israélienne en fait c’est normalement l’administration c’est l’armée

 l’armée qui ose envoyer un email à l’afdé en fait ils vont pas le

 dire l’agence française de développement qui m’a raconté et qui vont dire voilà

 est ce que vous pouvez financer le checkpoint de hérètes en fait qui

 sépare gaza au nom de développement en fait pour élargir le checkpoint et ça

 en fait donc il a eu le culot de demander en fait au nom de

 développement en fait là est ce qui est ce qui est ce qui est intéressant

 il y a un checkpoint entre ramallah et bethlehem et qui s’appelle le

 checkpoint de valais de l’enfer ou adéna et donc c’est vraiment là en

 fait c’est la route qu’on a commencé à prendre à partir des accords d’oslo

 avant pour aller à ramallah depuis bethlehem on passait par jérusalem donc

 là en fait ils ont bloqué voilà ils nous ont fait une route c’était c’était

 vraiment une route pas pavé etc donc usd vient prépare la route et le

 chemin et voilà ils ont mis bien sûr un checkpoint pour séparer pour

 contrôler pour tout ce que voilà c’est un dispositif colonial qu’on a et

 us aid l’agence américaine de développement que je crois supprimer en

 fait qu’est ce qu’ils ont fait ils ont dit voilà au lieu de l’enlever le

 checkpoint au lieu que les palestiniens reprennent la route depuis

 jérusalem basse et tout simplement va développer le checkpoint en fait il

 était juste avec one side en fait c’était juste un aller falla donc ils

 vont élargir le checkpoint ils vont mettre un panneau ce checkpoint en

 fait ce passage où je sais pas comment il l’appelle a été élargi grâce

 à un financement du peuple palestin américain bah bravo et donc voilà

 normalement lorsqu’on parle de développement bah la première barrière

 premier obstacle en fait le développement c’est le checkpoint au

 lieu d’enlever le checkpoint ou de faire pression pour enlever le

 checkpoint on va développer le checkpoint au nom de développement et

 là en fait on va voir des experts qui vont venir des experts de

 checkpoint moi je me souviens en fait de quelqu’un qui a mis j’accompagne

 ici un expert de checkpoint mais qu’est ce que ça veut dire expert de

 checkpoint en fait il est payé en tant qu’expert de checkpoint voilà au nom du

 développement et donc là je sais pas combien de millions d’euros il touche

 pour une visite d’une semaine et voilà il va là bas il va dire voilà j’ai tout

 fait je regardais j’ai vu le checkpoint etc et après il va

 développer ailleurs et donc là il aura la légitimité de l’expert qui

 peut se permettre de parler de la palestine etc en racontant aussi des

 Donc là ces questions en fait lorsqu’on a égulter le problème

 structurel bah le checkpoint en fait ne vient plus à un obstacle si par exemple

 il est large s’il y a deux sides en fait s’il y a deux côtés donc voilà

 mais le soldat la présence du soldat en fait ne pose aucun problème et donc

 voilà c’est bon en fait pourquoi pas et les autoroutes c’est pareil en

 fait si c’est bien allumé si c’est bien voilà c’est bon c’est pas

 mais si en fait et là ça revient en fait sur sur ce que cette réalité

 virtuelle et nous voulait absolument pas nommer ce qui se passe en palestine une

 question coloniale et colonial c’est du vol c’est du vol permanent de terre

 c’est du vol permanent de l’espace c’est le vol permanent du temps

 palestinien qu’on fisc et le temps et la terre et donc c’est quelque chose

 qui est en continuité depuis un siècle c’est pas juste depuis 48 et

 voilà donc quand on parle de paradigme colonial il y a deux choses il y a des

 frontières qui ne cessent de bouger en fait c’est en fonction de la

 conquête militaire là on va changer les frontières c’est là ça les

 frontières d’israël et puis en fait on va confisquer le temps et

 lorsqu’on fait on va conquérir de là l’espace s’il y a de la

 population s’en débarrasse il ya le génocide de temps en temps donc

 voilà le génocide c’est quelque chose qui fait partie de ce système

 on veut pas l’appeler on veut pas l’appeler comme ça on va l’appeler ça

 parfois conflit et maintenant on passait au post conflit et après lorsqu’il y a

 une petite fada oui c’est une question de radicaux c’est une question de je

 sais pas quoi à gérer et donc voilà là le travail des ONG c’est comment

 civiliser ces gens qui ne sont pas civilisés ou comment

 rendre le truc démocratique donc voilà c’est un discours universel qui

 est déconnecté de toute réalité qui va s’imposer et bien sûr il va

 changer la raison d’être donc d’une ONG qui était là pour résister

 par l’économie à une ONG qui s’inscrit dans un discours de développement

 qui dénaturalise la réalité palestinienne et bien évidemment la

 raison d’être va changer et vous m’expliquez également et vous l’évoquez

 précédemment avec l’histoire du FATA qui va donc réinvestir

 à travers le soumeau d’une autre forme de lutte mais qui finalement

 va créer des ONG et vous m’expliquez aussi pour d’autres parties

 plus petits moins connus peut-être pour notre auditoire mais comme

 le PPP le parti du peuple palestinien qui était adossé donc à des

 associations ces associations se transforme en ONG et finalement des

 militants bénévoles deviennent des peut-être des bénévoles de

 l’ONG puis des salariés et finalement se battent surtout pour

 leurs projets pour pouvoir rester salarié en fait il y a plus de

 perspectives politiques à long terme il y a plus que des gens qui sont sur

 des projets à court terme qui sont spécialisés sur un cadre d’action et

 finalement il n’y a plus de réflexion par exemple ne serait-ce qu’au niveau

 de la Palestine on n’est plus que sur un projet à

 Ramallah à Hebron je ne sais où et donc j’aimerais que vous expliquiez

 peut-être la manière dont il y a eu cette transition cette migration de

 la Palestine comme une donnée politique avec des militants formés

 avec des partis une multitude de partis à une multitude d’ONG et de gens

 effectivement spécialisés mais qui se sont vidé vous citiez le cadre du parc

 donc on peut le nommer qui est cet ONG qui gère l’agriculture et qui va de

 moins en moins s’adosser à un programme politique mais de plus en plus à

 ses bailleurs de fond finalement en fait on pourrait revenir ça en fait je

 parlais au début en fait cette relation entre ONG et partis politiques donc il

 y avait des ONG qui existaient dans les années 70 mais en fait il y avait une

 montée du nombre des ONG en fait des initiatives dans les années 80 suite à

 cette rationalisation de la stratégie de loi LP le passage de l’ite armée à

 la résistance par l’économie donc à ce moment là en fait on va voir des

 bénévoles qui vont aider les agriculteurs pour cultiver leurs

 produits etc donc lorsqu’on va voir on regarde ces bénévoles ces bénévoles ils

 sont pas là parce qu’il y a un discours de un jeu de développement

 ils sont là parce que tout simplement ils veulent aider pour résister

 économiquement pour tenir bon en fait sur le terrain donc normalement ces

 sont des militants de partis une grande partie de ces gens ont fait la

 prison donc là la prison ici commissaire de capital symbolique

 l’engagement pour la palestine etc donc ces gens vont risquer leur

 vie en fait parce qu’à certains moments pendant la première intéfade en 87

 la circulation était interdite etc donc on risquait notre vie pour aller

 d’une place à une autre et on risquait la prison et donc là le

 travail c’était un travail militant avec cet objectif d’aider les

 agriculteurs en fait à vendre et à cultiver leurs terres etc sauf que c’est

 la base militante du parti donc si par exemple le parti du peuple c’était

 le seul parti qui qui était qui existait en fait d’une manière un peu

 d’une manière plus importante que les autres parce que les autres c’était

 plus ou moins interdit le fatah le fp alp en fait tous ces partis qui

 étaient en lien avec l’olp c’était interdit par les israéliens qu’ils

 exercent en fait leur activité sauf d’une manière discrète donc par

 israël c’était pas toléré comme le parti du peuple parti communiste à

 l’époque et et donc voilà ils avaient en fait leur base et donc leur leader

 était même à l’intérieur de la palestine à la différence des autres

 partis où le leader était en exil donc là il ya une base militante qui est

 là qui travaille bénévolamment dans cette idée de ce monde donc à

 partir de salarisation lorsqu’on en fait on commence à faire la

 salarisation là d’abord c’était pas uniquement l’aide internationale il y

 avait aussi l’aide de ce qu’on appelle le comité conjoint et comité conjoint

 entre palestiniens et jordanien parce qu’il y avait un rapprochement

 jordanien palestinien une fois on a commencé à parler de deux états donc

 il y avait l’aide de parler le welfare association qui était une

 fondation qui a été fondée par des capitalistes palestiniens à

 genève et à londres et donc il y avait l’argent de welfare mais aussi

 l’argent des américains qui voulaient créer une base favorable à la paix à

 partir des accords de paix avec l’Egypte et pour un peu créer un leadership

 alternatif à Yasser Arafat donc il y avait plusieurs sources d’argent qui

 arrivent et commencent plus ou moins à salariser ces bases militantes à

 partir des accords de slush a été institutionnalisé et donc voilà les

 militants qui dépendaient des partis politiques il devient des employés dans

 des engin sauf que le parti politique était encore puissant donc il y avait

 aussi les consignes politiques sauf à certains moments lorsque le parti

 politique n’a plus de budget parce que l’alp ne donne plus d’argent comme

 avant et au parti politique bah il dépend complètement des engin donc un

 engin il devient le chef de deux trois membres de comité central du parti donc

 le rapport de force en fait la hiérarchie va changer et donc c’est lui

 qui va plus ou moins décider ce qui se passe dans le parti en tant que

 directeur d’engin et lui en fait il était tout simplement il a pris le

 lead de cet engin parce qu’il était le plus compétent d’un point de

 vue technique parce qu’il était qu’il a fait ses travaux c’est ses

 plus importants dans le parti en termes de capitales militants avoir passé par

 exemple en présent voilà donc il était voilà donc c’est pas tout à fait le

 même critère donc il y a un changement de système de valeur là et en plus

 lorsque je racontais tout à l’heure en fait comment une engin devient une

 plateforme de engin donc lorsqu’on va aussi créer une association pour

 s’occuper de cette question en engin qui s’occupe de questions de genre

 bah on va recruter des gens des partis politiques aussi donc on va

 recruter les femmes qui travaillaient dans le parti politique donc on va

 évacuer le parti politique on va vider le parti politique de ce militant il

 devient un salarié alors au début ces gens en fait ils essayent de garder la

 même logique d’avant la même le même langage mais en fait quand j’ai

 parlé avec eux ils disent voilà on écrit ce qu’ils veulent en parlant des

 bailleurs mais on fait ce qu’on veut mais sauf progressivement avec le

 Ils intériorisent ces normes et ça devient la vérité et donc sur le plan

 hiérarchique il dépend de l’oingé et qui dépend des bailleurs de fond ce n’est

 plus le parti politique donc la relation avec le parti politique va être

 remplacée avec la relation avec le bailleurs de fond et avec tout un

 langage qui est différent donc ça en fait c’est cette rupture avec le

 politique et ces oingés en fait ça la professionnalisation des oingés va se

 traduire en fait au niveau de l’échelle l’oingé va être une entité apolitique

 qui va utiliser le langage de développement technique etc mais en

 même temps ça va se traduire dans les trajectoires des gens les

 trajectoires des gens ceux qui étaient responsables dans les années 80

 ils vont devenir sous la responsabilité de ce qu’on appelle les

 technocrates des oingés après ou les gestionnaires et donc là pour garder

 une place dans l’oingé ils vont faire du courant en anglais ils vont faire de

 formation par exemple de développement etc mais sauf que il y

 a certains capitales militants que j’ai remarqué qui n’est pas

 convertible en capitales professionnels et d’autres capitales

 militants ce qui est convertible donc lorsque la personne garde en

 tête la libération de la Palestine elle est exclue de cette

 configuration mais s’il va parler voilà de la construction de l’état etc il est

 le bienvenu parce qu’il a les normes plus ou moins consensuelles avec le

 bailleur de fond c’est le langage donc ça va changer un peu la hiérarchie

 interne des oingés et ça va changer aussi la hiérarchie au sein de la

 société de nouveaux rapports de force et donc voilà dans cette

 Palestine de bailleur de fond donc l’analyse au niveau des trajectoires

 de militants on va voir le militant un peu qui vont changer leur discours qui

 vont être dépendants des technocrates et qui vont aussi eux-mêmes essayer de

 devenir technocrates et professionnels dans ce terme et après les nouveaux

 recrutements en fait on va recruter des jeunes qui n’étaient pas

 socialisés politiquement et pour eux le système de la référence la

 référence pour eux c’est tout à fait une nouvelle référence qui a

 changé c’est le discours de développement qui sera la base et en

 Si ils sont au courant ça sera une question du passé des passés ou voilà même la

 lutte armée on n’en parle pas en fait c’est trop loin donc on va on va voir en

 fait ce type en fait de ce discours chez les professionnels que j’appelle

 en fait la suite de Bourdieu en fait tout ce qui est passé militant ça

 sera un passé des passés c’était une période voilà où on n’était pas

 encore voilà ça a changé maintenant c’est un discours qui a

 évolué donc maintenant on est professionnels on est technocrate donc c’est

 tout le lien avec le militantisme il faut il faut il faut il faut le

 négliger moi j’ai analysé certains CV de ces militants donc en fait toutes

 les activités militantes dans les années 80 ils ont changé même le mot

 pour les qualifier dans leur CV en fait donc ils ont utilisé le mot

 bénévolat grassroot je ne sais pas quoi alors que tout simplement c’était

 des militantisme et l’engagement pour la Palestine mais ça on le trouve

 donc il y a tout un langage il y a une nouvelle réalité d’écrire autrement et

 qui qui se traduit dans la hiérarchie en fait de loinger mais aussi dans les

 trajectoires et surtout la nouvelle équipe qu’on va recruter donc on va

 recruter des gens qui maîtrisent parfaitement l’onglet pour parler avec

 le bailleur de fond ça ça devient en fait une critère beaucoup plus

 important que toute autre compétence l’onglet et deuxième chose c’est la

 question de gestion donc si on est vraiment on peut parler en fait logique

 de projet et moi je me souviens quand j’étais à l’université de Birzeit quand j’enseignais à l’université de Birzeit

 il y avait un collègue qui a osé même dire qu’en sociologie alors on apprend

 la sociologie critique il voulait qu’on apprend aux étudiants comment faire des

 projets de développement parce que c’est ça ce qui est demandé dans la

 société. Pour montrer ce changement de la société

 j’aimerais faire le lien entre deux choses et je vous laisserai réagir

 d’une part qu’à la fin au moment où le Hamas gagne les élections

 au tournant de 2005 Ismaël Ani est premier ministre et c’est finalement le

 dernier premier ministre palestinien qui est un militant politique réellement

 ensuite je me permets de faire ce raccourci mais l’ensemble des premiers

 ministres qui vont se succéder dans l’ère Marmoud Abbas sont plus que des

 gestionnaires sont plus que des économistes de Harmet Korey à tous

 les autres qui ont suivi il y a même des gens alors alors c’est

 connaissance plus profonde de la société mais pour quelqu’un qui

 s’intéresse à la Palestine ces gens là étaient inconnus c’est à dire qu’on les

 ils étaient pas dans nos livres d’histoire ils étaient pas dans nos

 livres d’histoire militant on avait du mal à les retracer dans une histoire

 militante en fait c’était des gestionnaires du FATA par exemple donc

 des gens qui étaient déjà là à tenir les cordons d’une bourse et

 qui se mettent à gérer la Palestine et à l’autre bout du spectre

 et c’est peut-être là dessus que je souhaiterais que vous interveniez c’est

 que le quidam moyen palestinien militant ou non en fait il est tenu

 par la dette lui aussi parce qu’en fait ce développement ce développement

 c’est quoi c’est acheter acheter des machines acheter des voitures acheter

 des ordinateurs acheter développer vous et ce développement il est

 essentiel l’économie palestinienne elle est une économie

 sous occupation donc on peut être profs on peut être mais très vite sa vie elle

 est résumé à être finalement prisonniers entre quatre murs soit

 réellement soit parce qu’il ya des couvre-feu soit donc on comprend bien

 que ça serait demandé à des français au moment où il y avait des

 confinements de dire voilà continuer à avoir une activité économique sans

 être de l’état mais non la moitié sont sans travail sans raison pour la

 finir ses études c’est ce que j’appelle ce sociocide de la Palestine

 difficile pour un étudiant de finir ses études sans être incarcéré sans

 être menacé sans être tué sur le chemin etc etc donc finalement ce

 spectre de la de la gestion économique de la Palestine il tient

 à travers les ONG aussi bien la tête de la Palestine à travers ses

 représentants politiques que le quidam moyen le militant ou le

 se doit de collaborer avec le avec ce système parce que sinon il peut pas

 rembourser sa dette et donc il est il est tenu qu’est ce que qu’est ce que

 vous pensez de cette cette question c’est une surveillance en fait totale

 de la de la société si je reprends par la norme et par la dette alors

 pour dire à partir de 2006 en fait la division palestinienne il faut

 rappeler en fait que qu’une partie importante de cette division c’est à

 parce que on a demandé aux palestiniens de faire les élections et lorsqu’on a

 eu les élections bah il ya les mauvaises élèves qui arrivent à bas bon on va pas

 donner en fait il y avait le boycott international de l’autorité

 palestinienne et voilà les gens de fatah ne voulaient pas collaborer avec

 le nouveau leader de hamas et donc voilà il y avait une sorte de

 paralyse de l’autorité palestinienne a été paralysé pendant

 18 mois et donc voilà pas de bailleurs de pas de financement pas

 de salaire rien du tout et donc voilà il y a eu cette division en fait le hamas

 prend la bande de gaz à part par la force et reste la six jours d’années et

 donc six jours d’années on arrive en fait on dit voilà le politique

 mahmoud abbas et lui en fait le président palestinien qui qui a qui

 a pris la place de yasser arafat bah il dit voilà pour pour lui tout ce

 qui est lutte armée tout ce qui est résistance c’est inutile c’est

 la question d’un point de vue et donc il va ramener la première chose c’est

 salam fayad c’est le premier ministre salam fayad salam fayad il arrive c’était

 un ancien employé de la banque mondiale donc c’est quelqu’un qui va

 faire de plan de développement pour la palestine et la construction de

 l’état donc il va promettre les palestiniens avoir un état dans un

 an et il est capable et on fait pour lui en fait le problème c’était

 pas le problème ça vient du politique palestinien c’est à cause

 de palestiniens qu’on n’a pas pu prie on va pu faire en fait cet état et lui

 comme un bon gestionnaire il arriverait vraiment à construire l’état

 palestinien dans un an et à ce discours on va voir en fait tous les

 experts du monde qui sont ils sont en train d’applaudir et qu’ils ont

 dit voilà on a trouvé le bon le bon mec pour pour pour voilà pour

 résoudre ce problème existentiel et donc il lui demande au lieu de 4

 milliards ou 5 milliards il aura 6 je crois pour dans son plan mais dans son

 plan va voir en fait ce discours de développeur de professionnalisation dont

 je parlais de rationalisation il sera officialisé dans ce ce plan

 donc le mot occupation n’est même pas mentionné une fois dans son premier

 plan donc le problème pour lui il n’y a pas de structure de domination c’est

 question d’individu et donc là on va être l’échelle c’est l’individu

 l’individu capable de maîtriser le temps l’individu capable de maîtriser

 l’avenir c’est là et grâce à quoi grâce à la recette économique de la

 banque mondiale et la transparence de la good governance donc moi une fois j’ai

 analysé un discours de lui il a parlé de good governance si on enlève le

 mot good governance il n’y a plus rien en fait dans le discours c’est juste

 du goût de governance et en fait tout le monde était content en fait les

 bailleurs de fonds à voir où c’est l’homme parfait il a réussi à enlever

 aucun check point donc dans son premier gouvernement bizarrement enfin pas

 logiquement on va avoir cinq qui viennent de désoranger donc la légitimité en

 fait dans le champ du pouvoir ça va changer au lieu d’avoir enfin avant

 c’était une répartition entre les gens du fplp de partis politiques à des

 problèmes internes ou fatah voilà il fallait satisfaire plusieurs divisions

 etc mais là en fait cette question de technocrate on va ramener des

 qui sont entre guillemets professionnels tels qu’on ils sont définis par ce

 discours de palestine de bailleurs de fonds donc le premier gouvernement il

 y aura cinq ministres qui viennent désoranger et les autres va et on va

 mettre l’accent sur le label docteur donc c’est un docteur c’est la

 légitimité de la science c’est voilà la spécialité et donc lorsqu’on va

 lire le document de salam c’est exactement la l’institutionnalisation de

 la réalité virtuelle palestiniens donc le check point c’est pas le problème

 il dit voilà et mon or ce que on va parler avec le skoski ce qu’on appelle

 aujourd’hui les technocrates et le politique qu’est ce que nous on se

 mêle pas aux politiques nous on fait que les choses techniques à notre

 niveau les politiques ils se démerde d’accord mais faites quoi en fait vous

 politique là mais enfin pour eux le check point c’est vraiment la présidence

 c’est pas le gouvernement donc les gouvernements c’est vraiment des

 technocrates sauf que dans ce discours de technocrates la première

 chose on va aussi faire ce qu’on appelle la professionnalisation de

 l’autorité palestinienne des agences de sécurité

 donc à l’époque les militants du fatar qui étaient recrutés dans les

 agences de sécurité ils avaient en fait l’ancien logique de ce

 voilà c’est des anciens des gens anciens militants du fatar qu’est ce qu’on va

 faire on va faire la retraite anticipée je crois qu’on a on va mettre la

 retraite anticipée à peu près 30 mille personnes et donc certains qui

 avait 30 ans 35 ans et on va recruter de nouveau avec ce nouveau regard de

 la palestine donc l’ennemi c’est ne plus israël l’ennemi c’est le

 hamas l’ennemi voilà donc voilà et donc là il y a vraiment le champ du

 pouvoir qui va changer dans le sens voilà il sera dirigé par des

 technocrates qui vont en fait refaire le politique en disant qu’on est

 apolitique donc on va réconfigurer le politique en disant qu’on est

 apolitique alors qu’il faisait complètement c’était le politique alors

 comme je l’ai dit au fait c’est l’un faillard était aussi en ce moment

 de la banque mondiale va voir la recette donc il y a l’idée aussi qu’en

 fait le développement c’est d’accroître en fait le produit intérieur

 brut en fait c’est les indicateurs économiques et donc dans cette pensée

 aussi la consommation c’est une valeur sociale la consommation c’est aussi

 c’est quelque chose qui va inciter le développement etc

 donc quelque chose qui qu’on va voir à ce moment là il va il va avoir une

 de nombre des banques en palestine et des branches et on va accorder ce qu’on

 appelle les crédits mais les crédits pour consommation non pas pour les

 usines donc l’autorité palestinienne comme les

 angers vont s’investir en rien en fait qui en facture soit transport

 public soit université publique rien du tout en fait 40 % du budget de

 l’autorité palestinienne sera consacré même plus à la sécurité et

 le reste est divisé en fait entre frais des présidents en frais voilà donc il y

 a rien en fait qui touche les trois secteurs éducation santé et

 infrastructure en fait transport et donc pour se déplacer dans un dans une

 société comme la société palestinienne avec des checkpoints et

 voilà et si on veut se déplacer dans les services privés en fait qui

 existent on perd toute la journée donc vraiment avoir une voiture c’est

 quelque chose d’indispensable pour se déplacer en palestine sinon on

 le tente parce que déjà le temps est déjà perdu en attente chez les

 checkpoints sauf qu’on va aussi imposer une nouvelle règle on peut plus

 acheter des voitures utilisées en israël à l’époque en fait avant on

 achetait les voitures utilisées avec selon non moyen en fait on achetait

 avec 1000 euros une voiture déjà utiliser 50 d’indes et voilà donc on

 pouvait en fait avoir le permis donc on va dire pour des raisons

 patriotiques c’est interdit et il faut acheter des nouvelles voitures et

 pour acheter des nouvelles voitures il y a une raison simple là dessus en fait

 parce que les protocoles de paris et l’argent en fait normalement lorsque

 l’autorité palestinienne importe des produits de l’extérieur à travers bien

 évidemment israël bas le trésor israélien doit transférer l’argent à

 l’autorité palestinienne donc c’est la recette fiscale la plus importante

 donc pour gonfler cette recette fiscale il faut gonfler l’importation

 c’est contre productif économiquement en fait donc il faut

 vraiment avoir plus d’import que export pour gonfler la recette et donc et bien

 sûr il y a aussi le problème structurel est-ce que le nuctad appelle les

 fuites de fiscale en fait le vol les israéliens volent cet argent de

 transfert par plusieurs manières et en fait s’il volait pas en fait

 l’autorité palestinienne serait capable de payer ses salaires bref donc le

 vol etc il voulait gonfler ce recette donc il y a bien sûr le il

 y a une un groupe qui arrive voilà en relation avec l’autorité palestinienne

 c’est les mêmes en fait toujours en fait c’est l’élite le nouveau riche en

 fait en palestine qui vont s’installer pour pouvoir importer des nouvelles

 voitures et donc les nouvelles voitures la

 douane je crois que c’est à 300 % mais pour avoir plus de douane il

 faut avoir des moteurs plus puissants donc il fallait plutôt plutôt importer

 des moteurs 4 4 donc des voitures de nouvelles voitures et pour se faire

 il faut avoir des dettes en fait des financements décrédits à la banque il

 suffit d’être salarié de l’autorité palestinienne pour avoir ce type de

 décrédit donc si tu es un salarié et tu veux pas acheter un voiture c’est pas

 grave tu peux être garant pour un de tes proches

 donc là en fait il ya toute la société qui va être impliquée dans

 ce processus de dettes pour acheter des voitures parce qu’ils ont plus le

 d’acheter des voitures utilisées il faut acheter des nouvelles voitures avec

 une douane très importante et pour gonfler la recette fiscale de

 l’autorité palestinienne avec le temps les bailleurs de fond la

 palestine surtout avec le printemps arabe la palestine devient plus à la

 mode donc les bailleurs de fond vont se

 retirer il y a plus d’argent qui arrive à l’autorité palestinienne

 donc l’autorité palestinienne et doit en fait utiliser cette recette

 fiscale pour pouvoir payer ses employés et salariés et donc comme

 on l’a dit en fait l’autorité palestinienne est là en fait au service

 de l’occupation directement et indirectement que ce soit par la

 collaboration sécuritaire ou par le discours et ce discours de paix alors

 que la colonisation perdure etc et qui opprime les palestiniens d’ailleurs

 qui qui ont un discours de résistance donc qu’est ce qu’il va faire

 qu’est ce qu’on va on va arriver à un moment où le palestinien finance

 l’autorité qui l’opprime en fait avant c’était les bailleurs de fond maintenant

 c’est par la dette qu’on va financer l’autorité palestinienne à travers

 l’achat en fait de des voitures et des trucs de consommation à travers le

 crédit donc on va rentrer dans une société de consommation donc l’impasse

 en fait oslo pourquoi je dis c’est conceptuel parce que c’est pas juste

 des accords signés c’est en fait tout le monde qui est rentré dans

 cet impasse et donc un père de famille il se trouve à la fin du mois

 l’autorité palestinienne n’arrive même pas à payer les salaires mais par

 contre la banque attend pas et l’autorité palestinienne qui ne paye

 pas de salaire peut arrêter cette personne qui n’a pas honoré sa dette

 et donc lorsqu’on va aussi arrêter un pris un opposant politique on va

 dire oui on n’a pas arrêté parce qu’il est opposant politique

 on a arrêté parce qu’il n’a pas honoré ses chèques, on l’a arrêté parce qu’il n’a pas honoré ses

 et donc ça devient un moyen de contrôler les palestiniens par la dette ici en fait

 tu vas te rendre en palestine et tu vois les tribunaux le nombre de cas traités

 c’est énorme et après en fait la majorité de gens passe leur temps ils

 divisent leur temps entre deux institutions les tribunaux et les banques

 et donc voilà ça ça fait en fait c’est les bulles de neolibéral donc

 et là en fait la légitimité de ces gens il devient valablement les technocrates

 les technocrates qui vont gérer la palestine en dehors de tout ce qui est

 politique et alors politiquement il n’y a rien il n’y a rien on fait rien on dit

 voilà on est en train de construire la loi d’état et donc en fait l’action

 ce que j’appelle c’est l’action de plaidoyer qui va être l’action

 militante de l’autorité palestinienne et plaidoyer ici dans

 ce cas là c’est convaincre la communauté internationale de la

 palestinienne et surtout qu’on mérite un état palestinien donc voilà lorsque

 macron dit on a reconnu l’état palestinien ça devient victoire donc

 c’est une victoire médiatique voilà mais concrètement il n’y a rien qui

 change c’est pire en pire et là macron il va dire oui voilà j’ai

 reconnu l’état palestinien mais alors et qu’est ce qui se passe

 concrètement en fait j’appelle ça une mauvaise blague en fait qui fait

 plus rire parce que et là en fait c’est tout comme on revient toujours

 sur la réalité virtuelle mais qui implique qui affecte la vie des gens et

 qui affecte en fait leur quotidien et qui affecte aussi leur engagement et donc

 les gens sont endettés et là on va trouver des gens qui fuit l’autorité

 palestinienne parce qu’ils arrivent pas à honorer leur dette et non pas qui

 fuit l’autorité palestinienne parce qu’ils essayent de résister parce

 qu’en fait il n’y a plus en fait ils sont tellement dans la dette et

 voilà et les gens en fait ici on voit pas le mécanisme comment on a

 de dette ce système de dette etc on va trouver que la personne est juste

 escroc ou qui n’a pas envie de rembourser de rembourser sa dette et en

 fait il est mal vu même par la société parce qu’en fait on voit on a mis

 l’action sur l’individu on a bué les structures en fait dans lequel

 on a impliqué les gens pour qu’ils arrivent en fait à ce produit en

 fait ce produit endetté qui n’arrive pas à honorer ses dettes et

 l’autorité palestinienne bien sûr s’il dit voilà on n’arrive pas à

 honorer les on a payé les salaires c’est pas pour eux ils n’ont rien à

 justifier on n’a pas d’argent on n’a pas d’argent

 donc le citoyen classique normal en fait il peut rien dire en fait face à

 l’autorité palestinienne donc voilà il ya ce système en fait qui

 un peu s’est officialisé à partir de 2007 et donc Salam Fayyad on lui

 a critiqué on a critiqué Salam Fayyad et après voilà il a dit la

 l’occupation mais en fait juste il a mis ça dans le level le décor mais en

 fait le contenu de son plan deuxième plan c’était la même chose la première

 fois il a promis un état palestinien au bout d’un an deux ans après au

 bout d’un an deux ans et après au final 2013 il a quitté mais après

 voilà depuis c’est que de docteurs docteurs docteurs qui sont en fait dans

 le gouvernement et voilà à ce moment là donc il y a une certain

 complémentarité si tu veux en fait entre entre entre les angers et

 l’autorité palestinienne l’opposition qu’on voyait dans les années 90 entre

 entre angers et autorité palestinienne a disparu plus ou moins et donc ça

 devient plus ou moins une complémentarité parce que tout le monde

 a intériorisé ce paradigme de Palestine de Baïr-de-Font.

 Et alors là on s’est attardé forcément sur l’autorité

 palestinienne et sur la Cisjordanie mais Gaza dans cette histoire d’ONG de

 développement parce que donc à partir du moment où il y a ce cette scission

 d’autorité où finalement le Hamas va gérer Gaza et l’autorité va se va

 s’astreindre à gérer co gérer donc finalement avec les ONG et les

 banques la Cisjordanie qu’est ce qu’il en est des ONG à Gaza à

 travers deux sous questions en réalité

 d’une part quels ONG collaborent continuent de collaborer je parle avant

 le 7 octobre bien sûr avec le Hamas est ce qu’il y en a qui continuent

 malgré tout à se dire bon bon bah c’est un gouvernement peut-être qu’on

 ne reconnaît pas etc mais nous on a une action etc etc ou bien dans

 quelle mesure les associations islamiques elles sont plus présentes

 c’est elles qui gèrent des situations mais donc comme on le disait un peu au

 début en ayant un ancrage réellement populaire mais auxquels on reproche

 aussi entre guillemets un manque de transparence alors que vous l’avez

 démontré le manque de transparence et surtout à aller chercher du côté des

 ONG on a peut-être une réponse du manque de transparence par le fait que

 le Hamas ayant un plan politique et militaire ce manque de transparence

 n’est pas un détournement des fonds pour un usage personnel mais comme on va le

 retrouver en Iran quand on dit oui les gardiens de la révolution c’est une

 machine à corruption je dis pas qu’il n’y a pas de corruption il y a toujours

 des gens qui tapent dans la caisse quel que soit leur engagement initial mais

 globalement des structures de résistance armée qu’on trouve à

 travers ce qu’on appelle l’axe de la résistance sont un manque de

 transparence parce qu’il y a un projet militaire et que cet argent là

 est celui qui va financer qui les tunnels qui les armes qui les militants qui les

 uniformes qui le plan de bataille est ce que est ce qu’on peut aborder le cas

 de Gaza et donc avoir le spectre un peu de l’intervention et de cette

 opposition ONG association islamique caritative comme je l’ai dit on va

 dans un contexte colonial d’abord la transparence est un moyen de

 surveillance et de contrôle parce que en fait il y a les

 certificats de contrôle terroriste que les angers étaient obligés de

 signer à certains moments c’était pour ne pas aider et soit les enfants des

 martyrs ou les enfants des prisonniers qu’on considérait comme

 terroristes donc lorsqu’on va exclure cette catégorie on exclut 90% de

 la de des palestiniens donc on va en fait

 inventer des palestiniens qui n’existent pas pour les aider donc

 voilà il ya tout ça enfin tout ce débat autour de ce qu’on appelle le

 certificat anti-terroriste voilà que surtout a été appliqué par USA de plus

 tard par les par l’union européenne alors à Gaza moi malheureusement j’ai

 pas pu mettre les pieds depuis un moment mais en fait la majorité des

 angers auprès de laquelle voilà sur lequel j’ai fait mon enquête ils

 avaient des branches à Gaza donc ils travaillaient à Gaza il y avait la

 même culture je dirais de ces angers qui travaillaient à Gaza mais

 comme ça a été dit à certains moments en fait le projet politique est

 différent la stratégie dominante est différente

 alors en six jours d’année le néolibéralisme en fait c’est la

 règle c’est la main invisible d’adami smith alors à Gaza en fait comme le

 disait un économiste palestinien le problème de l’économie

 palestinienne c’est la main trop visible de l’occupation donc c’est pas

 en fait on va pas chercher la main visible il y a de main très visible on a

 volé la terre on a volé les ressources et après on dit aussi de brouiller vous

 pour faire du développement donc la réponse un peu je dirais en fait

 économique et un peu rationnel le plus rationnel possible en fait c’est

 de contourner cette main visible de l’occupation c’est l’économie des

 tunnels en fait si tout le monde surveille le produit qu’est ce qui

 rentre et comment ça rentre pour vers la collecte fiscale va être pour les

 trois heures de l’autorité palestinienne etc alors si en fait la

 douane est trois fois plus chère en palestine qu’ailleurs parce qu’il y a

 des israéliens qui vont prendre leur part après l’autorité palestinienne

 ben il faut l’économie noire en fait le marché noir pour pouvoir

 vivre dans dans pour faire du développement des vrais développements

 si si on veut donc il y avait en fait tout un développement d’un autre

 après pour la question des orangers il y a bien sûr en fait cette marche pour

 les associations qu’on a fermé en si jordanie parce qu’on si jordanie après

 la division de mississ lorsque salam faïd est arrivé il y avait le

 discours de renforcer les sociétés civiles etc mais comme on a exclu

 ces associations de ce concept de société civile ça a permis en fait à

 l’autorité palestinienne de fermer de son association y compris le

 y compris voilà et donc de torturer leur personnel et après ré-ouvrir

 certaines associations après avoir changé leur leader leur leur

 responsable et donc à gaza en fait il y avait cette marche et bien évidemment

 on peut pas demander dans un contexte colonial la question de transparence en

 fait on doit rendre compte à qui en fait qui est responsable autorité

 palestinienne pourquoi le palestinien doit en fait justifier qu’il

 pas corrompu enfin qu’est ce que c’est la corruption et on voit en fait sa

 typo pourquoi en fait donc ils étaient un anti-modèle qui respecte aucune de

 ces normes de la palestine des bailleurs de fond et lorsque les

 palestiniens il disait il y avait de la corruption de la corruption de la

 corruption on a vu en fait dans la dernière guerre où il y avait

 l’investissement en fait de toute cette argent c’est dans les armes en

 fait ce qui est interdit ce qui est hors question d’en parler donc ça en

 fait je dirais gaza a produit un anti-modèle souterrain parce que en

 fait l’économie officielle l’économie néo-libérale tel qu’on le

 pratique c’est un mécanisme de contrôle et de produire en fait des

 consommateurs qui sont endettés pour pouvoir les contrôler pour pouvoir

 les soumettre à des normes etc donc voilà il y avait toute une marge en

 fait qu’on a qui était à gaza qu’il n’y avait pas en fait en

 jordanie sur le plan économique et sur le plan je dirais même associatif et

 donc est-ce qu’il ya aussi important avec comme je dis en fait la question de

 transparence et même des questions va des valeurs le système de valeurs ce

 type d’association fonctionne pas avec des valeurs étrangères à la

 société c’est des valeurs innées c’est des valeurs de la société en

 fait lorsqu’on en fait aider quelqu’un de pauvres on n’a pas besoin du

 discours de développement pour le faire et faire du bénéfice là en fait ça c’est

 quelque chose qui est vraiment qui est valorisant et qui est qui est un

 devoir dont la société palestinienne ce qu’on appelle à l’aura en fait là

 c’était interdit par exemple lorsque quelqu’un construit une maison et les

 voisins restent chez eux enfin tout le monde va pour l’aider pareil pour

 pour l’agriculture enfin si en fait on n’a pas le droit de dormir c’est

 faire barbecue si on invite pas le voisin parce qu’ils risquent de sentir en fait

 l’odeur et donc tout ça en fait c’est des choses qui sont dans la société je

 ne vais pas dire en fait qu’il n’y a pas de corruption qu’il n’y a pas de

 mais en fait c’est tout à fait un autre système qui fonctionne c’est tout

 à l’être enfin c’est pas la transparence ce n’est pas la bonne

 governance qui veut rien dire en fait et qu’on va appliquer juste avec

 le mot anglais en fait on va l’utiliser avec le mot anglais c’est

 vraiment tout un fonctionnement qui est différent mais le plus important c’est

 un projet collectif politique qui est différent ce n’est pas le

 développement déconnecté de la réalité c’est vraiment un projet de

 résistance nous sommes des réfugiés à Gaza 2

 tiers des gens de Gaza sont des réfugiés c’est le compte de

 réfugiés le plus grand du monde et donc voilà c’est une question

 nationale patriotique de réfugiés de libération et non pas en fait une

 question technique de développement et les gens ils sont pauvres parce qu’on

 les a volé leur château on les a volé leur maison on les a chassé de

 leur chez eux en fait on a volé leur terre on les a interdit en fait

 qu’ils accèdent à leur terre avant ils ne sont pas pauvres parce qu’en

 fait ils ont rien hérité c’est parce qu’on a tout volé et donc voilà et

 là il faut vraiment on revient aussi sur un problème méthodologique y

 compréhension sociale qu’est ce qu’on fait la place de la structure dans cette

 affaire et non pas en fait une question individuelle qui le maître de son

 destin et qui le maître en fait alors qu’il n’a pas de choix tout

 simplement il est né dans une situation coloniale et donc la première

 chose normalement lorsqu’on est né dans une situation coloniale c’est

 comment en fait penser à briser cette condition à détruire en fait ces

 structures coloniales et non pas en fait à vivre avec ou voilà

 les intérioriser et en fait améliorer en fait sa vie en tant que colonisé et

 non pas en tant que comme libre voilà donc voilà et je dirais à Gaza il y a

 un anti modèle et donc ça déranger tout le monde en fait parce que on

 revient à la source le problème palestinien c’est une question

 coloniale ce n’est pas une question de

 développement et de recette technique et d’intelligence et des

 compétences des uns et des compétences des autres ou le langage voilà l’anglais

 avec la gestion non c’est un problème colonial avant tout et donc là en

 fait ça dérange ça dérange tout le monde ça dérange en fait l’occident

 ça dérange tout le monde parce que tout le monde pas personne n’a envie

 d’appeler ce qui se passe en Palestine en conflit et enfin en question

 coloniale le maximum quand on est vraiment très

 courageux on parle ça on parle de conflit donc là en fait ça revient

 aussi à ce qu’une hypocrisie en fait internationale et occidentale surtout en

 fait lorsqu’il s’agit de la Palestine et on voit ça partout y compris chez la

 gauche malheureusement. Est-ce que finalement le génocide à Gaza et la

 solution proposée par le plus grand bailleur de fond donc les états unis

 et Trump à travers son conseil pour la paix n’est pas un projet d’ohen

 du dernier territoire palestinien qui n’était pas oenjisé ? C’est vraiment la

 même logique sauf on va aller plus loin on va

 recruter de mercenaires internationaux en fait au début on a pensé à Tony

 Blair marchand de son en Irak etc donc on va

 collecter les marchands de son partout dans le monde pour le mettre en

 fait c’est le même système c’est le même mécanisme c’est la même

 logique de professionalisation les génocide contenu on parle de la paix

 le conseil de paix les gens vivent dans des tentes on les bombarde et il n’y a

 pas de reconstruction mais le conseil de paix doit reconstruire donc vraiment en

 fait c’est je dirais une sorte de oslo généralisé et d’ailleurs c’est pas

 en fait oslo qui est la noveté en fait ça s’existait en fait chez les

 en fait au moment de ce qu’on appelait la colonisation britannique le

 mondat britannique c’était pareil en fait à l’époque voilà il y avait

 il y avait aussi cette idée de consensus de paix voilà je sais le

 groupe de paix dans les années 36 qui était le pire ennemi de les

 révolutionnaires palestiniens donc c’était des palestiniens d’ailleurs et

 donc voilà en fait à chaque fois on promet les palestiniens voilà vous allez

 avoir un état de reconstruction en fait il y a le pire qui arrive parce que les

 britanniques ont 36 39 en fait ils ont fait le livre blanc je me souviens

 plus voilà bref et en 39 ils ont dit voilà il y avait un comité pile et

 voilà en disant on va construire un état palestinien voilà avec majorité

 palestinienne et 9 ans plus tard on a eu l’anakba

 donc oslo on va reconstruire qu’est ce qu’on a eu on a eu voilà d’abord

 colonisation accélérée et maintenant génocide et génocide en fait

 enfin en france ici là on n’a pas le droit de dire génocide on n’a pas

 l’offre à sa jeune ça ça ça blesse les hommes sensibles je sais pas quoi

 et le jour le site contenu et le conseil de la paix ça en fait c’est

 la généralisation je dirais de ce modèle néo libéral technocratique

 etc sur le plan de sauf que c’est trop dense parce qu’il y a un génocide il

 y a des gens il y a des tentes voilà et donc on est en train de vivre la

 même chose je rappelle en fait que la première

 fois on a utilisé le mot développement c’était dans les comptes

 des réfugiés dans les années 50 normalement un compte de réfugiés

 sont c’est disparaître normalement on a fait des comptes de

 et l’une loi intervient il dit voilà au lieu de faire l’aide d’urgence on va

 faire l’aide de développement donc la première fois on utilise le mot

 développement c’est comment rendre le compte de réfugiés durable comment le

 rendre en fait éternel donc ça ça montre qu’on veut pas vraiment traiter

 la question politique palestinienne la question coloniale et c’est un

 projet d’abord européen en fait c’est avant tout c’est un projet

 européen et c’est toujours un projet européen parce qu’en fait sinon on

 va pas cette défense mortelle on n’a pas le droit en fait de critiquer

 israël quel que soit en fait le prétexte quel que soit et même quand il

 vaut qu’on met quand il qu’on israël commet un génocide en direct et donc

 le conseil ce conseil de paix où je sais pas comment ça s’appelle même je

 regarde ma je n’ai même pas regardé le long c’est toujours les

 technocrates le docteur le deval à pression va vérifier en fait en

 détail c’est que désolé c’est des

 de développement qui s’en fichissent en fait marchands de son et après voilà

 certains certains palestiniens qui intériorisent en fait ce paradigme de

 palestine de baïon le fond et s’il y a en fait une violence ici ou ici c’est

 à cause de radicaux de ce côté de l’autre côté donc si on occulte les

 radicaux si on civilise les colonisées voilà la question est

 réglée donc on est vraiment dans le discours colonial qui justifie la

 colonisation qu’on trouve partout qu’on a trouvé en algérie qu’on a trouvé

 partout en fait où il ya eu la colonisation donc voilà c’est un

 modèle de colonisation qu’on n’arrive même pas en fait que certains veulent

 pas le nommer comme tel sberber merci beaucoup de vos propos ont été très

 riche bien au-delà de la simple question et on voit l’implication de

 ce phénomène y compris de colonisation des esprits du

 neolibéralisme et de ses impacts directs sur une société fragmentée

 merci beaucoup de votre participation merci beaucoup merci d’avoir écouté

 cet épisode en espérant que cette plongée au coeur des ONG tant si

 Jordani Kagasa vous a appris autant qu’à moi n’hésitez pas à laisser un

 commentaire sur les plateformes notamment Apple podcast ou à

 soutenir notre production en faisant un don à notre association ou bien en

 faisant connaître ce podcast et sa série sœur récit stratégique sur la

 Liban autour de vous dans votre entourage vous êtes notre meilleur atout marketing merci à vous

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